Bilan livresque de 2015

Pendant l’année 2015 j’ai pu lire 43 livres soit 18581 pages ce qui est un bon bilan pour moi. Mais ce dont je suis le plus contente c’est la diversité qu’il y a dans ces livres : classiques, poésie, contemporain, jeunesse, SFFF, théâtre… Ça manque juste un peu d’essais ! Pendant cette année j’ai pu renouer avec certains de mes auteurs adorés, en découvrir d’autres, être surprise par certains… Revenons sur les livres qui m’ont marquée.

J’ai continué ma découverte de Romain Gary, plus je côtoie cet auteur, plus je l’aime ! Pour tout dire, j’envisage même la possibilité de faire mon mémoire de master en rapport avec lui, je laisse ça mûrir jusqu’en septembre prochain ! J’ai lu cette année Les enchanteurs et La promesse de l’Aube, dans le premier on suit un enchanteur et son père qui combattent la Réalité sur près de 200 ans, le second est autobiographique et centré sur la relation si particulière entre l’auteur et sa mère. J’ai préféré celui-ci mais il faut dire que j’ai un faible pour les autobiographies et le ton qu’emploie Gary pour parler de lui-même, une prétention ironique chargée d’auto dérision, est plein de charme et d’humour. Et c’est grâce à ce style si particulier que Gary arrive à faire de sa vie un véritable roman et des gens qui l’entourent des personnages hors du commun. En premier lieu sa mère, femme de caractère, pleine d’ambition pour son fils et jamais à court de ressource, totalement fantasque par sa démesure mais terriblement attachante. On suit leurs vies de la naissance de Romain Gary en actuelle Lituanie, à la fin de la seconde guerre mondiale, 400 pages où se dévoile tout l’amour d’une mère hors du commun.

L’année a commencé avec des lectures classiques sur le thème des « visages d’Eros » que j’étudiais dans mon cours de littérature comparée. J’ai donc pu découvrir Goethe, Garcia Marquès et Laclos que je devais lire depuis un moment. Ma préférence a été sans aucun doute à L’amour aux temps du choléra, j’en garde le souvenir d’un livre qui fait voyager, qui a une atmosphère vraiment particulière faite d’enchantement, de volupté et d’un arrière-goût un peu amer. Les trois protagonistes sont vraiment intéressants et parfois même surprenants, la narration non-linéaire renverse l’idée que l’on pouvait se faire d’eux au départ et c’est un point que j’ai beaucoup apprécié, j’aime être surprise dans mes lectures ! J’ai bien aimé Les liaisons dangereuses mais c’est surtout l’étude qu’on en a faite qui m’a beaucoup intéressée, par contre Les souffrances du jeune Werther n’ont pas trouvées grâce à mes yeux, mais je ne suis pas une grande fan des héros romantiques…

Niveau jeunesse/young adult j’ai fait connaissance avec l’auteure Rainbow Rowell qui a su faire battre mon cœur de midinette avec Attachements et Fangirl, avec une préférence pour le deuxième. Outre la romance qui est plus surprenante qu’on pourrait le croire au début du roman, l’auteure aborde à chaque fois des thèmes variés et intéressants : la gémellité, l’univers des fan-fiction, l’entrée à la fac et les attentes qu’on peut en avoir… Le tout avec justesse, tendresse mais aussi beaucoup d’humour. Cat est une héroïne vraiment attachante et on avale les nombreuses pages du livre avec délice ! J’ai également lu La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald, une trame narrative pas forcément surprenante mais l’évocation de nombreux classiques de la littérature m’a beaucoup plu et l’auteure pose des problèmes intéressants sur les choix qu’on peut faire et le courage qui doit les accompagner. Mais en bref, c’est surtout un livre qui fait du bien au moral !

En SF j’ai enfin découvert le fameux livre d’Alain Damasio, La horde du contrevent qui m’a tenue en haleine grâce à une intrigue complexe et passionnante, aux personnages nombreux et ayant chacun leur particularité. On s’attache beaucoup à eux et on apprend à les connaître grâce au style qui change en fonction du personnage, ils ont chacun leur manière de raconter les choses, de les voir, et ce mode de narration un peu complexe à suivre au début est vraiment intéressant, il permet de voir le même évènement de différent point de vue et surtout de mieux cerner les personnages sans passer par de longues explications et en étant plus subtile.
Et en fantasy j’ai fini la saga de L’Assassin Royal de Robin Hobb, commencée il y a bien quatre ans, j’ai avalé les six tomes qui me manquaient pendant l’été, je ne vais pas trop en parler vu que je spoilerai la moitié de la série mais j’ai adoré retrouver les intrigues politiques de Castercelf et les nombreux personnages qui peuplent cette ville.

