Correspondance 1923-1941 de Vita Sackville-West et Virginia Woolf

Correspondance 1923-1941 - Woolf-Sackville West

C’est au cours d’un dîner, en 1922, que Virginia Woolf rencontra Vita Sackville-West, qui allait être, jusqu’à sa mort, une des personnes les plus importantes de sa vie. En lisant leur correspondance, qui se poursuivit sur plus de dix-huit ans, on ne peut douter de la profondeur de la passion indestructible qui lia ces deux femmes exceptionnelles. Vita-Sackville West excellait dans l’art de la correspondance, que ce soit pour dépeindre les jardins anglais, les montagnes de la Perse ou les déserts de l’Arizona. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme. Virginia Woolf, pour sa part, se débattait sans cesse dans les affres de l’enfantement de « sa » vérité de l’écriture. À travers cette correspondance, c’est un nouvel aspect de son fascinant et multiple visage que nous apprenons à connaître.

Première phrase : Chère Mrs Woolf, je vous écris cette lettre ce soir, parce qu’il me semble que vous m’aviez dit que vous partiez pour l’Espagne le 27 et je tiens à ce que vous ayez ce mot avant votre départ.

Edition : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 689

Mon avis : 

Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup, énormément, passionnément, à la folie, Virginia Woolf. Et j’aime aussi beaucoup les correspondances. Je trouve qu’elles permettent de rentrer dans la vie de l’auteur par une petite porte, et de vivre avec eux pendant un moment de leur vie. De plus, la forme épistolaire donne un aspect un peu plus dynamique qu’une autobiographie, ou qu’un journal. Alors imaginez donc quand j’ai mêlé ma chère Virginia à une correspondance dont elle une des auteurs… 

Cette correspondance est très intéressante car elle s’étale sur un long laps de temps, de 1923, date de sa rencontre avec Vita, à 1941, année de sa mort. Cela qui nous permet de voir l’évolution de la relation entre les deux correspondantes, et les évènements importants qui se passent dans leur vie. 

vita1919Je ne connaissais pas Vita Sackville West avant d’entamer cette correspondance, et je n’ai toujours rien lu d’elle, mais ça devrait être fait dans l’année sans aucun doute, même si elle n’est pour l’instant que peu traduite en français. C’était un écrivain prolifique et variée : romans, essais, biographies, traductions, carnets de voyage et poésies, sont passés sous sa plume. A travers cette biographie on découvre une femme croyant en ses convictions, libre,  fougueuse, et indépendante. Cette correspondance nous permet bien de voir les différents aspects de sa vie.  Épouse d’Harold Nicholson de qui elle fût très proche. Bisexuels tous les deux, ils ont vécu dans un mariage libre avec chacun des aventures homosexuelles à côté. Elle s’installa avec lui dans les différents pays où il fut nommé ambassadeur (Allemagne, Perse). Femme, à travers ses liaisons, les dîners, les réceptions… Mais aussi et surtout, écrivain. 

virginia20woolf1Passons maintenant à Virginia Woolf. Elle apparaît plus fragile que Vita de par sa maladie et ses migraines fréquentes qui l’empêchent beaucoup plus de voyager. Mais, tout comme Vita, c’est une femme forte avec un esprit indépendant et dont les œuvres ont chamboulé la littérature. Si elle est relativement souvent malade, durant les périodes où elle va bien c’est une femme très dynamiques, qui sort et voit du monde. Elle a un jugement acéré et vif sur beaucoup de personnes et le regard qu’elle porte sur eux peut parfois être assez amusant. On la découvre également en tant qu’éditrice, en effet, elle et son mari Léonard ont commencé cette activité en 1917 comme un loisir, mais c’est rapidement devenu une activité professionnelle à part entière et ont été les premiers à publier des ouvrages de psychanalyse. La maison publia une grande partie de l’oeuvre de Virginia, un peu de celle de Vita et quelques ouvrages de certains membres du club de Bloomsbury.

L’évolution de leur relation se voit de manière très claire grâce à cette correspondance. Elles ont toujours été des amies proches, et on peut mettre en doute le fait que leur amour a déprécié avec le temps. Pour ma part, je pense qu’il y a eu certaines périodes où elles ont été moins proches, en partie « à cause » des escapades de chacune mais un fort sentiment les a toujours lié, et je pense que Virginia a toujours été amoureuse de Vita. Cette dernière, pour sa part, ressent une grande admiration envers Virginia qui n’a jamais faiblie. Et toutes les deux sont toujours très tendres, et veillent mutuellement l’une sur l’autre.

Passons maintenant au contenu de ses lettres, que peuvent bien se dire deux femmes intellectuelles pendant près de 20 ans ? Et bien elles parlent de la société qui gravite autour d’elles, de littérature, d’écriture, de voyages, d’excursions prévues, de quand vont-elles se revoir (très compliqué parfois), de leur vie quotidienne, de l’actualité… 

Concernant la société, cette correspondance nous en offre un bel aperçu. Surtout que Virginia évoluait dans le club de Bloomsbury, un ensemble d’intellectuels et d’artistes (Keynes, les Woolf…) qui se réunissait souvent pour parler de choses et d’autres et dont les idées étaient proches, du moins sur le sens de l’esthétique. On les croise souvent au détours d’une réception à laquelle l’une ou/et l’autre a été et nous est souvent rapporté quelques sujets de conversations qui ont eu lieu. 

Au sujet de l’écriture et de la littérature, ces deux auteurs nous offrent de beaux échanges, elles se demandent ce qui différencie intrinsèquement la poésie du roman, se questionnent sur leurs écrits, et parlent beaucoup de la littérature qui leur était contemporaine puisque Vita rédigeait des compte rendu de différents livres qu’elle remettait à Léonard, le mari de Virginia. On a également quelques anecdotes d’éditeurs à travers Virginia et la Hogarth Press.

Au niveau des voyages, Vita passe longtemps de temps en Perse et visite une partie du pays, dont elle fait profiter Virginia à travers ses très belles descriptions des paysages, des gens, des coutumes, etc… Elle va également aller à Berlin, qu’elle détestera et dont les commentaires seront donc beaucoup moins enthousiasmes que pour la Perse. Elle découvrira également les Etats-Unis mais les délais de distribution des lettres étant long et  y passant peu de temps, nous avons peu de lettres en parlant, mais toutes sont enchantées.  Virginia fait quelques excursions en France mais elle reste globalement en Angleterre. 

