Bilan livresque de 2015

Pendant l’année 2015 j’ai pu lire 43 livres soit 18581 pages ce qui est un bon bilan pour moi. Mais ce dont je suis le plus contente c’est la diversité qu’il y a dans ces livres : classiques, poésie, contemporain, jeunesse, SFFF, théâtre… Ça manque juste un peu d’essais ! Pendant cette année j’ai pu renouer avec certains de mes auteurs adorés, en découvrir d’autres, être surprise par certains… Revenons sur les livres qui m’ont marquée.

J’ai continué ma découverte de Romain Gary, plus je côtoie cet auteur, plus je l’aime ! Pour tout dire, j’envisage même la possibilité de faire mon mémoire de master en rapport avec lui, je laisse ça mûrir jusqu’en septembre prochain ! J’ai lu cette année Les enchanteurs et La promesse de l’Aube, dans le premier on suit un enchanteur et son père qui combattent la Réalité sur près de 200 ans, le second est autobiographique et centré sur la relation si particulière entre l’auteur et sa mère. J’ai préféré celui-ci mais il faut dire que j’ai un faible pour les autobiographies et le ton qu’emploie Gary pour parler de lui-même, une prétention ironique chargée d’auto dérision, est plein de charme et d’humour. Et c’est grâce à ce style si particulier que Gary arrive à faire de sa vie un véritable roman et des gens qui l’entourent des personnages hors du commun. En premier lieu sa mère, femme de caractère, pleine d’ambition pour son fils et jamais à court de ressource, totalement fantasque par sa démesure mais terriblement attachante. On suit leurs vies de la naissance de Romain Gary en actuelle Lituanie, à la fin de la seconde guerre mondiale, 400 pages où se dévoile tout l’amour d’une mère hors du commun.

L’année a commencé avec des lectures classiques sur le thème des « visages d’Eros » que j’étudiais dans mon cours de littérature comparée. J’ai donc pu découvrir Goethe, Garcia Marquès et Laclos que je devais lire depuis un moment. Ma préférence a été sans aucun doute à L’amour aux temps du choléra, j’en garde le souvenir d’un livre qui fait voyager, qui a une atmosphère vraiment particulière faite d’enchantement, de volupté et d’un arrière-goût un peu amer. Les trois protagonistes sont vraiment intéressants et parfois même surprenants, la narration non-linéaire renverse l’idée que l’on pouvait se faire d’eux au départ et c’est un point que j’ai beaucoup apprécié, j’aime être surprise dans mes lectures ! J’ai bien aimé Les liaisons dangereuses mais c’est surtout l’étude qu’on en a faite qui m’a beaucoup intéressée, par contre Les souffrances du jeune Werther n’ont pas trouvées grâce à mes yeux, mais je ne suis pas une grande fan des héros romantiques…

Niveau jeunesse/young adult j’ai fait connaissance avec l’auteure Rainbow Rowell qui a su faire battre mon cœur de midinette avec Attachements et Fangirl, avec une préférence pour le deuxième. Outre la romance qui est plus surprenante qu’on pourrait le croire au début du roman, l’auteure aborde à chaque fois des thèmes variés et intéressants : la gémellité, l’univers des fan-fiction, l’entrée à la fac et les attentes qu’on peut en avoir… Le tout avec justesse, tendresse mais aussi beaucoup d’humour. Cat est une héroïne vraiment attachante et on avale les nombreuses pages du livre avec délice ! J’ai également lu La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald, une trame narrative pas forcément surprenante mais l’évocation de nombreux classiques de la littérature m’a beaucoup plu et l’auteure pose des problèmes intéressants sur les choix qu’on peut faire et le courage qui doit les accompagner. Mais en bref, c’est surtout un livre qui fait du bien au moral !

En SF j’ai enfin découvert le fameux livre d’Alain Damasio, La horde du contrevent qui m’a tenue en haleine grâce à une intrigue complexe et passionnante, aux personnages nombreux et ayant chacun leur particularité. On s’attache beaucoup à eux et on apprend à les connaître grâce au style qui change en fonction du personnage, ils ont chacun leur manière de raconter les choses, de les voir, et ce mode de narration un peu complexe à suivre au début est vraiment intéressant, il permet de voir le même évènement de différent point de vue et surtout de mieux cerner les personnages sans passer par de longues explications et en étant plus subtile.
Et en fantasy j’ai fini la saga de L’Assassin Royal de Robin Hobb, commencée il y a bien quatre ans, j’ai avalé les six tomes qui me manquaient pendant l’été, je ne vais pas trop en parler vu que je spoilerai la moitié de la série mais j’ai adoré retrouver les intrigues politiques de Castercelf et les nombreux personnages qui peuplent cette ville.

Et pour finir le contemporain ! J’ai fait une bonne moisson cette année, entre découverte ou redécouverte de certains auteurs.
Muriel Barbery a sorti son troisième livre La vie des elfes que j’attendais avec impatience et qui ne m’a pas déçu même s’il est complètement différent de L’élégance du hérisson. On nage dans une ambiance féérique à la limite de l’onirisme. On connaît finalement très peu les personnages, on n’a pas leur psychologie entière mais juste des esquisses qui vont à l’essentiel. C’est surtout l’atmosphère qui est très particulière, j’avais l’impression d’être en suspension quand je lisais. Tout est dessiné de manière à peine appuyé, on suit les mots en se laissant emporter et sans se poser de questions. L’écriture est magnifique, je pense que c’est un roman à lire à voix haute pour vraiment s’immerger dans cette campagne farouche entourée d’une certaine magie sombre et de beaucoup de mystères.