Et pour finir le contemporain ! J’ai fait une bonne moisson cette année, entre découverte ou redécouverte de certains auteurs.
Muriel Barbery a sorti son troisième livre La vie des elfes que j’attendais avec impatience et qui ne m’a pas déçu même s’il est complètement différent de L’élégance du hérisson. On nage dans une ambiance féérique à la limite de l’onirisme. On connaît finalement très peu les personnages, on n’a pas leur psychologie entière mais juste des esquisses qui vont à l’essentiel. C’est surtout l’atmosphère qui est très particulière, j’avais l’impression d’être en suspension quand je lisais. Tout est dessiné de manière à peine appuyé, on suit les mots en se laissant emporter et sans se poser de questions. L’écriture est magnifique, je pense que c’est un roman à lire à voix haute pour vraiment s’immerger dans cette campagne farouche entourée d’une certaine magie sombre et de beaucoup de mystères.

J’ai aussi redécouvert Catherine Cusset, je n’avais pas trop aimé Indigo mais Un brillant avenir a eu plus de succès. Il s’étale sur plusieurs années, nous suivons l’histoire d’Hélène en alternant des chapitres biographiques qui racontent son histoire et des chapitres plus actuels, de nombreux thèmes sont abordés à travers cette femme forte qui a émigré aux États-Unis avec son mari et son fils : le deuil, la religion, l’éducation, l’indépendance des enfants… Je ne saurai pas vous le résumer brièvement, surtout qu’une partie du plaisir vient de la découverte de l’histoire d’Hélène, mais je vous le conseille vivement !

Dans les découvertes : Joël Dicker et Thomas B. Reverdy. J’ai enfin lu La vérité sur l’affaire Harry Québert du premier, je l’ai commencé sans trop savoir de quoi ça parlait et j’ai beaucoup aimé. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été prise dans un roman comme ça, l’envie de savoir ce qu’il va se passer, lire quelques pages même si ce n’est que deux dès qu’on en a l’occasion… Ce thriller est assez original puisqu’il détourne un peu les codes du genre, déjà il s’étale sur 850 pages, ensuite la temporalité est assez large et le récit ne suit pas une ligne chronologique, on fait des bonds dans le passé, les points de vue sont variés et présenté très subjectivement sans trop de mise à distance donc on a du mal à démêler le vrai du faux. Il y a des réflexions intéressantes sur l’écriture, sur les relations, la vie dans les petites villes, mais surtout j’ai admiré les renversements de situation que l’auteur mène d’une main de maître ! Bon je suis un peu nulle pour trouver la fin des livres, là j’en imaginais une qui me plaisait déjà bien mais l’auteur réussit à aller encore plus loin et j’ai beaucoup aimé être surprise comme ça. J’ai eu la suite à noël, Le livre de Baltimore, j’espère qu’il sera aussi bien.

Pour le second, Il était une ville de Thomas B. Reverdy, je pense en faire une chronique dans la semaine, elle est déjà en partie préparée donc ça devrait aller vite.

Sur ce, bon week-end à tous, je vous laisse avec le nouveau single d’un groupe que j’affectionne, The Jezabels :

Quelques livres en vrac… (5)

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un petit melting-pot de mes lectures avec des avis rapides, donc en voilà un nouveau pour quelques livres dont j’aimerais vous parler !

Sinon, j’en profite pour des petites nouvelles, je rentre en partiels lundi pour deux semaines mais après je serai en vacances (enfin cela dépend de si je travaille maintenant ou plus tard en été…). J’espère en profiter pour pouvoir lire lire lire et lire (si possible au soleil), et donc chroniquer ! Voilà, voilà, passons aux livres !