Un petit mot maintenant sur l’édition qui a été très bien faite. Les lettres sont séparées en plusieurs périodes, avec pour chacune un petit résumé au départ qui explique ce découpage. Il y a pas mal de notes qui permettent de comprendre de quoi les deux correspondantes s’entretiennent quand c’est très relatif à leur époque et un des fils de Vita a collaboré avec les éditrices pour apporter le plus de précisions possibles quand il le fallait. 

Dans le style, on retrouve les écritures différentes de Virginia et de Vita, mais toutes les deux dégagent une grande tendresse, une complicité et une véritable vitalité.

En résumé : lire les lettres de deux femmes d’un tel talent est un régal, des écritures magnifiques, une vie romanesque pour Vita, passionnée pour Virginia, j’avais l’impression de les connaître. Leur correspondance se lit comme un roman, on a envie de savoir ce qui va leur arriver, quand elles vont se revoir, comment avances leurs romans… Forcément, parfois elles parlent tellement de leur prochaine rencontre que l’on est déçu de ne pas la voir raconter, mais c’est le jeu avec l’épistolaire ! 

« Quand il ne s’agit que de penser, on arrive à farder les réalités, à les surmonter, à expliquer, à excuser. Mais si on écrit les choses, elles se séparent les unes des autres et deviennent disproportionnées et, par suite, un peu irréelles. »
Virginia Woolf, dans la lettre du 31 janvier 1926

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Quelques livres en vrac… (4)

Après quelques mois d’absence (révisions, orientation, bac (que j’ai eu), décontraction, vacances) me voilà de retour, et je l’espère plus régulièrement.

Tout d’abord, un petit récap. J’ai lu pas mal de livres ces derniers mois, surtout durant les vacances, pas autant que je l’espérais évidemment mais c’est souvent comme ça !

Je commence à la rentrée une licence de lettres modernes parcours édition (quelques cours spécialisés dans ce domaine et stage lors du dernier semestre de la licence). J’espère que j’aurai le temps de chroniquer quelques livres fréquemment, et peut-être même les livres étudiés en cours : Madame Lafayette et Marivaux me voilà ! En tous cas je suis vraiment ravie de faire ce parcours et j’ai hâte de voir comment ça va être.

 Passons maintenant aux livres que j’ai lu cet été :

Une chambre à soi - Woolf Une chambre à soi

Virginia Woolf

Première rencontre avec cette femme hors paire (et pas la dernière !), je commence donc par un essai. Et quel essai ! Virginia Woolf expose le besoin qu’a une femme d’avoir une pièce pour elle uniquement où elle pourrait écrire en toute tranquillité et ce qui permettrai une grande avancée dans la condition littéraire de la femme. Mais pas que ! Tout d’abord, l’essai est mis en scène : nous sommes à Oxbridge, où les bibliothèques sont interdites aux femmes si elles n’ont pas d’autorisation, idem pour la pelouse. Les règles sont posées, nous sommes dans un monde où les femmes ont besoin du conscentement masculin pour faire quoi que se soit. Virginia pose alors la question : comment une femme peut-elle réfléchir, écrire, penser, si elle ne peut être seule à aucun moment ? Elle pose alors deux postulats, pour que les femmes puissent se voir accorder une place importante dans la littérature il leur faut : une chambre où il est possible de s’enfermer à clé, et 500 livres de rente, au point de préférer cette dernière condition au droit de vote qui venait d’être accordé en Angleterre. L’essai est divisé en plusieurs chapitres qui traitent de choses différentes. Dans le premier, elle cherche des livres sur la condition féminine pour expliquer le fait qu’elle soit si différente de celle des hommes, et décide de chercher chez les « doctes », mais s’aperçoit bien vite qu’ils ne sont jamais d’accord, et surtout, qu’il n’y a que des hommes qui ont écrit des livres sur les femmes s’en faisant une spécialité. Un par exemple, est basé sur l’hypothèque que Shakespeare aurait eu une sœur aussi talentueuse que lui, mais qu’à cause de la pression des hommes elle n’aurai jamais réussi à s’élever et pire, serai morte déchue. Dans d’autres, elle compare la littérature écrite par des hommes à la littérature écrite par des femmes, en évoquant de grands auteurs et surtout, parlant en beaucoup de bien de Jane Austen. L’écriture est un fleuve, on navigue au gré de la pensée de Virginia qui nous est livré comme brute, bien qu’on sente qu’il y a derrière une grande réflexion et un important travail sur les mots.

Edition 10/18

Clarissa - ZweigClarissa

Stefan Zweig

Ce livre là me tentait depuis un bon moment mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’acheter, et puis la demoiselle de ce blog me l’a offert pour mon anniversaire, donc me voilà partie en voiture vers la mer avec.
C’est une petite nouvelle qui se lit vite et qui est très entraînante. L’histoire se déroule sur plusieurs années et on ne cesse de rencontrer des personnages qui viennent et repartent dans le livre. Parfois on les recroise, parfois pas, mais ils restent toujours présents à notre esprit tant ils sont marquants. Clarissa est une femme discrète et très attentive aux autres mais qui ne laisse rien voir d’elle-même. On la découvre petit à petit dans ses rapports aux autres, dans les choix qu’elle fera, dans ses doutes, ses convictions. C’est une femme engagée et fidèle a qui on s’attache énormément tout au long du roman. J’ai vraiment tout aimé dans ce livre : le père de Clarissa, un homme très peu démonstratif mais aimant pour qui la stratégie militaire est toute sa vie, son frère, son amant et la liberté de leur relation, l’époque décrite : l’entrée dans la première guerre mondiale… Zweig signe encore là un merveilleux portrait de femme qui prend vie dans la grande Histoire dans cette nouvelle qui est un véritable bijou à lire absolument !