J’ai aussi redécouvert Catherine Cusset, je n’avais pas trop aimé Indigo mais Un brillant avenir a eu plus de succès. Il s’étale sur plusieurs années, nous suivons l’histoire d’Hélène en alternant des chapitres biographiques qui racontent son histoire et des chapitres plus actuels, de nombreux thèmes sont abordés à travers cette femme forte qui a émigré aux États-Unis avec son mari et son fils : le deuil, la religion, l’éducation, l’indépendance des enfants… Je ne saurai pas vous le résumer brièvement, surtout qu’une partie du plaisir vient de la découverte de l’histoire d’Hélène, mais je vous le conseille vivement !

Dans les découvertes : Joël Dicker et Thomas B. Reverdy. J’ai enfin lu La vérité sur l’affaire Harry Québert du premier, je l’ai commencé sans trop savoir de quoi ça parlait et j’ai beaucoup aimé. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été prise dans un roman comme ça, l’envie de savoir ce qu’il va se passer, lire quelques pages même si ce n’est que deux dès qu’on en a l’occasion… Ce thriller est assez original puisqu’il détourne un peu les codes du genre, déjà il s’étale sur 850 pages, ensuite la temporalité est assez large et le récit ne suit pas une ligne chronologique, on fait des bonds dans le passé, les points de vue sont variés et présenté très subjectivement sans trop de mise à distance donc on a du mal à démêler le vrai du faux. Il y a des réflexions intéressantes sur l’écriture, sur les relations, la vie dans les petites villes, mais surtout j’ai admiré les renversements de situation que l’auteur mène d’une main de maître ! Bon je suis un peu nulle pour trouver la fin des livres, là j’en imaginais une qui me plaisait déjà bien mais l’auteur réussit à aller encore plus loin et j’ai beaucoup aimé être surprise comme ça. J’ai eu la suite à noël, Le livre de Baltimore, j’espère qu’il sera aussi bien.

Pour le second, Il était une ville de Thomas B. Reverdy, je pense en faire une chronique dans la semaine, elle est déjà en partie préparée donc ça devrait aller vite.

Sur ce, bon week-end à tous, je vous laisse avec le nouveau single d’un groupe que j’affectionne, The Jezabels :

Publicités

Quelques livres en vrac… (4)

Après quelques mois d’absence (révisions, orientation, bac (que j’ai eu), décontraction, vacances) me voilà de retour, et je l’espère plus régulièrement.

Tout d’abord, un petit récap. J’ai lu pas mal de livres ces derniers mois, surtout durant les vacances, pas autant que je l’espérais évidemment mais c’est souvent comme ça !

Je commence à la rentrée une licence de lettres modernes parcours édition (quelques cours spécialisés dans ce domaine et stage lors du dernier semestre de la licence). J’espère que j’aurai le temps de chroniquer quelques livres fréquemment, et peut-être même les livres étudiés en cours : Madame Lafayette et Marivaux me voilà ! En tous cas je suis vraiment ravie de faire ce parcours et j’ai hâte de voir comment ça va être.

 Passons maintenant aux livres que j’ai lu cet été :

Une chambre à soi - Woolf Une chambre à soi

Virginia Woolf

Première rencontre avec cette femme hors paire (et pas la dernière !), je commence donc par un essai. Et quel essai ! Virginia Woolf expose le besoin qu’a une femme d’avoir une pièce pour elle uniquement où elle pourrait écrire en toute tranquillité et ce qui permettrai une grande avancée dans la condition littéraire de la femme. Mais pas que ! Tout d’abord, l’essai est mis en scène : nous sommes à Oxbridge, où les bibliothèques sont interdites aux femmes si elles n’ont pas d’autorisation, idem pour la pelouse. Les règles sont posées, nous sommes dans un monde où les femmes ont besoin du conscentement masculin pour faire quoi que se soit. Virginia pose alors la question : comment une femme peut-elle réfléchir, écrire, penser, si elle ne peut être seule à aucun moment ? Elle pose alors deux postulats, pour que les femmes puissent se voir accorder une place importante dans la littérature il leur faut : une chambre où il est possible de s’enfermer à clé, et 500 livres de rente, au point de préférer cette dernière condition au droit de vote qui venait d’être accordé en Angleterre. L’essai est divisé en plusieurs chapitres qui traitent de choses différentes. Dans le premier, elle cherche des livres sur la condition féminine pour expliquer le fait qu’elle soit si différente de celle des hommes, et décide de chercher chez les « doctes », mais s’aperçoit bien vite qu’ils ne sont jamais d’accord, et surtout, qu’il n’y a que des hommes qui ont écrit des livres sur les femmes s’en faisant une spécialité. Un par exemple, est basé sur l’hypothèque que Shakespeare aurait eu une sœur aussi talentueuse que lui, mais qu’à cause de la pression des hommes elle n’aurai jamais réussi à s’élever et pire, serai morte déchue. Dans d’autres, elle compare la littérature écrite par des hommes à la littérature écrite par des femmes, en évoquant de grands auteurs et surtout, parlant en beaucoup de bien de Jane Austen. L’écriture est un fleuve, on navigue au gré de la pensée de Virginia qui nous est livré comme brute, bien qu’on sente qu’il y a derrière une grande réflexion et un important travail sur les mots.

