C’est lundi que lisez-vous ? #1

Histoire de garder un peu animé le blog, un petit récapitulatif de mes lectures. Je vais reprendre le rendez-vous initié par Mallou et repris par Galleane qui consiste à répondre à 3 petites questions.

 

Qu’ai-je lu la semaine dernière ? 

Aurélien de Louis Aragon. J’étais sur ce petit pavé depuis le début de l’année et malgré le temps mis à le lire j’ai beaucoup aimé. C’est la première fois que je lisais du Aragon et je dois dire que son style m’a beaucoup plu, tout en suggestions et en nuances. On nous présente un canevas de personnages tous ayant une psychologie vraiment intéressante et développée, qui vont évoluer dans le Paris mondain de l’après-guerre. La guerre est d’ailleurs un thème qui revient souvent puisqu’il a beaucoup marqué le personnage éponyme. Mais Aurélien est avant tout un magnifique roman d’amour qui ne tombe pas dans le cliché grâce à sa multitude de détails qui créent le récit, aux différentes influences d’Aragon qui se croisent et aux nombreux rebondissements toujours placés dans des scènes clés hors du temps. Je l’ai principalement lu dans le métro et c’était vraiment agréable de pouvoir visualiser les lieux parisiens dont le roman est truffé, ça crée une complicité qui place la lecture dans une sorte de cocon et d’intimité avec les personnages. Je l’ai lu dans le cadre de mes cours et je le conseille vivement ! D’ailleurs si certains sont intéressés, je peux envoyer mon cours à la fin du semestre avec plaisir, par contre forcément il spoile !

 

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Chez soi, une odyssée de l’espace domestique de Mona Chollet. Un essai sur le thème de la maison, de l’espace à soi, sur l’accès aux logements, sur le fait d’être casanier, sur la conciliation entre sa vie en dehors de chez soi et sa vie domestique, sur la place de la femme dans ce logement… Sur plein de sujets qui concernent notre chez nous. Sujet assez original et écrit par une auteure dont j’avais déjà apprécié Beauté Fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine mais pour l’instant je suis mitigée. Je trouve les idées développées vraiment intéressantes et parfois très originales mais l’auteur s’appuie beaucoup sur sa propre vie notamment pour les deux premiers chapitres. Cependant le chapitre que je viens de lire sur l’accès au logement, un chapitre plus économique que les deux premiers, était vraiment passionnant donc j’ai hâte de le continuer.

Que vais-je lire ensuite ?
Bon je pense que ça va être la question que je zapperai souvent, je ne prévois jamais mes lectures en avance car elles dépendent beaucoup de mon esprit du moment, de l’humeur où m’a laissée ma lecture, du temps que j’ai devant moi, etc. J’adore ce moment un peu indécis après une lecture où tous les possibles livresques me sont ouverts, tous les univers et les genres. Depuis quelques temps je lis pas mal de contemporain en tous cas, à voir si ça sera toujours le cas après mon essai !
Et vous que lisez-vous ? Très bonne semaine !
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Les accoucheuses, tome 1 : La fierté d’Anne-Marie Sicotte

1845. Montréal s’étend au rythme des arrivées d’immigrants et des nombreuses naissances.
Léonie, sage-femme, accompagnée de sa fille Flavie, met ses talents et son savoir au service de toutes les mères, riches ou pauvres, mariées ou non. Esprit moderne, elle aspire à changer les mentalités : faire évoluer le statut des femmes, permettre à chacune d’entreprendre les études qu’elle souhaite.
Un nouveau monde se lève. Mais pour que les accoucheuses y obtiennent la reconnaissance qu’elles méritent, il leur faudra lutter avec fierté contre le poids de l’Église conservatrice et l’emprise corporatiste des médecins.

Édition : Pocket

Mon avis :

Me revoilà pour vous parler d’un livre lu il y a déjà quelques mois mais qui m’a beaucoup marquée. Nous plongeons dans le Montréal du milieu du XIXe siècle, en plein essai d’indépendance du Québec, en plein essor du pouvoir de l’église mais aussi de la corporation des médecins au dépit des sages femmes. C’est à elles que ce livre s’intéresse à travers les personnages de Léonie et Flavie, une mère et sa fille. La première est sage-femme depuis de nombreuses années, la seconde va commencer son apprentissage auprès de sa mère. Les deux femmes vont développer de grands projets en s’opposant à l’Église, aux médecins mais aussi à l’ensemble de la société bien pensante de l’époque.

C’est un livre plein de vitalité à l’image de Flavie qu’on suit principalement. Par elle on aborde le sujet des premiers émois adolescents, la découverte de son corps, et surtout ses questionnements sur la place de la femme dans la société de l’époque, qui sont bien à l’opposé de ce qu’elle souhaiterait pour sa vie future. Si l’approche un peu fleur bleue de temps en temps peut rebuter il me semble indispensable pour amener des sujets qui étaient difficilement traitables autrement. De plus les propos sont loin d’être dissimulés et sont parfois même cru, ce qui casse un peu le côté « amour de jeunesse » qui pourrait gêner certains. Mais personnellement j’ai beaucoup aimé, on se prend vraiment d’affection pour les personnages et donc ce qui leur arrive ne peut nous laisser indifférent.

On en apprend également beaucoup sur le métier de sage-femme à l’époque, les techniques connues d’accouchement, comment ce savoir se transmettait, etc… J’ai trouvé ça très intéressant de voir les techniques de l’époque par rapport à ce qu’on connait aujourd’hui. Les forceps venaient juste d’être inventés, les césariennes commençaient à faire leur apparition mais n’étaient pratiquées que par les médecins et non les sages femmes. On voit ainsi les différences entre les deux métiers, tant de conception que de pratique. Les écoles de médecine étaient réservées aux hommes et les femmes étaient très mal vues de l’Église si elles exerçaient comme sage-femme avant d’être mariée et même d’avoir accouché, car cela aurait pu les corrompre…

Il y a donc une forte critique de la religion, pas de la croyance elle-même mais de la manière dont les hommes de foi l’interprète à leur façon pour avoir une forte emprise sur leurs fidèles. À la religion qui détient un véritable pouvoir politique se mêlent les conflits entre les différents peuples qui vivent au Québec, le trop fort pouvoir de la couronne anglaise sur le Québec, etc… Je ne connaissais pas du tout cet épisode de l’Histoire et l’aperçu qu’offre ce livre donne envie d’en savoir plus.

Le livre ne manque pas de rebondissements, plusieurs « intrigues » se nouent, le livre se relance sans cesse, on découvre de nombreux personnages plus ou moins tolérants, plus ou moins agréables, dans leur temps ou pas, et c’est cette galerie riche et nuancée qui permet d’amener tant de thèmes différents.

Je l’ai lu il y a déjà quelques mois alors je n’irai pas dans les détails mais je vous le conseille vraiment, la langue est très fluide, peut-être même trop ? J’ai trouvé le style très contemporain par rapport à la période dans laquelle l’auteur nous plonge, mais une fois qu’on s’y est fait c’est un livre qui se dévore ! Étant écrit par une auteure québecoise on rencontre quelques expressions de là-bas et j’ai trouvé ça très agréable, ça nous plonge vraiment dans le lieu décrit. En tous cas, j’ai déjà acheté le tome 2 et dès que mes livres de cours seront fini, je me plonge dedans !

En vrac pour vous convaincre, les thèmes abordés : l’Histoire, la sexualité et sa découverte, la politique, l’indépendance du Québec, la médecine, l’obstétrique, le féminisme, la religion, le couple, l’importance de la communication…
Bonne lecture !