 

Hôtel Particulier - SorelHôtel Particulier
Guillaume Sorel

Genre dont je vous parle très peu (jamais ?), voilà un roman graphique que j’ai véritablement adoré et qui a été un joli coup de cœur. Les dessins sont vraiment enchanteurs, baignés d’une lumière magnifique, dans les tons épurés qui donnent un côté très tendre à l’histoire, et qui sait devenir plus cruelle avec des couleurs stridentes. L’histoire mêle le fantastique avec le réel mais de manière si naturelle que cela parait normal. Il y a un grand nombre d’allusions littéraires très appréciables et originalement exploitées. Je ne trouve rien à lui reprocher et je pense l’acheter dès que possible pour le relire ou du moins le feuilleter souvent ! Recommandé très fort, il se lit vite, se trouve généralement en bibliothèque, il n’y a aucun échappatoire possible là. 😉

Édition : Casterman

Le ProcèsLe procès - Kafka
Franz Kafka

Je découvre cet grand auteur pour les cours, et puis un peu parce que je vais à Prague quelques jours en vacances alors c’était quand-même bien de découvrir cet auteur avant pour visiter son musée consacré ! Je suis ressortie de cette lecture totalement perdue, je ne savais pas quoi en penser, si j’avais aimé ou non, etc… Au final j’en garde un assez bon souvenir, surtout grâce aux études que j’ai pu lire sur ce texte qui me l’ont éclairé. Une bonne découverte, surprenante et intéressante.

Édition : Folio Classique

Le ravissement de Lol V. Stein - DurasLe ravissement de Lol V. Stein
Marguerite Duras

Une petite nouvelle de cette grande auteure si connue et un peu intimidante… Eh bien c’est un style grandiose que j’ai rencontré, elle introduit ici un procédé très intéressant, celui de nous narrer l’histoire à travers un narrateur interne à l’histoire, qui connaît les personnages, mais qui ne nous est pas présenté. Assez déstabilisant et intrigant beaucoup ! L’histoire en elle-même n’est pas passionnante mais tellement courte qu’on l’avale très rapidement, malgré le malaise que Duras insinue au fil des pages. Je continuerai ma découverte de l’auteur !

Édition : Folio

Une poignée de gensUne poignée de gens - Wiazemski
Anne Wiazemski

Magnifique livre ! J’avais déjà lu Une année studieuse de l’auteure dont la plume tout en finesse, évoquant le sujet de l’amour mais sans niaiserie m’avait séduite, et j’ai été très heureuse de la retrouver. Ce livre nous plonge dans l’univers paysan de la Russie du début du XXème siècle pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les Bolchevicks cherchaient à s’emparer du pouvoir et que les paysans se révoltaient. Pour cela on entre dans l’histoire d’une grande famille de Russie à travers la figure de Nathalie, qui épouse le prince de la maison.
L’histoire des premiers chapitres qui se passe en 2004 n’a comme but que de nous introduire l’histoire grâce à Marie qui va se retrouver à s’intéresser à ses racines russes pour x raison.  Les transitions entre les deux époques sont bien menées et peu nombreuses, heureusement car le roman étant court trop d’aller retour n’aurait pas permis d’aller au fond des choses.
C’est donc un roman sur les origines, sur la condition paysanne et noble au début du XXe en Russie, sur la Seconde guerre mondiale, mais également un roman sur la famille, et qui se fonde sur une belle histoire d’amour qui m’aura fait verser une ou deux larmes à la fin…
Bref, je conseille vivement !

Édition : Folio

Ce qui nous lie - BaillyCe qui nous lie
Samantha Bailly

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteur qui malgré une simplicité apparente trouve des formules qui marchent, qui font mouche et qui révèlent un vrai travail sur les mots. Malgré tout les dernières pages ne m’ont pas spécialement emportées, je suis restée assez distante vis à vis de l’héroïne même si l’auteur a réussi à m’arracher une petite larme au début du livre. Du coup ce début que j’ai beaucoup aimé en m’a fait attendre sûrement trop pour la suite qui ne m’a pas convaincue, du moins sur la romance car j’ai trouvé la relation entre Raphaël et Alice assez déplaisante. Sinon l’idée des liens entre les gens est très originale et m’a beaucoup plu. Par contre au niveau des personnages j’ai beaucoup aimé Jonathan et Sébastien, ainsi et surtout que la grand-mère d’Alice à laquelle on s’attache très vite. Une bonne découverte au niveau du style donc, mais la romance m’a un peu refroidie…

Édition : Milady

J’espère que ces avis vous donneront envie, et n’hésitez pas à me dire si vous en avez lu certains ce que vous en avez pensé ! 😉

Quelques livres en vrac… (3)

Bonjour à tous !