Edition 10/18

Clarissa - ZweigClarissa

Stefan Zweig

Ce livre là me tentait depuis un bon moment mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’acheter, et puis la demoiselle de ce blog me l’a offert pour mon anniversaire, donc me voilà partie en voiture vers la mer avec.
C’est une petite nouvelle qui se lit vite et qui est très entraînante. L’histoire se déroule sur plusieurs années et on ne cesse de rencontrer des personnages qui viennent et repartent dans le livre. Parfois on les recroise, parfois pas, mais ils restent toujours présents à notre esprit tant ils sont marquants. Clarissa est une femme discrète et très attentive aux autres mais qui ne laisse rien voir d’elle-même. On la découvre petit à petit dans ses rapports aux autres, dans les choix qu’elle fera, dans ses doutes, ses convictions. C’est une femme engagée et fidèle a qui on s’attache énormément tout au long du roman. J’ai vraiment tout aimé dans ce livre : le père de Clarissa, un homme très peu démonstratif mais aimant pour qui la stratégie militaire est toute sa vie, son frère, son amant et la liberté de leur relation, l’époque décrite : l’entrée dans la première guerre mondiale… Zweig signe encore là un merveilleux portrait de femme qui prend vie dans la grande Histoire dans cette nouvelle qui est un véritable bijou à lire absolument !

Edition Le Livre de Poche

Mrs Dalloway - WoolfMrs Dalloway

Virginia Woolf

Je poursuis ma découverte de cette grande dame, de ce génie, qui n’a pas eu besoin de plus des quelques pages de l’essai dont j’ai parlé précédemment pour me convaincre de son talent. Après l’essai, le roman.
On ne peut pas dire qu’il se passe grand chose dans ce livre, en effet Virginia Woolf veut nous décrire « la vie d’une femme concentrée en une seule journée ». Pas qu’il ne se passe rien dans la vie d’une femme, on a à travers cette journée tous les petits gestes habituels mais aussi des rencontres qui ravivent le passé et l’on passe d’une conscience à une autre qui nous fait vivre ce passé à travers des souvenirs. On suit donc Clarissa Dalloway mais aussi un homme revenu de la guerre qui ne ressent plus de sentiments et qui tombe dans la folie peu à peu, homme qu’on perçoit à travers ses yeux mais aussi ceux de sa femme, ceux du médecin, ceux de Mrs Dalloway qui le croise dans la rue… Le roman est ainsi fait de passages de relais entre deux consciences qui nous font voyager entre différents personnages plus ou moins liés. Le style de cette dame est toujours enchanteur et extrêmement raffiné, on pourrait noter chaque phrase en citation. Beaucoup d’allusions, certaines directes d’autres moins, sont faites à la mer, aux vagues, et à l’eau en général, ce qui est assez éclairant, surprenant ou stupéfiant quand on connaît la manière dont elle s’est suicidée… Je garde donc l’image d’un roman avec quelques longueurs mais qui se font oublier par le style magnifique et qui mérite une relecture car je pense qu’on n’en saisit pas toute la richesse à la première lecture. Pour l’instant j’ai préféré son essai.

Edition Folio Classique

L'ignorance - KunderaL’ignorance

 Milan Kundera

Je continue ma découverte de cette auteur à petit pas. Ce livre évoque le rapport que nous avons au temps, et plus particulièrement à notre passé. A travers Iréna et Joseph, immigrés de Prague pour Paris pour la première et pour le Danemark pour le second. Chacun retourne à Prague vingt ans après leur départ, et y éprouve un sentiment de rejet de la part des autres qui ne leur posent aucune question sur leur vie ailleurs. Eux se sentent incomplets sans leur vie à l’étranger qui fait partie d’eux, les autres leur refusent leur nouvelle identité, s’ils veulent revenir il leur faut oublier ces 20 ans. Tant Sylvie, l’amie française d’Iréna que les praguois, ne comprennent pas que ces immigrés n’éprouvent pas de nostalgie pour leur pays, et pour cause, ils ont maintenant la nostalgie de leur pays d’accueil. Evidemment, ces deux protagonistes vont se croiser, une nouvelle fois car ils s’étaient déjà aimé dans leur jeunesse, et une réflexion en naîtra. L’écriture est intéressante car elle mêle récit et paragraphes qui se rapproche de l’essai qui explicitent un peu l’histoire par une comparaison à Ulysse et à son retour à Ithaque après 20 ans d’absence. En résumé, une réflexion intéressante sur le besoin qu’on a de son passé pour vivre.