Edition Le Livre de Poche

Mrs Dalloway - WoolfMrs Dalloway

Virginia Woolf

Je poursuis ma découverte de cette grande dame, de ce génie, qui n’a pas eu besoin de plus des quelques pages de l’essai dont j’ai parlé précédemment pour me convaincre de son talent. Après l’essai, le roman.
On ne peut pas dire qu’il se passe grand chose dans ce livre, en effet Virginia Woolf veut nous décrire « la vie d’une femme concentrée en une seule journée ». Pas qu’il ne se passe rien dans la vie d’une femme, on a à travers cette journée tous les petits gestes habituels mais aussi des rencontres qui ravivent le passé et l’on passe d’une conscience à une autre qui nous fait vivre ce passé à travers des souvenirs. On suit donc Clarissa Dalloway mais aussi un homme revenu de la guerre qui ne ressent plus de sentiments et qui tombe dans la folie peu à peu, homme qu’on perçoit à travers ses yeux mais aussi ceux de sa femme, ceux du médecin, ceux de Mrs Dalloway qui le croise dans la rue… Le roman est ainsi fait de passages de relais entre deux consciences qui nous font voyager entre différents personnages plus ou moins liés. Le style de cette dame est toujours enchanteur et extrêmement raffiné, on pourrait noter chaque phrase en citation. Beaucoup d’allusions, certaines directes d’autres moins, sont faites à la mer, aux vagues, et à l’eau en général, ce qui est assez éclairant, surprenant ou stupéfiant quand on connaît la manière dont elle s’est suicidée… Je garde donc l’image d’un roman avec quelques longueurs mais qui se font oublier par le style magnifique et qui mérite une relecture car je pense qu’on n’en saisit pas toute la richesse à la première lecture. Pour l’instant j’ai préféré son essai.

Edition Folio Classique

L'ignorance - KunderaL’ignorance

 Milan Kundera

Je continue ma découverte de cette auteur à petit pas. Ce livre évoque le rapport que nous avons au temps, et plus particulièrement à notre passé. A travers Iréna et Joseph, immigrés de Prague pour Paris pour la première et pour le Danemark pour le second. Chacun retourne à Prague vingt ans après leur départ, et y éprouve un sentiment de rejet de la part des autres qui ne leur posent aucune question sur leur vie ailleurs. Eux se sentent incomplets sans leur vie à l’étranger qui fait partie d’eux, les autres leur refusent leur nouvelle identité, s’ils veulent revenir il leur faut oublier ces 20 ans. Tant Sylvie, l’amie française d’Iréna que les praguois, ne comprennent pas que ces immigrés n’éprouvent pas de nostalgie pour leur pays, et pour cause, ils ont maintenant la nostalgie de leur pays d’accueil. Evidemment, ces deux protagonistes vont se croiser, une nouvelle fois car ils s’étaient déjà aimé dans leur jeunesse, et une réflexion en naîtra. L’écriture est intéressante car elle mêle récit et paragraphes qui se rapproche de l’essai qui explicitent un peu l’histoire par une comparaison à Ulysse et à son retour à Ithaque après 20 ans d’absence. En résumé, une réflexion intéressante sur le besoin qu’on a de son passé pour vivre.

Edition Gallimard nrf

Millenium 3 - StiegMillénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air

Stieg Larsson

Voilà, dernier tome de la sublissime (oui, au moins) saga Millenium achevé. Je dois dire que je suis en deuil à l’idée de ne plus revoir Mickaël et Lisbeth dans des aventures haletantes et complexes comme ce le fut pendant ces trois tomes (franchement Stieg, t’aurais pu rester en vie un peu plus longtemps…). En tous cas, on peut dire qu’il finit sur un tome magnifique ! Toujours mêlant le thriller, l’économie, la politique, la police, le journalisme d’investigation, le droit des femmes, dans des affaires qui s’élèvent à un niveau international. En effet, le grand méchant de l’histoire n’est rien d’autre qu’un ancien espion russe ayant trouvé terre d’asile en Suède contre des renseignements… Nous entrons dans la SAPO, la police secrète de Suède, où un grand complot s’est monté. Le talent de Stieg Larsson est de nous offrir de nombreux personnages au charisme fort et à la personnalité nuancée, tant ceux qui sont du « bon » côté que ceux qui sont du « mauvais », mais surtout des enquêtes ultra documentées qui ne font qu’enrichir en permanence la qualité non contestable du roman. L’écriture est rapide, efficace mais avec une véritable verve. Pour moi ce tome est le meilleur et rattrape merveilleusement bien le tome deux que j’avais trouvé par moment un peu lent. En bref : à lire ABSOLUMENT !!

Edition Actes Sud


L'homme à la colombe - GaryL’homme à la colombe 

Romain Gary

Depuis que j’ai découvert cet auteur il y a trois ans, je découvre ces œuvres peu à peu, et celle ci me tentait tout particulièrement. Romain Gary a travaillé un moment à l’ONU à un haut poste, et s’est rendu compte très rapidement de la vacuité de cette organisation. Ce livre à la plume acerbe et sans appel dénonce de manière très directe les Nations Unis, après Albert Cohen et son roman Belle du Seigneur dans lequel est dénoncée la Société des Nations à travers ses employés qui font des cocottes en papier dont la taille varie selon l’importance ce l’employé (et ce n’est qu’un exemple parmi les moyens qu’emploie Cohen pour dénoncer cette institution…), nous avons Gary et l’ONU. C’est à l’occasion de ce roman qu’il utilisa un pseudonyme, car lors de la parution de ce livre, il travaillait encore à l’ONU. Autant, la manière d’écrire et les descriptions de l’ONU m’ont fait beaucoup rire, autant l’histoire que Gary met en place pour développer cette critique ne m’a pas convaincue du tout. D’ailleurs, je m’en souvient déjà presque plus… Je conseillerai donc de seulement lire les extraits qu’on peut trouver sur internet qui peuvent être un bon aperçu de la satyre qu’est ce livre.

Edition Gallimard, L’imaginaire

Voilà pour les livres ! Il y en a eu d’autres, mais je n’éprouve pas l’envie de les chroniquer, et un article suivra consacré entièrement à Lire Lolita à Téhéran de Azar Nafisi.

J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, que si vous y êtes encore vous en profitez bien, et que si vous n’en avez pas encore eu qu’elles seront reposantes ! Bonne fin d’été à tous ! 🙂

Quelques livres en vrac… (3)

Bonjour à tous !

Plus d’article depuis un moment sur ce pauvre petit blog, et la faute au bac (uniquement et seulement, pas du tout à cause d’une petite baisse de motivation !). Mais il y a néanmoins quelques livres que j’ai lu dont j’aimerai vous parler, donc je vais uniquement faire des petits avis rapides.