Plus d’article depuis un moment sur ce pauvre petit blog, et la faute au bac (uniquement et seulement, pas du tout à cause d’une petite baisse de motivation !). Mais il y a néanmoins quelques livres que j’ai lu dont j’aimerai vous parler, donc je vais uniquement faire des petits avis rapides.

La vie rêvée d’Ernesto GLa vie rêvée d'Ernesto G - Guenassia
Jean-Michel Guenassia

Après Le club des incorrigibles optimistes (dernier livre de la liste) qui avait déjà été un coup de cœur  j’ai renoué avec l’écriture entraînante de cet auteur passionnant dès la sortie de son second livre. Et c’est de nouveau un coup de cœur ! A travers ce roman nous vivons une véritable fresque historique composée des événements historiques majeurs, de chassés-croisé de personnages, de différents pays , de nombreuses villes… Un aperçu fictionnel mais néanmoins réaliste de l’Europe du XXè siècle. Tout commence et s’achève à Prague mais nous passons entre temps à Paris, à Alger, à Chamonix… On croise un pléthore de personnages hauts en couleurs qui se révèlent peu à peu et au sujet desquels on ne sait parfois que penser. Les périodes qui m’ont le plus plu sont celle à Alger, qui m’a permis de découvrir cette ville et de voir la seconde guerre mondiale d’un point de vue plus extérieur, et celle à Prague, lorsqu’on suit Héléna, la fille de Joseph et son improbable histoire d’amour avec ce légendaire Ernesto G… La vision proposée par l’auteur de la Guerre Froide est passionnante et j’espère pouvoir visiter Prague un jour après y avoir imaginé une telle histoire. Un roman envoûtant et instructif qui nous plonge dans les méandres d’un siècle si riche.

Editions Albin Michel
535 pages

La valse aux adieux - KunderaLa valse des Adieux 
Milan Kundera

Après avoir découvert Prague par le livre précédent et d’avoir eu la chance de discuter et d’échanger quelques mails avec son auteur qui m’a conseillé du Kundera je me suis plongée dedans sans trop attendre !  Au final je n’ai pas vu beaucoup Prague mais j’ai énormément aimé. Dans ce genre de roman, ce n’est pas vraiment l’histoire qui est utile, mais ce qu’elle sert à amener comme réflexion. Ici elle est plutôt simple, un homme qui trompe sa femme dont la maîtresse tombe enceinte. Toute une réflexion philosophique autour de la jalousie, du rapport à autrui, de la liberté… Avec un fond politique qu’on peut apercevoir en filigrane qui plane sur tous les habitants de cette agréable ville d’eau. Dernier point, le style de l’auteur qui est très brut et simple mais néanmoins d’une finesse rare. Je retenterai très prochainement une escapade dans l’univers si plaisant de Milan Kundera.

Editions Folio
328 pages

Platon et son ornithorynque entrent dans un bar, la philosophie expliquée par les blagues (sans blagues ?)Platon et son ornithorynque - Cathcart & Klein
Thomas Cathcart & Daniel Klein

Les titres font quand même généralement beaucoup dans notre choix de livres… Et celui-ci est quand même assez irrésistible. Le livre est divisé en plusieurs parties qui renvoient chacune à un thème de la philosophie (métaphysique, logique, épistémologie, existentialisme, philosophie politique et sociale…) chacun étant sous divisé en plusieurs catégories reflétant les différentes mouvances philosophiques. Et ainsi, chaque concept est expliqué tout d’abord par les auteurs dans des termes simples et de manière amusante puis illustrée par des exemples sous forme de blagues. Pour tout dire, leur explication de Descartes me l’a fait apprécier… ce qui n’était pas une mince affaire ! Certaines blagues sont très drôles, d’autres un peu moins mais on passe un très bon moment tout en s’instruisant car si c’est expliqué de manière accessible ce n’est pour autant pas vulgarisé. Alors à votre philo !

Editions Seuil
254 pages

Nos étoiles contraires - GreenNos étoiles contraires
John Green

Alors voilà, je ne lis quasiment plus de littérature jeunesse, mais là j’ai succombé à cause de facteurs divers. On suit Hazel et Augustus, tous les deux atteints d’un cancer. Il y a plus réjouissant je vous l’accorde. Et effectivement on pleure (beaucoup) mais on rit aussi, et il y a une force et une luminosité dans ce roman si sombre qui font qu’on en sort pas totalement déprimé (juste un peu). L’écriture est très fluide et une fois ouvert on ne le referme que la dernière page tournée et les yeux qui brillent d’émotion. Une belle histoire qui nous prend au cœur et qu’on n’oublie pas rapidement.