Edition Gallimard nrf

Millenium 3 - StiegMillénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air

Stieg Larsson

Voilà, dernier tome de la sublissime (oui, au moins) saga Millenium achevé. Je dois dire que je suis en deuil à l’idée de ne plus revoir Mickaël et Lisbeth dans des aventures haletantes et complexes comme ce le fut pendant ces trois tomes (franchement Stieg, t’aurais pu rester en vie un peu plus longtemps…). En tous cas, on peut dire qu’il finit sur un tome magnifique ! Toujours mêlant le thriller, l’économie, la politique, la police, le journalisme d’investigation, le droit des femmes, dans des affaires qui s’élèvent à un niveau international. En effet, le grand méchant de l’histoire n’est rien d’autre qu’un ancien espion russe ayant trouvé terre d’asile en Suède contre des renseignements… Nous entrons dans la SAPO, la police secrète de Suède, où un grand complot s’est monté. Le talent de Stieg Larsson est de nous offrir de nombreux personnages au charisme fort et à la personnalité nuancée, tant ceux qui sont du « bon » côté que ceux qui sont du « mauvais », mais surtout des enquêtes ultra documentées qui ne font qu’enrichir en permanence la qualité non contestable du roman. L’écriture est rapide, efficace mais avec une véritable verve. Pour moi ce tome est le meilleur et rattrape merveilleusement bien le tome deux que j’avais trouvé par moment un peu lent. En bref : à lire ABSOLUMENT !!

Edition Actes Sud


L'homme à la colombe - GaryL’homme à la colombe 

Romain Gary

Depuis que j’ai découvert cet auteur il y a trois ans, je découvre ces œuvres peu à peu, et celle ci me tentait tout particulièrement. Romain Gary a travaillé un moment à l’ONU à un haut poste, et s’est rendu compte très rapidement de la vacuité de cette organisation. Ce livre à la plume acerbe et sans appel dénonce de manière très directe les Nations Unis, après Albert Cohen et son roman Belle du Seigneur dans lequel est dénoncée la Société des Nations à travers ses employés qui font des cocottes en papier dont la taille varie selon l’importance ce l’employé (et ce n’est qu’un exemple parmi les moyens qu’emploie Cohen pour dénoncer cette institution…), nous avons Gary et l’ONU. C’est à l’occasion de ce roman qu’il utilisa un pseudonyme, car lors de la parution de ce livre, il travaillait encore à l’ONU. Autant, la manière d’écrire et les descriptions de l’ONU m’ont fait beaucoup rire, autant l’histoire que Gary met en place pour développer cette critique ne m’a pas convaincue du tout. D’ailleurs, je m’en souvient déjà presque plus… Je conseillerai donc de seulement lire les extraits qu’on peut trouver sur internet qui peuvent être un bon aperçu de la satyre qu’est ce livre.

Edition Gallimard, L’imaginaire

Voilà pour les livres ! Il y en a eu d’autres, mais je n’éprouve pas l’envie de les chroniquer, et un article suivra consacré entièrement à Lire Lolita à Téhéran de Azar Nafisi.

J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, que si vous y êtes encore vous en profitez bien, et que si vous n’en avez pas encore eu qu’elles seront reposantes ! Bonne fin d’été à tous ! 🙂

Quelques livres en vrac … (2)

Me voilà revenue de vacances et ayant lu une bonne dizaine de livres pendant celles-ci, je vais reprendre le principe des avis rapides (premier volet ici) pour une bonne partie des livres lus, sauf pour quelques uns qui auront le droit à un article pour eux tout seul (les chanceux).

Commençons par les quelques uns que j’ai abandonné lâchement, par manque de motivation et par l’envie de lire un livre avec plaisir au soleil.

Lignes de Faille
Nancy Huston

Ce livre se divise en quatre parties, chacune consacrée à un membre de la famille, on remonte dans le temps à travers des périodes de vies des quatre narrateurs. Je me suis arrêtée à la fin de la première partie car elle ne m’avait vraiment pas été agréable à lire. On a le point de vue d’un enfant de six ans avec des capacités mentales hors du commun, et ce qu’il dit ammène une ambiance malsaine et montre l’enfant comme manipulateur. Ce n’est pas le genre de chose qui me gêne en littérature habituellement, donc ce n’était peut-être pas la bonne période pour lire ce roman, ou alors le fait que ce sentiment soit attribué à un enfant, le renforce et le rend encore plus pesant. Peut-être le reprendrais-je plus tard.

Editions Acte Sud
481 pages, 21.60 euros

Blue Jay Way
Fabrice Colin

Je n’ai vu que des avis positifs sur ce livre, et comme il est en plus sorti chez Sonatine c’était pour moi une valeur sûre. Eh bien que nenni, je vais faire dissonance mais je n’ai pas du tout apprécié ce roman, mais je pense que c’est tout à fait personnel. On est plongé dans la jeunesse hollywoodienne et ce que ça comporte : excès en tous genres : drogues, alcools, sexe. Donc déjà c’est pas mon truc cette ambiance, et en plus j’ai trouvé que ça faisait cliché. Le personnage central m’énervait ainsi que les autres. Je n’ai pas accroché à l’écriture : les dialogues font faux et surjoués, type mauvaise série policière, et la construction du récit ne m’a pas plue. Bref, aucun regret de l’avoir arrêté.