La vie rêvée d’Ernesto GLa vie rêvée d'Ernesto G - Guenassia
Jean-Michel Guenassia

Après Le club des incorrigibles optimistes (dernier livre de la liste) qui avait déjà été un coup de cœur  j’ai renoué avec l’écriture entraînante de cet auteur passionnant dès la sortie de son second livre. Et c’est de nouveau un coup de cœur ! A travers ce roman nous vivons une véritable fresque historique composée des événements historiques majeurs, de chassés-croisé de personnages, de différents pays , de nombreuses villes… Un aperçu fictionnel mais néanmoins réaliste de l’Europe du XXè siècle. Tout commence et s’achève à Prague mais nous passons entre temps à Paris, à Alger, à Chamonix… On croise un pléthore de personnages hauts en couleurs qui se révèlent peu à peu et au sujet desquels on ne sait parfois que penser. Les périodes qui m’ont le plus plu sont celle à Alger, qui m’a permis de découvrir cette ville et de voir la seconde guerre mondiale d’un point de vue plus extérieur, et celle à Prague, lorsqu’on suit Héléna, la fille de Joseph et son improbable histoire d’amour avec ce légendaire Ernesto G… La vision proposée par l’auteur de la Guerre Froide est passionnante et j’espère pouvoir visiter Prague un jour après y avoir imaginé une telle histoire. Un roman envoûtant et instructif qui nous plonge dans les méandres d’un siècle si riche.

Editions Albin Michel
535 pages

La valse aux adieux - KunderaLa valse des Adieux 
Milan Kundera

Après avoir découvert Prague par le livre précédent et d’avoir eu la chance de discuter et d’échanger quelques mails avec son auteur qui m’a conseillé du Kundera je me suis plongée dedans sans trop attendre !  Au final je n’ai pas vu beaucoup Prague mais j’ai énormément aimé. Dans ce genre de roman, ce n’est pas vraiment l’histoire qui est utile, mais ce qu’elle sert à amener comme réflexion. Ici elle est plutôt simple, un homme qui trompe sa femme dont la maîtresse tombe enceinte. Toute une réflexion philosophique autour de la jalousie, du rapport à autrui, de la liberté… Avec un fond politique qu’on peut apercevoir en filigrane qui plane sur tous les habitants de cette agréable ville d’eau. Dernier point, le style de l’auteur qui est très brut et simple mais néanmoins d’une finesse rare. Je retenterai très prochainement une escapade dans l’univers si plaisant de Milan Kundera.

Editions Folio
328 pages

Platon et son ornithorynque entrent dans un bar, la philosophie expliquée par les blagues (sans blagues ?)Platon et son ornithorynque - Cathcart & Klein
Thomas Cathcart & Daniel Klein

Les titres font quand même généralement beaucoup dans notre choix de livres… Et celui-ci est quand même assez irrésistible. Le livre est divisé en plusieurs parties qui renvoient chacune à un thème de la philosophie (métaphysique, logique, épistémologie, existentialisme, philosophie politique et sociale…) chacun étant sous divisé en plusieurs catégories reflétant les différentes mouvances philosophiques. Et ainsi, chaque concept est expliqué tout d’abord par les auteurs dans des termes simples et de manière amusante puis illustrée par des exemples sous forme de blagues. Pour tout dire, leur explication de Descartes me l’a fait apprécier… ce qui n’était pas une mince affaire ! Certaines blagues sont très drôles, d’autres un peu moins mais on passe un très bon moment tout en s’instruisant car si c’est expliqué de manière accessible ce n’est pour autant pas vulgarisé. Alors à votre philo !

Editions Seuil
254 pages

Nos étoiles contraires - GreenNos étoiles contraires
John Green

Alors voilà, je ne lis quasiment plus de littérature jeunesse, mais là j’ai succombé à cause de facteurs divers. On suit Hazel et Augustus, tous les deux atteints d’un cancer. Il y a plus réjouissant je vous l’accorde. Et effectivement on pleure (beaucoup) mais on rit aussi, et il y a une force et une luminosité dans ce roman si sombre qui font qu’on en sort pas totalement déprimé (juste un peu). L’écriture est très fluide et une fois ouvert on ne le referme que la dernière page tournée et les yeux qui brillent d’émotion. Une belle histoire qui nous prend au cœur et qu’on n’oublie pas rapidement.

Editions Nathan
331 pages

Gatsby le Magnifique Gatsby le magnifique - Fitzgerald
Francis Scott Fitzgerald

Lu pour mon cours d’anglais, j’ai peu aimé ce roman à cause de ses personnages creux et superficiels qui m’agaçaient au plus haut point et qui rendent la lecture pénible, et l’analyse qu’on en a fait en cours a confirmé cela. Mais j’étais en désaccord avec l’analyse concernant Daisy principalement, or j’ai été voir le film (que j’ai beaucoup aimé, plus que le livre d’ailleurs, il le respecte bien en y ajoutant même certain éléments et en accentuant le thème des années folles) et il propose une adaptation avec laquelle je suis plus en accord, donc j’ai été un peu réconciliée avec ce livre mais pas au point de le relire ! Cependant je conseille le film, très beau et entraînant.

Editions Folio
202 pages

Les trois romans suivants ont été lus dans le cadre du prix Relay pour lequel j’ai été sélectionnée pour faire partir du jury, et les minis avis que voici sont à peu de mots près ceux que j’ai envoyé comme critique.

Yellow birds - PowersYellow Birds 
Kevin Powers

Me voilà  embarquée en Irak malgré le fait que ce roman ne se rapproche pas du tout de ce que je lis habituellement. Les périodes de combats alternent avec les chapitres d’avant et d’après guerre et j’ai été plus conquise par le style d’écriture de la première, plus rapide, vif et brutal qui reflète la violence, que par celui plus posé et lent, plus descriptif qui montre le désarroi et le mal, voir l’incapacité que le soldat a à revivre une vie normale après les horreurs des conflits. Psychologiquement la seconde partie m’intéressait plus, mais son style a fait que j’ai eu du mal à me concentrer dessus. Le roman s’accélère à la toute fin, et cette accélération aurait été la bienvenue un peu plus tôt dans le roman.
Finalement, un roman nécessaire qui informe sur la guerre et ses conséquences sur la vie d’un homme mais qui ne m’a pas convaincu plus que ça…

Editions Stock 
264 pages

Luke et Jon9782841115105
Robert Williams

Un roman agréable, qui se lit très vite et facilement avec comme thème une relation amicale entre deux adolescents, l’un ayant perdu sa mère et dont la pensée du deuil est le fil rouge du roman, l’autre un garçon un peu excentrique qui se fait violenter au collège. Deux thèmes difficiles à évoquer, et encore plus du point de vue adolescent. Et pourtant l’auteur réussit avec brio à les transcrire avec un style simple mais élégant et beaucoup d’humour malgré les situations parfois graves qui y sont présentées. Les personnages sont attachants et la narration intéressante, on alterne souvenirs et présent sous forme de très courts chapitres, ce qui rend la lecture très fluide. Il m’a malgré tout manqué un petit quelque chose, le petit plus qui fait que j’aurai accroché totalement.
Au final, une histoire vite lue avec plaisir et sourires mais à laquelle il manque un petit peu de pep’s.

