Quelques livres en vrac… (5)

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un petit melting-pot de mes lectures avec des avis rapides, donc en voilà un nouveau pour quelques livres dont j’aimerais vous parler !

Sinon, j’en profite pour des petites nouvelles, je rentre en partiels lundi pour deux semaines mais après je serai en vacances (enfin cela dépend de si je travaille maintenant ou plus tard en été…). J’espère en profiter pour pouvoir lire lire lire et lire (si possible au soleil), et donc chroniquer ! Voilà, voilà, passons aux livres !

 

Hôtel Particulier - SorelHôtel Particulier
Guillaume Sorel

Genre dont je vous parle très peu (jamais ?), voilà un roman graphique que j’ai véritablement adoré et qui a été un joli coup de cœur. Les dessins sont vraiment enchanteurs, baignés d’une lumière magnifique, dans les tons épurés qui donnent un côté très tendre à l’histoire, et qui sait devenir plus cruelle avec des couleurs stridentes. L’histoire mêle le fantastique avec le réel mais de manière si naturelle que cela parait normal. Il y a un grand nombre d’allusions littéraires très appréciables et originalement exploitées. Je ne trouve rien à lui reprocher et je pense l’acheter dès que possible pour le relire ou du moins le feuilleter souvent ! Recommandé très fort, il se lit vite, se trouve généralement en bibliothèque, il n’y a aucun échappatoire possible là. 😉

Édition : Casterman

Le ProcèsLe procès - Kafka
Franz Kafka

Je découvre cet grand auteur pour les cours, et puis un peu parce que je vais à Prague quelques jours en vacances alors c’était quand-même bien de découvrir cet auteur avant pour visiter son musée consacré ! Je suis ressortie de cette lecture totalement perdue, je ne savais pas quoi en penser, si j’avais aimé ou non, etc… Au final j’en garde un assez bon souvenir, surtout grâce aux études que j’ai pu lire sur ce texte qui me l’ont éclairé. Une bonne découverte, surprenante et intéressante.

Édition : Folio Classique

Le ravissement de Lol V. Stein - DurasLe ravissement de Lol V. Stein
Marguerite Duras

Une petite nouvelle de cette grande auteure si connue et un peu intimidante… Eh bien c’est un style grandiose que j’ai rencontré, elle introduit ici un procédé très intéressant, celui de nous narrer l’histoire à travers un narrateur interne à l’histoire, qui connaît les personnages, mais qui ne nous est pas présenté. Assez déstabilisant et intrigant beaucoup ! L’histoire en elle-même n’est pas passionnante mais tellement courte qu’on l’avale très rapidement, malgré le malaise que Duras insinue au fil des pages. Je continuerai ma découverte de l’auteur !

Édition : Folio

Une poignée de gensUne poignée de gens - Wiazemski
Anne Wiazemski

Magnifique livre ! J’avais déjà lu Une année studieuse de l’auteure dont la plume tout en finesse, évoquant le sujet de l’amour mais sans niaiserie m’avait séduite, et j’ai été très heureuse de la retrouver. Ce livre nous plonge dans l’univers paysan de la Russie du début du XXème siècle pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les Bolchevicks cherchaient à s’emparer du pouvoir et que les paysans se révoltaient. Pour cela on entre dans l’histoire d’une grande famille de Russie à travers la figure de Nathalie, qui épouse le prince de la maison.
L’histoire des premiers chapitres qui se passe en 2004 n’a comme but que de nous introduire l’histoire grâce à Marie qui va se retrouver à s’intéresser à ses racines russes pour x raison.  Les transitions entre les deux époques sont bien menées et peu nombreuses, heureusement car le roman étant court trop d’aller retour n’aurait pas permis d’aller au fond des choses.
C’est donc un roman sur les origines, sur la condition paysanne et noble au début du XXe en Russie, sur la Seconde guerre mondiale, mais également un roman sur la famille, et qui se fonde sur une belle histoire d’amour qui m’aura fait verser une ou deux larmes à la fin…
Bref, je conseille vivement !

Édition : Folio

Ce qui nous lie - BaillyCe qui nous lie
Samantha Bailly

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteur qui malgré une simplicité apparente trouve des formules qui marchent, qui font mouche et qui révèlent un vrai travail sur les mots. Malgré tout les dernières pages ne m’ont pas spécialement emportées, je suis restée assez distante vis à vis de l’héroïne même si l’auteur a réussi à m’arracher une petite larme au début du livre. Du coup ce début que j’ai beaucoup aimé en m’a fait attendre sûrement trop pour la suite qui ne m’a pas convaincue, du moins sur la romance car j’ai trouvé la relation entre Raphaël et Alice assez déplaisante. Sinon l’idée des liens entre les gens est très originale et m’a beaucoup plu. Par contre au niveau des personnages j’ai beaucoup aimé Jonathan et Sébastien, ainsi et surtout que la grand-mère d’Alice à laquelle on s’attache très vite. Une bonne découverte au niveau du style donc, mais la romance m’a un peu refroidie…

Édition : Milady

J’espère que ces avis vous donneront envie, et n’hésitez pas à me dire si vous en avez lu certains ce que vous en avez pensé ! 😉

William Adams, le samouraï des mers de Cyril Flautat

Williams Adams

Japon, XVIIe siècle, époque où les Samouraïs dirigent l’Empire d’une main de fer, respectant les sept vertus du Bushido : droiture, courage, bienveillance, politesse, honnêteté, honneur et loyauté.
L’Anglais William Adams est engagé par une compagnie hollandaise. Il navigue vers le continent asiatique et débarque sur les terres d’Extrême-Orient au printemps 1600.
Afin de se faire accepter par les puissants guerriers et intégrer leurs rangs, le fier marin doit se plier à leurs traditions. Un rude combat commence pour lui, car il doit faire reconnaître sa valeur.