Editions Sonatine
481 pages,  22.30 euros

Voilà pour les abandons, il y a aussi eu Petits suicides entre amis d’Arto Paasilino, mais je pense qu’il peut me plaire, c’était juste pas le bon moment, je le finirai bientôt je pense. Passons aux autres livres :

Les Hirondelles de Kaboul
Yasmina Khadra

Avec ce livre, je finissais le triptyque Orient/Occident que nous offre Yasmina Khadra. Après l’Irak et l’Israël, c’est maintenant l’Afghanistan que décrit l’auteur. Le livre commence fort, et nous décrit la place des femmes dans la sociétés et l’occupation du pays par les talibans à travers deux couples très différents. Nous suivons leur vie et les rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec leur pays. Cette partie est riche d’informations, mais la fin du roman devient totalement romanesque et semble invraisemblable, ce qui décrébilise le reste du livre. Un peu déçue par ce tome, et L’attentat reste donc celui que j’ai préféré.

Editions Pocket
149 pages, 5.70 euros

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates
Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Ce livre avait fait grand bruit à sa sortie en 2009 et il traînait dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps et la mère de ma meilleure amie m’a convaincu de l’en sortir, c’est donc chose faite. Et je ne regrette pas ! Il est sous forme épistolaire, genre que j’apprécie, et on suit Juliet, jeune femme anglaise, auteure à succès qui va découvrir peu à peu les habitants de Guernesey. Le ton est léger mais raconte toutefois des épisodes de l’histoire qui le sont moins, l’occupation de l’île, les restrictions alimentaires, les rapports avec les allemands et à travers Elizabeth, jeune femme qui est le fil rouge du récit sans qu’elle ne soit jamais présente, les camps et les traitements qu’on y infligeaient aux prisonniers. Mais le livre reste très frais et agréable à lire, les nombreuses anecdotes m’ont fait sourire et même si tout est assez prévisible, c’est un bien joli livre.

Editions 10/18
411 pages, 8.80 euros

Un soupçon légitime
Stefan Zweig

Je continue ma découverte de cet auteur à travers ses nouvelles. Celle ci n’est pas une des plus réussi que j’ai lu, il n’y a pas de chute époustouflante, c’est assez attendu, tout l’art de cette nouvelle réside dans la narration et la subjectivité de la narratrice dont les sentiments sont comme toujours, admirablement décrits.

Editions Grasset
81 pages, 10.20 euros

La Peur
Stefan Zweig

Encore une nouvelle de ce remarquable auteur, et mieux réussi à mon goût ! Celle-ci est plus longue ce qui permet de faire monter crescendo le sentiment dominant du récit, qui est, vous l’aurez deviné, la peur, mais aussi l’appréhension et la honte. Le personnage du mari m’a beaucoup plu, ainsi que les échanges qu’il a avec sa femme (très peu nombreux). La chute est vraiment très belle, tout en restant surprenante comme je les aime.

Editions Le Livre de Poche
54 pages pour la nouvelle, 22.30 euros l’intégrale

Les chaussures italiennes
Henning Mankell

Déjà, j’adore la Suède. Je rêve d’y aller, sans savoir vraiment pourquoi mais c’est assez magnétique, donc un livre suédois ne pouvait rester longtemps dans  ma PAL. Je n’ai pas été déçue, l’auteur arrive parfaitement à nous immerger dans cette île perdue de la Baltique où habite seul Fredrick Welen. Les personnages sont tous très marquants et tous marginaux, ils vivent presque tous coupés du monde ou du moins coupé de la civilisation telle qu’on la définit aujourd’hui. Les thèmes abordés comme la vieillesse, la mort, les promesses et le mensonge, sont excellemment bien traités, d’une manière crue mais à la foi très douce grâce au style de l’auteur. Celui-ci est très épuré et agréable et comme dit plus haut, rend parfaitement les impressions des lieux. Les sentiments sont également parfaitement rendus, et l’émotion est au rendez-vous. Il s’avale en très peu de temps, plongez-vous y sans hésiter !

Editions 10/18
373 pages, 7.60 euros

Le club des incorrigibles optimistes
Jean-Michel Guenassia

Et me voilà replongée dans l’Europe de l’après guerre, c’est un peu obsessionnel cette période pour moi en ce moment, mais tant que je ne tombe que sur des bons livres ce n’est pas près de cesser ! Nous suivons Michel, un jeune garçon dans les années 60, qui va se lier d’amitié avec les membres d’un club d’échecs qui sont tous des pays de l’Est (URSS, Tchécoslovaquie, Pologne).  L’histoire de Michel n’est pas seulement celle d’une adolescence à Paris, mais une chronique de la vie parisienne en plein Gaullisme, dans une famille qui parle de la guerre d’Algérie, d’engagement, de déchirements mais aussi d’amitiés précieuses. Ces chapitres sont entrecoupé d’autres sur l’histoire des principaux membres du club et ce qui les a fait arriver en France, l’abandon de leur famille pour vivre dans une grande instabilité, avec leur attachement nostalgique au socialisme en arrière plan. Les retours en arrière sont très bien fait et comme j’aime beaucoup apprendre sur l’URSS, ça m’a forcément plu. Des histoires de croisent, des secrets résistent jusqu’à la fin du livre et les personnages sont tous extrêmement attachants et le mot optimiste n’est pas pour rien dans le titre, on lit le sourire aux lèvres ! Je conseille très fortement ce coup de coeur dont on dévore les 700 pages !