Editions Nil
222 pages

Crime d'honneur - ShafakCrime d’honneur
Elif Shakaf 

Un livre dont on ne ressort pas indemne ! Une multitude de personnages avec des liens de parentés plus ou moins proche dans lesquels on se perd souvent au début mais qu’on finit par comprendre au fil des pages par la découverte des caractères bien propres à chaque personnage. On voyage entre la Turquie et l’Angleterre avec cette famille Kurde qui va se séparer pour prendre des chemins différents. Amour et religion, respects des valeurs traditionnelles et volonté de s’adapter dans un pays occidental, sont autant de thèmes qui s’entrechoquent et se croisent tout au long de ce magnifique roman plein de vie et de personnages passionnants. Le roman s’étale à travers plusieurs générations, on suit donc plusieurs personnages et l’évolution de leur vie ce qui donne un très bon rythme au roman qu’on ne lâche que difficilement.
Pour conclure, un livre à lire, qui montre un choc des cultures de manière grandiose à travers un fabuleux roman qui ne laisse pas indifférent.

Editions Phébus
416 pages 

Voilà quelques avis rapides qui permettent de faire revivre un peu le blog d’une manière qui ne me prend pas trop de temps ! Effectivement le bac avance à grands pas et je suis en train de me mettre à jour dans mes fiches (plus que deux chapitres de philo !) et de réviser les chapitres déjà appris, donc je ne pense pas avoir le temps de revenir d’ici la fin des épreuves qui est le 21 juin.

Sinon, j’ai fêté mes 18 ans et j’ai eu deux livres à cette occasion qui me tentent énormément et que je pense lire pendant les vacances, et je me suis fait un petit cadeau également, ont donc rejoint ma bibliothèque : Belle du Seigneur d’Albert Cohen, Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi et Mon journal, morceaux choisis de Marie Bashkirtseff, une artiste au haut tempérament de le fin du XIXè siècle que je suis en train de lire.

Sur ce, je nous souhaite que le soleil revienne afin qu’on puisse de nouveau sortir un peu lire sur l’herbe !  Et en attendant, bonne lecture au chaud sous la couette…

Quelques livres en vrac … (2)

Me voilà revenue de vacances et ayant lu une bonne dizaine de livres pendant celles-ci, je vais reprendre le principe des avis rapides (premier volet ici) pour une bonne partie des livres lus, sauf pour quelques uns qui auront le droit à un article pour eux tout seul (les chanceux).

Commençons par les quelques uns que j’ai abandonné lâchement, par manque de motivation et par l’envie de lire un livre avec plaisir au soleil.

Lignes de Faille
Nancy Huston

Ce livre se divise en quatre parties, chacune consacrée à un membre de la famille, on remonte dans le temps à travers des périodes de vies des quatre narrateurs. Je me suis arrêtée à la fin de la première partie car elle ne m’avait vraiment pas été agréable à lire. On a le point de vue d’un enfant de six ans avec des capacités mentales hors du commun, et ce qu’il dit ammène une ambiance malsaine et montre l’enfant comme manipulateur. Ce n’est pas le genre de chose qui me gêne en littérature habituellement, donc ce n’était peut-être pas la bonne période pour lire ce roman, ou alors le fait que ce sentiment soit attribué à un enfant, le renforce et le rend encore plus pesant. Peut-être le reprendrais-je plus tard.

Editions Acte Sud
481 pages, 21.60 euros

Blue Jay Way
Fabrice Colin

Je n’ai vu que des avis positifs sur ce livre, et comme il est en plus sorti chez Sonatine c’était pour moi une valeur sûre. Eh bien que nenni, je vais faire dissonance mais je n’ai pas du tout apprécié ce roman, mais je pense que c’est tout à fait personnel. On est plongé dans la jeunesse hollywoodienne et ce que ça comporte : excès en tous genres : drogues, alcools, sexe. Donc déjà c’est pas mon truc cette ambiance, et en plus j’ai trouvé que ça faisait cliché. Le personnage central m’énervait ainsi que les autres. Je n’ai pas accroché à l’écriture : les dialogues font faux et surjoués, type mauvaise série policière, et la construction du récit ne m’a pas plue. Bref, aucun regret de l’avoir arrêté.

Editions Sonatine
481 pages,  22.30 euros

Voilà pour les abandons, il y a aussi eu Petits suicides entre amis d’Arto Paasilino, mais je pense qu’il peut me plaire, c’était juste pas le bon moment, je le finirai bientôt je pense. Passons aux autres livres :

Les Hirondelles de Kaboul
Yasmina Khadra

Avec ce livre, je finissais le triptyque Orient/Occident que nous offre Yasmina Khadra. Après l’Irak et l’Israël, c’est maintenant l’Afghanistan que décrit l’auteur. Le livre commence fort, et nous décrit la place des femmes dans la sociétés et l’occupation du pays par les talibans à travers deux couples très différents. Nous suivons leur vie et les rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec leur pays. Cette partie est riche d’informations, mais la fin du roman devient totalement romanesque et semble invraisemblable, ce qui décrébilise le reste du livre. Un peu déçue par ce tome, et L’attentat reste donc celui que j’ai préféré.

Editions Pocket
149 pages, 5.70 euros

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates
Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Ce livre avait fait grand bruit à sa sortie en 2009 et il traînait dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps et la mère de ma meilleure amie m’a convaincu de l’en sortir, c’est donc chose faite. Et je ne regrette pas ! Il est sous forme épistolaire, genre que j’apprécie, et on suit Juliet, jeune femme anglaise, auteure à succès qui va découvrir peu à peu les habitants de Guernesey. Le ton est léger mais raconte toutefois des épisodes de l’histoire qui le sont moins, l’occupation de l’île, les restrictions alimentaires, les rapports avec les allemands et à travers Elizabeth, jeune femme qui est le fil rouge du récit sans qu’elle ne soit jamais présente, les camps et les traitements qu’on y infligeaient aux prisonniers. Mais le livre reste très frais et agréable à lire, les nombreuses anecdotes m’ont fait sourire et même si tout est assez prévisible, c’est un bien joli livre.

Editions 10/18
411 pages, 8.80 euros

Un soupçon légitime
Stefan Zweig

Je continue ma découverte de cet auteur à travers ses nouvelles. Celle ci n’est pas une des plus réussi que j’ai lu, il n’y a pas de chute époustouflante, c’est assez attendu, tout l’art de cette nouvelle réside dans la narration et la subjectivité de la narratrice dont les sentiments sont comme toujours, admirablement décrits.