Editions Nathan
331 pages

Gatsby le Magnifique Gatsby le magnifique - Fitzgerald
Francis Scott Fitzgerald

Lu pour mon cours d’anglais, j’ai peu aimé ce roman à cause de ses personnages creux et superficiels qui m’agaçaient au plus haut point et qui rendent la lecture pénible, et l’analyse qu’on en a fait en cours a confirmé cela. Mais j’étais en désaccord avec l’analyse concernant Daisy principalement, or j’ai été voir le film (que j’ai beaucoup aimé, plus que le livre d’ailleurs, il le respecte bien en y ajoutant même certain éléments et en accentuant le thème des années folles) et il propose une adaptation avec laquelle je suis plus en accord, donc j’ai été un peu réconciliée avec ce livre mais pas au point de le relire ! Cependant je conseille le film, très beau et entraînant.

Editions Folio
202 pages

Les trois romans suivants ont été lus dans le cadre du prix Relay pour lequel j’ai été sélectionnée pour faire partir du jury, et les minis avis que voici sont à peu de mots près ceux que j’ai envoyé comme critique.

Yellow birds - PowersYellow Birds 
Kevin Powers

Me voilà  embarquée en Irak malgré le fait que ce roman ne se rapproche pas du tout de ce que je lis habituellement. Les périodes de combats alternent avec les chapitres d’avant et d’après guerre et j’ai été plus conquise par le style d’écriture de la première, plus rapide, vif et brutal qui reflète la violence, que par celui plus posé et lent, plus descriptif qui montre le désarroi et le mal, voir l’incapacité que le soldat a à revivre une vie normale après les horreurs des conflits. Psychologiquement la seconde partie m’intéressait plus, mais son style a fait que j’ai eu du mal à me concentrer dessus. Le roman s’accélère à la toute fin, et cette accélération aurait été la bienvenue un peu plus tôt dans le roman.
Finalement, un roman nécessaire qui informe sur la guerre et ses conséquences sur la vie d’un homme mais qui ne m’a pas convaincu plus que ça…

Editions Stock 
264 pages

Luke et Jon9782841115105
Robert Williams

Un roman agréable, qui se lit très vite et facilement avec comme thème une relation amicale entre deux adolescents, l’un ayant perdu sa mère et dont la pensée du deuil est le fil rouge du roman, l’autre un garçon un peu excentrique qui se fait violenter au collège. Deux thèmes difficiles à évoquer, et encore plus du point de vue adolescent. Et pourtant l’auteur réussit avec brio à les transcrire avec un style simple mais élégant et beaucoup d’humour malgré les situations parfois graves qui y sont présentées. Les personnages sont attachants et la narration intéressante, on alterne souvenirs et présent sous forme de très courts chapitres, ce qui rend la lecture très fluide. Il m’a malgré tout manqué un petit quelque chose, le petit plus qui fait que j’aurai accroché totalement.
Au final, une histoire vite lue avec plaisir et sourires mais à laquelle il manque un petit peu de pep’s.

Editions Nil
222 pages

Crime d'honneur - ShafakCrime d’honneur
Elif Shakaf 

Un livre dont on ne ressort pas indemne ! Une multitude de personnages avec des liens de parentés plus ou moins proche dans lesquels on se perd souvent au début mais qu’on finit par comprendre au fil des pages par la découverte des caractères bien propres à chaque personnage. On voyage entre la Turquie et l’Angleterre avec cette famille Kurde qui va se séparer pour prendre des chemins différents. Amour et religion, respects des valeurs traditionnelles et volonté de s’adapter dans un pays occidental, sont autant de thèmes qui s’entrechoquent et se croisent tout au long de ce magnifique roman plein de vie et de personnages passionnants. Le roman s’étale à travers plusieurs générations, on suit donc plusieurs personnages et l’évolution de leur vie ce qui donne un très bon rythme au roman qu’on ne lâche que difficilement.
Pour conclure, un livre à lire, qui montre un choc des cultures de manière grandiose à travers un fabuleux roman qui ne laisse pas indifférent.