(Et on file voir la chronique de Diabazo qui est superbe et totalement en adéquation avec ce que je pense du livre ! )

Editions Le Livre de Poche
730 pages, 8.50 euros

Voilà un tour d’horizon sur une partie de mes lectures de l’été, on revient normalement à Simone de Beauvoir ou Sartre pour le prochain article ! (Obsessionnel vous dis-je, obsessionnel.)  

Millénium livre/films

Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.

Première ligne : C’était maintenant devenu un élément annuel.

Editions : Acte Sud

Nombre de pages : 575

Mon avis : 

Lorsque le livre est sorti je ne m’y étais pas particulièrement intéressée, idem lors de sa sortie en film en 2009 mais après avoir vu une bande annonce pour le remake Américain qui m’a beaucoup plu j’ai décidé de me lancer dans cette série. Me voilà donc à louer le livre afin de pouvoir ensuite voir le film (je préfère dans ce sens généralement). 

Le livre m’a beaucoup plu et j’apprécie de plus en plus les thrillers (un peu trop d’ailleurs, j’ai des titres post-ité (oui, le verbe post-iter existe, parfaitement) partout dans ma chambre). Les vingt premières pages peuvent paraître rebutantes (enfin celles après le prologue, si on veut être précis), en effet ces premières pages sont sur l’économie Suédoise, comme accroche il y a mieux ! Personnellement ça ne m’a pas beaucoup dérangé, et au pire on peut les lire en diagonale.

On suit en parallèle pendant une bonne moitié du livre, Mickael Blomkvist et Lisbeth Sallander jusqu’à ce que leur enquête en tandem démarre. Ces deux personnages, totalement différents, présentent des caractères creusés et fascinants, surtout Lisbeth et son atypisme. Ces caractères se dévoilent au fur et à mesure et sont mis en exergue lorsqu’ils sont confrontés. Lisbeth, sous son apparence psychologique (car physiquement elle a l’allure frêle d’une adolescente, presque anorexique et gothique) dure et insensible, exprime certains paradoxes qui la rendent attachante et on ne peut que l’aimer. Mickael est un journaliste économique d’investigation qui vient de se faire condamner pour une affaire où ses preuves n’étaient pas assurées. Il est indépendant et obstiné et va au fond de ses enquêtes qu’il exécute avec minutie. Même si au début de ce roman il se retrouve dans le rôle de l’accusateur accusé.

Outre ces deux protagonistes, l’auteur nous offre une galerie bien fournie et dense de personnages. Entre tous les membres de la famille Vanger, avec lesquels on se perd un peu au début (comme Mickael lorsqu’il débarque pour enquêter sur cette immense famille), les personnes qui interviendront dans l’enquête de Lisbeth et Mickael, ou encore les membres du journal, Millenium, dont Mickael était rédacteur, on ne s’ennuie pas et on les découvre tous avec plaisir.

L’intrigue est assez complexe car elle mêle le thriller même mais aussi la sauvegarde du journal Millénium, qui après l’affaire dont Mickael a été victime menace de faire faillite, une intrigue s’installe dans celle initiale et Lisbeth ainsi que Mickael ont chacun d’autres soucis en dehors de Harriet. A partir du moment où Lisbeth et Mickael se rencontrent, on a du mal à décrocher du livre et les pages défilent toutes seules.

A travers ce roman l’auteur dénonce ainsi les grandes entreprises fortunées qui n’agissent pas toujours de manière très légale. Mickael a un point de vue très tranché sur le journalisme, à savoir que les journalistes économiques devaient « enquêter et démasquer les requins de la finance » et les dévoiler au lectorat dans des enquêtes abouties et concluantes. L’auteur dénonce ce comportement en abordant des sujets qui sont très bien documentés et on sent une vraie connaissance, et pour cause, Stieg Larsson était lui-même journaliste. Décédé en 2004, avant la parution de ces livres, il n’aura eu le temps que d’écrire les trois premiers et un début de quatrième tome mais semble-t-il égaré. Je continuerai ma découverte de la trilogie avec grand plaisir et très rapidement mais avant ces deux prochains tomes, parlons un peu des films.

     

Réalisé par : Niels Arden Oplev                 Réalisé par : David Fincher

Sorti en : 2009                                           Sorti en : 2011

Avec : Michael Nyqvist, Noomi Rapace,      Avec : Daniel Craig, Rooney Mara,
Lena Endre…                                             Christopher Plummer…

Nationalité : Suédoise                               Nationalité : USA

Fiche allociné                                            Fiche allociné

Mon avis : 

J’ai tout d’abord vu la version Américaine réalisée par le célèbre David Fincher, qui n’est cependant qu’un remake de l’adaptation suédoise que j’ai visionné après. Tout d’abord, juste un petit mot sur le générique qui est absolument sensationnel, rien que pour ça il faut voir le film ! (Oui, oui je n’exagère absolument pas.) La version de Fincher se base uniquement sur le côté thriller et laisse totalement de côté les autres aspects du livre. Ce qui nous donne un film très rapide avec un suspense omniprésent, pas le temps de s’ennuyer ! Si la version de Fincher se centre sur le thriller, la version Suédoise réalisée par Niels Arden Oplev en 2009 aborde les autres thèmes du livre mais de manière assez superficielle malgré tout, mais le film durant déjà 2h32, rajouter des éléments aurait entraîné des longueurs. Cependant, par l’évocation de ces thèmes, la partie thriller est moins bien respectée et Oplev prend plus de liberté par rapport au déroulement du roman. Le côté thriller est moins mis en avant dans la version suédoise, et s’efface un peu pour laisser une part importante aux relations entre les personnages qui sont plus développées.