Editions Grasset
81 pages, 10.20 euros

La Peur
Stefan Zweig

Encore une nouvelle de ce remarquable auteur, et mieux réussi à mon goût ! Celle-ci est plus longue ce qui permet de faire monter crescendo le sentiment dominant du récit, qui est, vous l’aurez deviné, la peur, mais aussi l’appréhension et la honte. Le personnage du mari m’a beaucoup plu, ainsi que les échanges qu’il a avec sa femme (très peu nombreux). La chute est vraiment très belle, tout en restant surprenante comme je les aime.

Editions Le Livre de Poche
54 pages pour la nouvelle, 22.30 euros l’intégrale

Les chaussures italiennes
Henning Mankell

Déjà, j’adore la Suède. Je rêve d’y aller, sans savoir vraiment pourquoi mais c’est assez magnétique, donc un livre suédois ne pouvait rester longtemps dans  ma PAL. Je n’ai pas été déçue, l’auteur arrive parfaitement à nous immerger dans cette île perdue de la Baltique où habite seul Fredrick Welen. Les personnages sont tous très marquants et tous marginaux, ils vivent presque tous coupés du monde ou du moins coupé de la civilisation telle qu’on la définit aujourd’hui. Les thèmes abordés comme la vieillesse, la mort, les promesses et le mensonge, sont excellemment bien traités, d’une manière crue mais à la foi très douce grâce au style de l’auteur. Celui-ci est très épuré et agréable et comme dit plus haut, rend parfaitement les impressions des lieux. Les sentiments sont également parfaitement rendus, et l’émotion est au rendez-vous. Il s’avale en très peu de temps, plongez-vous y sans hésiter !

Editions 10/18
373 pages, 7.60 euros

Le club des incorrigibles optimistes
Jean-Michel Guenassia

Et me voilà replongée dans l’Europe de l’après guerre, c’est un peu obsessionnel cette période pour moi en ce moment, mais tant que je ne tombe que sur des bons livres ce n’est pas près de cesser ! Nous suivons Michel, un jeune garçon dans les années 60, qui va se lier d’amitié avec les membres d’un club d’échecs qui sont tous des pays de l’Est (URSS, Tchécoslovaquie, Pologne).  L’histoire de Michel n’est pas seulement celle d’une adolescence à Paris, mais une chronique de la vie parisienne en plein Gaullisme, dans une famille qui parle de la guerre d’Algérie, d’engagement, de déchirements mais aussi d’amitiés précieuses. Ces chapitres sont entrecoupé d’autres sur l’histoire des principaux membres du club et ce qui les a fait arriver en France, l’abandon de leur famille pour vivre dans une grande instabilité, avec leur attachement nostalgique au socialisme en arrière plan. Les retours en arrière sont très bien fait et comme j’aime beaucoup apprendre sur l’URSS, ça m’a forcément plu. Des histoires de croisent, des secrets résistent jusqu’à la fin du livre et les personnages sont tous extrêmement attachants et le mot optimiste n’est pas pour rien dans le titre, on lit le sourire aux lèvres ! Je conseille très fortement ce coup de coeur dont on dévore les 700 pages !

(Et on file voir la chronique de Diabazo qui est superbe et totalement en adéquation avec ce que je pense du livre ! )

Editions Le Livre de Poche
730 pages, 8.50 euros

Voilà un tour d’horizon sur une partie de mes lectures de l’été, on revient normalement à Simone de Beauvoir ou Sartre pour le prochain article ! (Obsessionnel vous dis-je, obsessionnel.)  

Un Jour de David Nicholls

15 juillet 1988.Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d’une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s’attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes où la splendeur d’aimer a fait chavirer le monde entier.

Première phrase : Je crois que… ce qui compte c’est de faire bouger les choses, dit-elle. D’arriver à les faire changer.

Edition : 10/18

Nombre de pages : 620

Mon avis : 

Déjà, pourquoi ai-je lu ce livre ? A sa sortie, il a fait pas mal de bruit, et j’ai tendance à me méfier des tendances justement. De plus, j’imaginais une histoire d’amour un peu mielleuse et niaise, donc ça ne m’attirait pas plus que ça. Mais, après une chronique de Träumer, je commençais déjà à être un peu plus intriguée, puis il me l’a offert pour mon anniversaire en me disant qu’ayant aimé L’élégance du Hérisson, je ne pourrais qu’aimer ce livre. Forcément, je n’ai pas pu résister du coup, et ajoutons les encouragements d’Anou, me voilà embarquée dans une belle lecture.

Pendant les cinquante premières pages, j’ai adoré les deux personnages à part égale, et je découvrais avec plaisir leur caractère différent mais tellement creusé qu’on a l’impression de les connaître parfaitement ! Je me suis tout de suite identifiée à Emma dans laquelle je me retrouvais autant par son caractère que par ses études, sa manière de vivre différemment des gens de son âge, de juger d’une manière un peu méprisante ce qu’elle n’aime pas, sa manière de se parler à elle même (comme tout le monde sûrement) et surtout j’ai aimé sa vivacité d’esprit et son ton ironique et moqueur.
Mais alors par contre, le fait de m’identifier totalement à elle m’a donné un peu l’impression de voir ma vie s’écrire sous mes yeux, c’est assez perturbant !

Pour Dexter, je l’ai aimé et detesté tellement de fois que j’avais du mal à m’y retrouver ! Sa période totalement barrée m’a agacée vu que c’est un comportement avec lequel j’ai beaucoup de mal. J’ai trouvé une de ses petites amies, comme toute la période d’ailleurs, un peu exagérée au début, mais ses exagérations sont toujours nuancés. Pareil pour Emma, une certaine période est un peu cliché, mais si des périodes sont clichées, n’est ce pas parce qu’elles sont vraies ?

C’est ça qui est agréable en fait, tous les personnages sont nuancés et on n’arrive pas à les détester totalement, ou même à les adorer. Enfin, on les aime quand même, vu que c’est cette nuance qui les rend humain et donc attachants.

Au niveau de l’histoire, c’est un vrai bonbon qui fond, explose et pique en bouche ! Plein de surprises et qu’on déguste avec plaisir en attendant le prochain parfum que l’on piochera dans la boite.

Pour ce qui est de la fin, que je ne dévoilerai pas, je la trouve en total accord avec le reste du livre.