Editions Phébus
416 pages 

Voilà quelques avis rapides qui permettent de faire revivre un peu le blog d’une manière qui ne me prend pas trop de temps ! Effectivement le bac avance à grands pas et je suis en train de me mettre à jour dans mes fiches (plus que deux chapitres de philo !) et de réviser les chapitres déjà appris, donc je ne pense pas avoir le temps de revenir d’ici la fin des épreuves qui est le 21 juin.

Sinon, j’ai fêté mes 18 ans et j’ai eu deux livres à cette occasion qui me tentent énormément et que je pense lire pendant les vacances, et je me suis fait un petit cadeau également, ont donc rejoint ma bibliothèque : Belle du Seigneur d’Albert Cohen, Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi et Mon journal, morceaux choisis de Marie Bashkirtseff, une artiste au haut tempérament de le fin du XIXè siècle que je suis en train de lire.

Sur ce, je nous souhaite que le soleil revienne afin qu’on puisse de nouveau sortir un peu lire sur l’herbe !  Et en attendant, bonne lecture au chaud sous la couette…

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat

Après avoir reçu un étrange message de sa soeur Gabrielle, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche.
Accompagnée d’un vieil écrivain en mal de création, rencontré sur la route, elle passe alors brusquement de l’autre côté.
Et découvre un monde parallèle, un univers blanc, aseptisé, glacial. Là-bas, les habitants ne respirent pas, ne sourient pas, et les humains sont esclaves. Au milieu d’eux, elle comprend vite que sa soeur est retenue prisonnière, quelque part, et qu’elle est en danger. Anne va tout tenter… jusqu’au péril de sa vie.

Première phrase : Etienne Virgil n’allait pas bien quand il fit la rencontre, au début de l’automne, de cette jeune fille qui s’appelait Anne Collodi.

Edition :  Gallimard Jeunesse

Nombre de pages : 387

Mon avis :

En entrant dans ce livre préparer vous à entrer dans un monde où respirer n’existe pas, pas plus que les sentiments, les émotions. Tout est propre, rien ne dépasse, aucune odeur. Les habitants de ce monde meurent d’ennui (au sens propre!). Les gens ne pleurent pas, ils ne rient pas ils « cliquetent », ils ont une apparence parfaite, la nourriture n’a aucun goût… Autant de petites particularités disséminées partout dans le roman qui font qu’on vit l’aventure avec les protagonistes. L’univers imaginé par Jean-Claude Mourlevat est très riche et pleins de détails, ce qui fait qu’on se le représente très bien ! 🙂

Dans ce monde, les Terriens sont une légende, un mythe, des parias. Certains y croient, d’autre non. Ce sont des êtres sales, qui pleurent, lisent des livres en papier (le papier est plein de microbes, par conséquent il n’existe pas là-bas).

Et pourtant, certains Terriens découvrent Le Passage et arrivent dans ce monde qui leur est étranger.

Durant la durée du livre on va en suivre deux : Anne et Etienne Virgil. Elle est une jeune fille intrépide, effrontée et courageuse, lui est un vieil homme, écrivain trouvant que son dernier roman est « nul ».

Des éléments inattendus surviennent dans le récit ce qui nous déstabilise totalement, j’ai du poser mon livre à un moment tellement j’étais triste et choquée.

Je ne sais pas comment vous décrire ce livre, il faut le lire pour le vivre, car c’est vraiment une histoire qu’on vit avec les héros.

Seul point de regret, j’aurai aimé avoir plus de détails sur le gouvernement en place, ces « hommes puissants » qui sont assez souvent abordés mais jamais en détails et autrement que par ce nom. Mais bon, j’aime bien savoir la politique d’un monde quand il nous est complètement étranger, son fonctionnement, ses gouverneurs, le pourquoi du comment…

En conclusion, un livre dont je garderai un très bon souvenir, un univers merveilleusement décrit et l’envie de découvrir Jean-Claude Mourlevat à travers un autre de ses livres ! Vous en avez un à me conseiller spécialement ? 🙂

Vive la république ! de Marie-Aude Murail

A 22 ans, Cécile va réaliser son rêve de petite fille devenir maîtresse d’école! La voilà donc qui affronte, le cœur tremblant, sa première rentrée des classes à l’école primaire Louis-Guilloux. Face à elle, dix-huit CP : Baptiste jamais assis sur sa chaise, Audrey qui aime déjà sa maîtresse, Marianne l’endormie, Steven au QI  » limite « , Louis si zenti Tom le querelleur, Robin le gros bébé, Toussaint et Démor Baoulé, fraîchement arrivés de Côte-d’Ivoire… Cécile doit tout simplement leur apprendre à lire. Mais ce n’est pas si simple que ça, quand votre directeur vous impressionne et que l’inspecteur vous terrorise, quand vos collègues vous snobent, quand vous n’avez aucune autorité sur les enfants, quand rôdent des gens inquiétants autour de l’école, et qu’en plus vous tombez amoureuse du serveur de Tchip Burger!