Les personnages, notamment Lisbeth qui est très paradoxale, sont très convaincants dans les deux versions avec une nuance pour Lisbeth qui interprétée de manière différente dans les deux versions. Rooney Mara offre une Lisbeth déterminée qui parait invulnérable et qui peu à peu se dévoile. Noomi Rapace est quant à elle, plus vulnérable et sensible, plus accessible. Mais ayant vu la version américaine en premier, j’ai eu du mal à me détacher du jeu de Rooney Mara que j’avais trouvé magnifique. Mais dès que Lisbeth et Mickael commencent à enquêter ensemble, Noomi Rapace devient plus crédible et sa personnalité prend tout son sens. Les libertés prises par Opvel au niveau du scénario lui offrent un rôle plus important qui donne une nouvelle interprétation au personnage de Lisbeth. Le Mickael Suédois correspondait plus à l’image que je me faisais de lui en lisant le livre, mais Daniel Craig m’a également beaucoup plu.

Si lors des trois premiers quarts d’heure, les deux films se ressemblent énormément (normal, c’est un remake), ils prennent ensuite des directions différentes et nous offrent finalement deux visions du roman, la vision Suédoise s’éloignant plus de la trame du roman. 
Si vous voulez un film où la tension est toujours présente prenez plutôt le version de Fincher, qui est très belle esthétiquement d’ailleurs, et si vous préférez un film plus creusé et développé, la version Suédoise vous ira tout à fait !

J’ai beaucoup aimé les deux films qui se complètent vraiment à mon sens. Mais rien ne vaut le roman qui est beaucoup plus complexe, autant niveau intrigue que psychologie des personnages. Je me dis que j’aurai peut-être dû voir les films et ensuite lire le livre pour en apprécier encore plus les subtilités, mais il est plus facile de voir un film en connaissant l’intrigue que de lire un livre dans les mêmes conditions… donc aucun regret !

Oh et dernier point, le livre comme les films contiennent des scènes particulièrement violentes (les films sont d’ailleurs déconseillés au moins de 12 ans), donc âmes sensibles abstenez-vous ! J’ai dû poser mon livre après une scène qui m’avait particulièrement ébranlée et je ne l’ai repris que quelques jours plus tard.

 

 

Au-delà du mal de Shane Stevens

10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s’en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l’homme s’organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d’Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu’à un dénouement captivant. 

Première phrase : Les flammes dévoraient le corps voracement, elles le flétrissaient, ravageaient à toute vitesse la chair et les muscles.

Edition : Pocket

Nombre de pages : 889

Mon avis :

Premièrement, le livre porte bien son titre, ou du moins sa traduction vu qu’en Anglais c’est By reason of insanity, qui fait référence à une notion de droit, mais j’en reparlerai plus tard. Donc oui, son titre français est bien adapté, je n’ai jamais lu un livre aussi noir, et encore noir c’est faible, c’est vraiment un noir charbon, un noir opaque. Tous les personnages ont droit à une description psychologique et caractérielle qui met en avant leurs défauts plus que leurs qualités : les femmes sont vénales et manipulatrices, les politiciens véreux et les médias se servent de sujets chocs dans le but unique de vendre toujours plus. Et ce qui relie tout ce monde, c’est Thomas Bishop, notre tueur fou, un être qui au vu de ses crimes semble totalement inhumain. Et cependant, on s’y attache, on ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion, de l’empathie, pour cet homme qui a tant souffert.
Shane Stevens nous offre ici des personnages totalement manichéens, du tueur aux victimes.

Ce qu’il faut également souligner, c’est le fait que le point de départ de l’histoire s’appuie sur des faits réels. Ce qui, à mon sens, rend la lecture plus forte et percutante. Caryl Chessman, accusé de vols, d’enlèvements et de viols, a été condamné à mort en 1948 et a vécu dans le couloir de la mort jusqu’en 1960. Or, notre héros est persuadé d’être le fils de cet homme. Thomas Bishop grandit élevé par une mère folle et traumatisée par les hommes. Entre coups et conditionnement dans la haine des hommes on ne peut pas dire que Thomas Bishop ait eu une enfance heureuse. A 10 ans, il tuera sa mère et sera interné en hôpital psychiatrique où il grandira jusqu’à sa fuite, quinze ans plus tard. Durant ces quinze années, notre héros (ou plutôt notre anti-héros) sera devenu un être froid, capable de manipuler qui il veut sans mal en adaptant ses comportements et réactions à ce que la société considère comme « normal ». Le livre commence donc par l’histoire des parents de notre serial-killer, continue avec son internement et seulement après, débute son périple meurtrier à travers les Etats-Unis, périple ô combien sanglant et grandiose. (Âmes sensibles s’abstenir d’ailleurs.)