Le format m’a ammené a une réflexion existentielle (hum, hum.) Est-ce que le fait de faire un chapitre par an, qui résume les quelques choses importantes de l’année, ne montre pas un peu qu’en fait notre vie peut se résumer à un chapitre, qu’au fond ce n’est pas grand chose ? Enfin je ne sais pas, parce qu’en même temps c’est tellement intense ce que les personnages vivent que ça ne correspond pas.

En conclusion, une très belle lecture qui m’a ammenée à me poser des questions sur ma vie mais à aussi à m’évader pleinement et avec grand plaisir. Un livre qui parle d’amour et d’amitié mais qui est loin de tomber dans le pathos. A lire !

Oh et je verrai probablement l’adaptation bientôt, je dirai  ce que j’en ai pensé ici (si j’ai des choses à dire) !

Quelques livres en vrac…

Vous aurez remarqué que ce blog est (un peu) en mal d’articles en ce moment. La faute au manque de temps, de motivation et aussi de lectures… Je vais donc faire un billet avec les livres que j’ai lu cette année qui ont été des coups de coeur mais que je n’ai pas chroniqués parce que j’étais en vacances ou autres :). Je rajoute également mes derniers livres lus, juste un petit avis express dessus !

La grammaire est une chanson douce
Erik Orsenna 

C’est un livre très court qui nous transporte dans un monde où les mots sont bien vivants, habitent dans des villages différents selon leur nature grammaticale (j’ai l’impression de revenir en primaire.), sont susceptibles mais précieux pour tous. Ces cent cinquante pages sont un hymne à la langue française et à toutes ses complexités qu’on en vient à apprécier au fil des pages. A faire lire à tous ! (Je l’ai d’ailleurs conseillé à mon frère de 12 ans qui a beaucoup aimé.)

Edition Le livre de Poche
150 pages, 5.00 euros

  La Porte des Enfers 
  Laurent Gaudé

Avec ce roman nous sommes plongés dans un univers noir, dérangeant qui a pour cadre la ville de Naples. Un couple     doit faire face à la mort de leur enfant, deuil qu’ils vont faire en essayant de se venger. Laurent Gaudé mêle avec brio le     fantastique, le mythologique, le drame, le récit épique et encore d’autres genres sans jamais égarer son lecteur, au contraire ce mélange rend la lecture encore plus attractive et prenante. Fortement conseillé !

Edition Acte Sud
266 pages, 19.50 euros

Mémoires d’une jeune fille rangée
Simone de Beauvoir

Cette première partie de la vie de Simone Beauvoir qui va jusqu’à sa vingt-et-unième année est tout simplement passionnante ! Je voulais lire des biographies et plus particulièrement de autobiographies, je me suis donc plongée dans celle-ci pendant les vacances d’été. Je n’ai pas été déçue du tout, au contraire j’ai été passionnée par la vie de cette femme. Je me suis retrouvée dans ses pensées et principes pendant une bonne partie du livre, ses réflexions sur la religion, le mysticisme sont très intéressantes. On découvre avec joie le Paris des années cinquante et la vie mondaine de Simone qui ne reste pas dans la cage imposée à son âge et à son sexe mais qui au contraire brave les interdits et nous entraîne dans les bars et les dancings, lie des amitiés masculines, lis des lectures interdites… N’hésitez pas à vous plongez dedans.

Edition Folio
473 pages,  8.10 euros


L’attentat

Yasmina Khadra

Attention livre choc ! On en ressort retourné, claqué, éprouvé, ébranlé… Vous avez compris l’idée. Nous suivons le docteur Amine, chirurgien à Tel Aviv en Palestine. En soignant les victimes d’un attentat il va découvrir que sa femme en est la responsable. A partir de là commence la descente aux enfers de cet homme : refus, incompréhension, désespoir et quête pour comprendre le geste de la femme qui partageait sa vie. Nous sommes donc plongés dans le conflit israëlo-palestinien et ce roman permet de mieux le comprendre, de l’aborder de l’intérieur, d’en avoir un autre point de vue. Les personnages sont parfaitement réalistes et c’est cela qui effraie le plus. Les différents points de vue permettent à l’auteur de parfaitement rendre compte de la complexité de la situation, tout en restant objectif et impartial. La plume est exquise, tout en poésie et métaphores. Une lecture indispensable.

Edition Pocket
246 pages, 7.20 euros

Le Portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde 

Premier roman que je lis de cet auteur (et le dernier, vu que c’est le seul qu’il ait écrit) et je suis sous le charme de cette plume incisive, ironique, et cruelle pour la société et les rapports humains. L’histoire – un homme qui souhaite conserver sa jeunesse éternellement et qui pour ça enferme son âme et sa vieillesse dans un tableau – est superbe mais ce qui m’a surtout touchée et séduite fût la façon dont l’auteur nous emporte dans le Londres du XIXème siècle grâce aux mots. Oscar Wilde nous livre ici des personnages haut en couleur, Lord Henry remporte de loin la palme du meilleur personnage pour moi ! Sa répartie et sa finesse sont à déguster sans modération. Un chef d’oeuvre !

Edition Le Livre de Poche
285 pages, 3.50 euros

Les Grandes Espérances
Charles Dickens

Une plume délicieuse, des rebondissements, une société anglaise dépeinte avec la plume incisive de Dickesn, des personnages creusés que l’on prend plaisir à suivre dans l’Angleterre du XIXème siècle qui s’industrialise. Une bonne découverte, un peu long, les 700 pages peuvent faire peur mais l’écriture est très contemporaine, on a du mal à croire que ça a été écrit en 1861 ! Miss Havisham et son caractère détestable mais tellement attachant m’ont beaucoup plus, ainsi que Mr Jaggers et ses manières. Je vais sûrement continuer ma découverte de cet auteur avec ses contes de Noël.

Edition Le Livre de Poche
700 pages, 7.50 euros

Nietzsche
Stefen Zweig 

Un livre captivant pour toute personne s’intéressant à Nietzsche. Un résumé passionnant de sa vie, sa pensée, ses principes, qui est servi par une plume exquise, toute en poésie et en douceur avec quelques touches d’ironie. A lire sans modération pour en comprendre toute la portée.