Première phrase : Dès la première semaine du cours préparatoire, Cécile Barrois trouva ce qui serait pendant des années son jeu préféré.

Edition : Pocket Jeunesse

Nombre de pages : 335

Mon avis :

Ce livre, c’est un livre doudou, un livre que je relis inlassablement, que je prends quand je vais pas bien, et justement hier soir j’étais en colère contre tout et n’importe quoi, je voulais donc relire Orgueil et Préjugés pour me calmer mais évidemment je l’avais prêté à une amie, je me suis donc replongée dans Vive la république ! : un roman drôle, attachant, un hymne d’espoir, et de solidarité.

Avec ce livre nous entrons dans l’univers de Cécile, jeune institutrice de 22 ans, qui doit s’occuper de s a première classe. Les CPs de l’école Louis-Guilloux. On suit donc cette jeune femme pleine de bonne volonté, ainsi qu’au second plan, Eloi le serveur du chips Burger, pour lequel elle a le béguin, qui fait parti du GAP (Gang Anti-Pub).

Outre ces deux protagonistes, Marie-Aude Murail nous offre une galerie de personnages, plus complets et touchants les uns que les autres : les petits CPs,  les membres de la famille Baoulé, les instituteurs, Nathalie la colocataire d’Eloi qui a un coeur en or dans une carapace de fer…

Ce livre ne fait pas que parler des déboires de Cécile en tant que nouvelle institutrice, il dénonce des problèmes de société comme la surconsommation et la publicité dont on est envahi, le problème des étrangers en situation irrégulière qui sont menacés d’être renvoyé dans leur pays malgré les menaces qui pèsent contre eux, comme ici les Baoulé qui sont Ivoiriens, l’analphabétisation, présente en France et pas seulement dans les pays pauvres, l’obésité des enfants, la corruption des politiciens…

Je vous vois fuir en pensant que ce roman doit être déprimant, mais pas du tout ! Justement, ce livre montre la mobilisation d’une femme, d’une école, de la société qui se bat contre toutes ces injustices, ces problèmes que soulève le livre. C’est un message d’espoir, on en ressort le sourire aux lèvres, de l’espoir au coeur et de bonne humeur.

Pour conclure, vous avez sûrement compris que ce livre est un grand coup de coeur que je conseille à tous, aussi bien grands que petits, il est d’ailleurs classé jeunesse chez Pocket 😉
Et allez, je vous mets même un lien où vous pouvez l’acheter 😀 (Et je décline toutes responsabilités tant qu’aux plaintes de certains porte-monnaie :p).

A comme Association, Tome 2 : Les limites obscures de la Magie de Pierre Bottero

Elle s’appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l’incroyable pouvoir d’être incassable ou presque. C’est pourquoi L’Association l’a recrutée comme agent stagiaire.
Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L’Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l’incassable risque fort de comprendre ce que « ou presque » veut dire.

Première phrase : Ombe ! Je me retourne ce qui, avouons-le, est assez logique.

Edition : Gallimard Jeunesse / Rageot Editeur

Nombre de pages : 187

Mon avis :

Pour l’avis sur le tome 1, pas vraiment 1 (expliqué en dessous :P) c’est par ici, mais vous pouvez quand même lire cet article ! 😉

Voilà le deuxième tome de la série A comme association ! Ce n’est pas vraiment un deuxième tome, enfin techniquement si, mais pour la lecture que vous lisiez le tome dit 2 avant le 1 ne change rien du tout. Car en fait on suit deux personnages différents mais aux mêmes instants donc pour la chronologie aucun souci ! 😀  Par contre pour cette particularité, les tomes vont par deux, n’allez pas commencer par le 3 ! 😛