Nous sommes donc plongés dans l’intimité d’un serial-killer – intimité légèrement dérangeante vous en conviendrez –  mais pas que, ce livre est un véritable puzzle dont chaque personnage est une pièce qui nous permet de voir l’ensemble. Nous suivons d’un côté, Adam Kenton, journaliste d’investigation qui doit démasquer le tueur qui fait trembler les Etats-Unis, ainsi que d’autres journalistes ; d’un autre côté, des policiers : l’un très scientifique, l’autre plus psychologique ; un académicien passionné par les tueurs en série ; et enfin un politicien qui compte bien profiter de l’évasion de ce « malade mental, ce fou assoiffé de sang, capable d’infliger des souffrances barbares et de semer la mort dans son sillage » pour servir son ambition personnelle en remettant en question la peine de mort.

Car ce livre aborde des réflexions très intéressantes. Il traite avec brio le sujet épineux qu’est la peine de mort en s’emparant d’une affaire qui avait fait des vagues à l’époque. Le titre anglais By the reason of insanity se rapporte au fait qu’un procès peut-être annulé car l’accusé est déclaré irresponsable de ses actes à cause de problèmes de santé mentaux. Peut-on juger quelqu’un qui ne comprend pas ce qu’il a fait de mal ?
A travers les journalistes on aborde le pouvoir des médias qui ne renoncent à rien, ou presque, dans le but de faire vendre leurs reportages, mais est aussi abordé le lien ténu qui relie ces mêmes journaux à la politique. Le thème de la psychiatrie est également abordé, ne nous fondons-nous pas trop sur cette science dans certains cas ? Telle est la question que l’auteur nous pose.

De plus, le roman faisant 900 pages, fait inhabituel pour un thriller, l’auteur prend bien le temps de poser la psychologie de tous les personnages, de nous offrir toutes leurs réflexions et pensées, donnant un rythme assez lent mais réfléchi et creusé au livre.

L’épisode final est horrifiant, mais ce qui m’a le plus marqué ce sont vraiment les dernières pages qui sont tout simplement monumentales. La fin est extrêmement rapide, ce qui fait qu’on se prend vraiment tout en pleine tête sans avoir le temps de se préparer ou de réfléchir à ce qui s’est passé juste avant.

Vous l’aurez compris, ce livre fût un véritable coup de cœur, car ce n’est pas uniquement un thriller, c’est un livre d’action, de politique et même d’histoire. A lire !

La danse des Obèses de Sophie Audoin Mamikonian

 

Un serial killer qui cuisine (et tue) avec la virtuosité d un toqué trois étoiles, un suspense macabre aussi raffiné que cruel : tel est le « festin » concocté par une romancière à l imagination… insatiable.
Dans la même journée, le capitaine Philippe Heart tombe amoureux alors qu il n y croyait plus et se trouve chargé de l affaire la plus tordue de sa carrière : une série de meurtres atroces qui ne touchent que… des obèses. Apparemment, aucun rapport entre son histoire d amour naissante et la disparition de ces cinq hommes. En réalité, lui comme la belle Elena sont partie prenante de la vengeance mise en uvre par l « obèse killer ». Particulièrement manipulateur et pervers, celui-ci choisit des victimes tout sauf innocentes et sa cruauté n a d égale que l inventivité de ses crimes et la minutie de psychopathe avec lesquelles il les met en scène. Pour remonter sa piste, Heart devra accepter d entrer dans un jeu macabre dont il ignore toutes les règles…

Première phrase :  Ils hurlaient. Si fort que parfois ça couvrait la musique. C’était agaçant.

Edition : Robert Laffont

Nombre de pages : 308

Mon avis :

J’avais envie de lire ce livre depuis pas mal de temps pour voir un peu ce que S.A.M écrivait à part les Tara Duncan, je l’ai loué à la bibliothèque et là j’ai vu une lecture commune sur Livraddict, donc me voilà ! 😀

Je lis pas beaucoup, même presque pas de thriller donc je pourrais pas dire si celui-ci est bon ou pas, mais j’ai beaucoup aimé !

SAM nous mène en bateau tout au long du récit, on découvre le coupable seulement à la fin du récit, ce qui fait qu’on suit le capitaine Philippe Heart (bof, le nom…) avec joie, enfin pas joie vu qu’il découvre des cadavres tous plus horribles les uns que les autres mais avec curiosité !

Ce thriller est assez précis sur la manière dont sont retrouvé les corps, avec plein de détails, plus rafinés les uns que les autres 😛 Passé le premier on s’habitue, mais les 30 premières pages sont plus repoussantes qu’autre chose.

La psychologue Elena, l’amoureuse de l’inspecteur, pardon du capitaine, est attachante, et apporte une touche de légerté dans le roman. Sous ses apparances fragiles c’est en fait une femme forte et surprenante.

L’histoire se passe à Paris, comme je vis à côté j’ai bien reconnu quelques lieux décrits, je crois que je ne passerai pas à côté de la même façon maintenant 😛

Le rythme est haletant, on ne s’arrète pas une seconde ce qui fait que ce livre se lit très vite, en deux jours je l’avais fini !

Pour conclure un thriller sympatique et original (du moins pour moi qui ne lit jamais de thrillers), que je recommande !

Voilà l’avis des participants à cette lecture commune :  Lebonsai, Setsuka, Lisalor, Elea23,  Furby71, Kristus, et Opales l’organisatrice de cette lecture commune. 🙂