Edition Stock
152 pages, 8.05 euros

Le Libraire de Kaboul
Asne Seistreid

Un témoignage d’une journaliste Suédoise qui a vécu dans une famille afghane après la chute du régime taliban, mais avec de nombreux retour en arrière qui nous dévoilent une partie de la vie de plusieurs membres de la famille. Nous découvrons la condition de la femme , différentes visions de la religion, l’autorité paternelle indiscutable… Très intéressant et instructif. On constate une opposition intéressante entre les idées de Sultan, le père de famille, qui accepte la nouveauté, ses idées sont relativement novatrices, et la cage de traditionnalité dans laquelle il enferme sa famille. L’écriture est journalistique et essaie de garder un certaine objectivité même si l’on sent parfois la révolte de l’auteur face à certaines conditions. J’ai relu certaines phrases plusieurs fois pour les comprendre, mais c’est peut-être dû à la traduction. Une lecture très intéressante.

Edition Le Livre de Poche
346 pages, 6.00 euros

Les Sirènes de Bagdad
Yasmina Khadra

Dans la continuité de L’attentat, ce livre nous fait découvrir la vie dans Bagdad à travers un personnage que l’on voit s’enfoncer dans un destin de plus en plus sombre. Une vision intérieure très intéressante de la guerre Irakienne et de l’intervention des Américains dans celle-ci. Ce livre est tout intéressant que L’attentat mais il m’a moins marqué, sûrement parce que je n’ai pas pu le lire d’un coup contrairement au précédent, mais l’histoire est tout aussi dure.

Edition Pocket
318 pages, 6.60 euros

Juste la fin du monde
Jean-Luc Lagarce

Cette pièce de théâtre présente une écriture surprenante, hachée ma qui arrive à rester très musicale. Cette pièce montre bien que le théâtre doit être joué et non lu, aucune didascalie n’est présente. Il faut arriver à se représenter et les personnages pour bien comprendre le texte, le visualiser. C’est une très belle pièce sur les rapports familiaux, particulièrement fraternels, sur les non-dits dans les familles, les rancunes passées qui resurgissent et sur l’absence d’un proche. L’auteur nous plonge dans une famille, la sienne en l’occurrence, dans son intimité, mais c’est une intimité universelle, qu’on retrouve en chacun. Grâce à cela la pièce acquiert une portée universelle. A lire à voix haute !

Edition Les Solitaires Intempestifs
40 pages, 10 euros

Voilà, un petit aperçu et une mise à jour de mes lectures pour bien commencer l’année !

J’espère que vous avez passés un beau Noël, j’essaierai d’être un peu plus présente en 2012 mais je ne garantis rien. 🙂

Bon passage en 2012 😉

Thursday Next, tome 3 : Le Puits des histoires perdues de Jasper Fforde

Même poursuivie par une multinationale qui a juré sa perte, la star des détectives littéraires a droit à un congé maternité ! Pour Thursday Next, ce sera un séjour secret dans un mauvais thriller, un de ceux qui croupissent au fond du Puits des Histoires perdues. Ici, sous l’oeil de la toute-puissante Jurifiction, on recycle les livres de seconde zone comme les classiques oubliés de la littérature, on pioche un personnage par là pour le remettre ailleurs, on réduit le texte en mots quand il n’y a plus d’espoir. Mais très vite, Thursday doit quitter sa planque. Le Minotaure s’est échappé, semant la pagaille dans le Monde des Livres…

Première phrase : Le fait d’élire domicile dans un roman non publié n’était pas dépourvu d’avantage. (Eh, ça donne envie déjà, non ? :D)

Edition : 10/18 

Nombre de pages : 446

Mon avis : 

Oui, je sais je commence par le tome 3 mais il faut absolumeeeeeeent que je vous parle de cette série quitte à commencer par le trois, je spoilerai pas, promis ! 😀 

Pour l’instant tout ce que je peux dire c’est : il faut lire cette série ! Elle est géniaaaaaaaaaaaaale ❤ (oui, je suis complètement fan et j’assume.) Donc si vous ne l’avez pas : d’un coup de souris vous le commandez sur n’importe quel site, vous courez dès demain chez votre libraire ou à votre bibliothèque, ou chez quelqu’un qui l’a. Si vous l’avez, vous le sortez de votre PAL pour le lire de suite.

Faudrait que je développe un peu le pourquoi du « cette-série-est-absolument-excellentissime-donc-si-je-vous-le-dit-faut-me-croire » mais il est un peu tard donc je le ferais demain ! (Mais si ce monologue vous donne déjà envie, n’attendez pas les détails 😛 ).

Développons un peu… Ce livre est à l’image des couleurs de sa couverture : dynamique, survitaminé, explosif mais néanmoins tout en harmonie ! Pour éviter de spoiler je parlerai surtout de l’univers extrêmement riche de cette série.

C’est une uchronie, la série commence en 1985 en Angleterre : le Royaume-Uni n’existe plus, l’Angleterre est une république et la Guerre de Crimée fait rage depuis plus de 130 ans. Et plein d’autres petits détails qui font qu’on ne reconnaît pas du tout notre monde actuel. Par exemple les dodos sont des animaux de compagnie, on se déplace en dirigeable…La littérature a une place très importante dans la vie de tous les jours, par exemple des machines à l’image de Shakespeare sont installées dans la ville et récitent ses tirades les plus connues. L’importance de la littérature a provoqué la création d’une unité dans les Opérations Spéciales (la police des affaires trop particulières) spécialement dédié a cet art, section dans laquelle Thursday travaille. Dans le premier tome on découvre que les personnages fictifs sont en fait réels et qu’on peut rentrer dans les livres. A partir de là se développe tout un monde parallèle qui va s’étoffer tout au long de la série. Je préfère ne pas trop en dire parce que le plaisir de la lecture est aussi du au fait de s’étonner, et de découvrir avec plaisir toutes ses particularités si rafraîchissantes et en même temps complètement décalées !

Jasper Fforde nous offre tout une gamme de personnages tout aussi farfelus les uns que les autres ! Entre l’oncle de Thursday Microft, sa grand-mère et les personnages des livres qui ont leur propre vie quand il ne joue pas leur rôle. Franchement, qui ne rêverait pas de rencontrer Jane Eyre, Rochester, Miss Havisham, Heathcliff; d’assister à un procès dans le livre Le Procès de Kafka, ou encore un présidé par la Reine de coeur d‘Alice au pays des Merveilles

Durant tout le roman, ce n’est que sourires et parfois même éclats de rire au vu de certaines situations complètement loufoques, de certains dialogues sans queue ni tête, bref un condensé d’humour. A l’idée que j’allais me replonger dans ce monde je souriais déjà !

Un énorme coup de coeur pour cette série, et qui va très certainement se prolonger en coup de coeur pour l’auteur dès que j’aurai lu d’autres de ses livres. (ce qui ne saurait tarder ! 😀 ). Donc je reprends le début de mon billet : allez l’acheter ! 😀