Passons à l’histoire. Cette fois ce n’est pas Jasper et son humour redoutable que l’on suit mais Ombe une jeune fille débrouillarde, indépendante et solitaire, qui n’a pas peur de se servir de ces poings !  Elle ne manque pas d’humour non plus, même si c’est plus discret : j’ai bien rigolé quand même. 😀

J’ai préféré cette histoire à celle avec Jasper, elle m’a semblée plus ficelée, plus achevée. Erik L’Homme a tout misé sur son héros (qui est franchement génial !) Pierre Bottero, a répartie le tout sur l’intrigue et son personnage. Avec Ombe, nous sommes à la campagne dans un château, et dans le parc du-dit château il y a un lac qui héberge une Créature, Créature qu’Ombe doit sauver discrètement… autant dire que c’est pas gagné ! 😛

On rebondit de péripéties en péripéties et comme dans le tome précédent , des informations sur la Magie et son utilisation sont disséminées un peu partout dans le livre. On en apprend peu à peu, un peu plus sur Ombe et son passé.

Donc voilà si vous voulez rencontrer la fougueuse Ombe et sa moto, Walter le chef de l’Association, Miss Rose la seule personne qui arrive à impressionner Ombe, et d’étranges Créatures, dépêchez vous de lire ce livre ! 😉

L’avis de Lelf avec qui je suis en tout point d’accord, est par ici ! 🙂

A comme Association, Tome 1 : La pâle lumière des Ténèbres d’Erik L’Homme

Jasper vit à Paris, va au lycée et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Depuis peu, il fréquente aussi le 13, rue du Horla, l’adresse ultra secrète de l’Association. L’organisation a repéré chez lui des aptitudes certaines pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Armé d’une bombe lacrymogène au jus d’ail, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d’ail !

Première phrase : Je m’appelle Jasper. Pourquoi pas Gaspard, comme tout le monde, ça il faut le demander à mes parents.

Edition : Gallimard Jeunesse

Nombre de page : 154

Mon avis :

Enfin je l’ai lu ! Depuis le temps que j’en entendais parler, que je voyais les chroniques fleurirent sur la blogosphère littéraire, qu’on me parlait de Jasper et de ses jeux de mots foireux, j’ai enfin pu enfin juger par moi même 😀

Les premières pages du livre sont une introduction d’Erik L’Homme qui explique le projet que Pierre Bottero et lui avait, à savoir une association entre eux, mais aussi entre leurs éditeurs particuliers. C’est de cette association qu’est né A comme association, Jasper et Ombe, et tous ces personnages fantastiques. Malheureusement Pierre Bottero est décédé avant la publication de ces livres, Erik L’Homme les a quand même publié et explique pourquoi dans cette introduction très émouvante.

Maintenant l’histoire ! On fait tout de suite connaissance avec Jasper, ses blagues, son auto-dérision, et sa narration très prolixe et romancée 😛 Jasper comme il le dit si bien, « fait de l’esprit comme Monsieur Jourdain faisait de la prose », cet esprit présent tout au long du roman, tourne en dérision tout ce qu’il accomplit, qu’il soit avec ses amis ou un démon qui n’a qu’une envie : le manger, ces jeux de mots sont toujours présents et le sauveront de plusieurs situations embêtantes ! Personnellement, j’ai adoré son humour ! 😀

Tout au long du texte, on en apprend un peu plus sur l’Association, sur la magie… Les pierres, les herbes, et tous les éléments de la nature y sont très importants, il faut aussi parler aux objets pour qu’ils deviennent magiques, et pas dans n’importe quelle langue ! Plus la langue est vieille, mieux c’est.

Ayant assisté à une conférence avec Erik L’Homme au salon du livre, j’ai retrouvé certaines idées qu’il avait abordées, comme celle sur l’école par exemple : « l’école évoque pour moi d’innombrables heures d’ennui, un ennui trompé par mille rêveries ». Tant mieux pour nous, grâce à ces rêves on a des livres ! 😀

Des clins d’oeil à la littérature fantastique telle qu’Harry Potter, le seigneur des Anneaux ou encore Dracula sont disséminés partout dans le roman, du noms des rues au poster dans la chambre de Jasper, ce qui est assez sympatique et amusant =)

Pour conclure : Dans ce premier tome nous sommes entraînés à 100 à l’heure dans un tourbillon d’humour, d’énergie, et de bonne humeur ! Alors allez-y, lisez-le ! 😉