Première phrase : Japon, printemps 1605, dans la province de Sagami.

Edition : éditions du Jasmin

Nombre de pages : 43

Mon avis :

Ce livre m’est tombé dans les mains un peu par hasard, et ça a été un heureux hasard ! Je lis très peu de genres différents, je reste souvent dans mes romans plongés entre des lignes bien serrées et bien qu’il m’arrive parfois de lire quelques bandes-dessinées, ça reste rare. Du coup là je me plongeais dans un univers inconnu, et même deux : le Japon et « la nouvelle illustrée » comme on peut appeler ce magnifique ouvrage.

Dès la première page, on est ensorcelé par ces dessins aux traits précis mais à la fois « aquarellés » (il va falloir m’excuser, je pense que je vais inventer beaucoup de mots vu que niveau illustration, j’ai pas vraiment le bon vocabulaire…). Les couleurs dans les tons ocre, marron, orangé, sont souvent rehaussés d’une couleur plus contrastante telle que du rouge, un orange très lumineux, voire du bleu. Tout ça donne au livre un véritable style et dynamise le tout.

Les dessins ont souvent deux plans : l’arrière plan, fréquemment fait de « fondus » de couleurs qui donnent des ciels magnifiques, et en premier plan, des animaux quelques fois, des hommes le plus souvent. Tous ces hommes ont des traits marqués et dont on se souvient, ils sont très expressifs ce qui nous permet de renvoyer chaque image à chaque phrase.

Pages 1-2

Autre point qui fait que cette association est instinctive, la mise en page qui est remarquable et participe grandement à la beauté de l’ouvrage. Parfois le texte est intégré à l’image, superposé, comme dans grands nombres d’albums, mais le plus généralement, les doubles pages sont coupées avec des traits noirs, traits qui permettent de concilier plusieurs univers et plusieurs épisodes de l’histoire qui sont narrés. Souvent le texte peut être justement dans ces traits noirs et alors il encadre ou coupe les illustrations en deux, et permet d’allier le texte à l’image en mettant le dialogue d’une personne à côté de sa représentation (voilà, avec une image c’est tout de suite mieux).

Pages 3-4

Côté technique plus précisément, je me suis renseignée et grâce à certaines sources plus que sûres j’ai appris comment étaient faits ces dessins, je pensais moi à l’aquarelle, à des esquisses au crayon, de l’acrylique, mais j’étais loin d’être sûre. Et effectivement, mon petit esprit étriqué n’avait même pas envisagé qu’on puisse dessiner… au numérique ! L’auteur utilise l’aquarelle (un de bon pour moi !), du pastel, un crayon, des photographies, etc… Plusieurs méthodes mélangées et c’est sûrement ça qui donne ce trait si attractif. Ainsi toutes ces méthodes sont donc probablement utilisées sur une sorte de tablette qui reproduit le trait de la technique que l’on sélectionne. Ce n’est que supposition, je suis très loin d’être experte. Pour la photographie, j’ai cherché, feuilleté et re-feuilleté les pages, je n’arrive pas à trouver quelles images peuvent provenir de cette source, elles sont totalement déstructurées et réintroduites dans le dessin de manière très subtile.

Au niveau du texte même, l’histoire se concentre essentiellement sur trois personnages. J’avoue que je lis souvent les noms en diagonale et que je les retiens au fur et à mesure de l’histoire, mais là, pas le temps, il faut se plonger dedans et au moins se souvenir de ces quatre là si on veut suivre. Il y a donc William Adams alias Anjin-Sama, Ieyasu-sama l’homme le plus puissant du Japon, Terumasa-sama un des seigneurs de la région, et son fils Ujio. L’intrigue est assez courte et rapide donc je vous laisse la découvrir par vous même, mais cette intrigue permet d’intégrer des éléments sur l’Histoire du Japon au XVIIIe siècle, et sur les samouraïs notamment. 

Je m’y plongeais en aveugle, ce n’est pas un sujet auquel je m’étais intéressée, donc j’ai eu un peu de mal au début à me plonger vraiment dedans et à saisir toutes les subtilités. Mais le vocabulaire japonais, parfaitement dosé est expliqué très clairement et permet d’être totalement dans l’univers décrit. Du coup ça permet à n’importe qui de se laisser emporter par cette histoire, tant les enfants, qui déjà intéressés par les samouraïs ne seront pas perdus et en plus s’instruiront car l’histoire est inspirée de faits réels, qu’aux adultes qui souhaitent s’évader dans un bien beau livre tant par le texte que par les dessins.

Pour finir voici le site de l’auteur qui pourra vous permettre de voir quelques planches en plus… Bonne lecture !