Quelques livres en vrac… (4)

Après quelques mois d’absence (révisions, orientation, bac (que j’ai eu), décontraction, vacances) me voilà de retour, et je l’espère plus régulièrement.

Tout d’abord, un petit récap. J’ai lu pas mal de livres ces derniers mois, surtout durant les vacances, pas autant que je l’espérais évidemment mais c’est souvent comme ça !

Je commence à la rentrée une licence de lettres modernes parcours édition (quelques cours spécialisés dans ce domaine et stage lors du dernier semestre de la licence). J’espère que j’aurai le temps de chroniquer quelques livres fréquemment, et peut-être même les livres étudiés en cours : Madame Lafayette et Marivaux me voilà ! En tous cas je suis vraiment ravie de faire ce parcours et j’ai hâte de voir comment ça va être.

 Passons maintenant aux livres que j’ai lu cet été :

Une chambre à soi - Woolf Une chambre à soi

Virginia Woolf

Première rencontre avec cette femme hors paire (et pas la dernière !), je commence donc par un essai. Et quel essai ! Virginia Woolf expose le besoin qu’a une femme d’avoir une pièce pour elle uniquement où elle pourrait écrire en toute tranquillité et ce qui permettrai une grande avancée dans la condition littéraire de la femme. Mais pas que ! Tout d’abord, l’essai est mis en scène : nous sommes à Oxbridge, où les bibliothèques sont interdites aux femmes si elles n’ont pas d’autorisation, idem pour la pelouse. Les règles sont posées, nous sommes dans un monde où les femmes ont besoin du conscentement masculin pour faire quoi que se soit. Virginia pose alors la question : comment une femme peut-elle réfléchir, écrire, penser, si elle ne peut être seule à aucun moment ? Elle pose alors deux postulats, pour que les femmes puissent se voir accorder une place importante dans la littérature il leur faut : une chambre où il est possible de s’enfermer à clé, et 500 livres de rente, au point de préférer cette dernière condition au droit de vote qui venait d’être accordé en Angleterre. L’essai est divisé en plusieurs chapitres qui traitent de choses différentes. Dans le premier, elle cherche des livres sur la condition féminine pour expliquer le fait qu’elle soit si différente de celle des hommes, et décide de chercher chez les « doctes », mais s’aperçoit bien vite qu’ils ne sont jamais d’accord, et surtout, qu’il n’y a que des hommes qui ont écrit des livres sur les femmes s’en faisant une spécialité. Un par exemple, est basé sur l’hypothèque que Shakespeare aurait eu une sœur aussi talentueuse que lui, mais qu’à cause de la pression des hommes elle n’aurai jamais réussi à s’élever et pire, serai morte déchue. Dans d’autres, elle compare la littérature écrite par des hommes à la littérature écrite par des femmes, en évoquant de grands auteurs et surtout, parlant en beaucoup de bien de Jane Austen. L’écriture est un fleuve, on navigue au gré de la pensée de Virginia qui nous est livré comme brute, bien qu’on sente qu’il y a derrière une grande réflexion et un important travail sur les mots.

Edition 10/18

Clarissa - ZweigClarissa

Stefan Zweig

Ce livre là me tentait depuis un bon moment mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’acheter, et puis la demoiselle de ce blog me l’a offert pour mon anniversaire, donc me voilà partie en voiture vers la mer avec.
C’est une petite nouvelle qui se lit vite et qui est très entraînante. L’histoire se déroule sur plusieurs années et on ne cesse de rencontrer des personnages qui viennent et repartent dans le livre. Parfois on les recroise, parfois pas, mais ils restent toujours présents à notre esprit tant ils sont marquants. Clarissa est une femme discrète et très attentive aux autres mais qui ne laisse rien voir d’elle-même. On la découvre petit à petit dans ses rapports aux autres, dans les choix qu’elle fera, dans ses doutes, ses convictions. C’est une femme engagée et fidèle a qui on s’attache énormément tout au long du roman. J’ai vraiment tout aimé dans ce livre : le père de Clarissa, un homme très peu démonstratif mais aimant pour qui la stratégie militaire est toute sa vie, son frère, son amant et la liberté de leur relation, l’époque décrite : l’entrée dans la première guerre mondiale… Zweig signe encore là un merveilleux portrait de femme qui prend vie dans la grande Histoire dans cette nouvelle qui est un véritable bijou à lire absolument !

Edition Le Livre de Poche

Mrs Dalloway - WoolfMrs Dalloway

Virginia Woolf

Je poursuis ma découverte de cette grande dame, de ce génie, qui n’a pas eu besoin de plus des quelques pages de l’essai dont j’ai parlé précédemment pour me convaincre de son talent. Après l’essai, le roman.
On ne peut pas dire qu’il se passe grand chose dans ce livre, en effet Virginia Woolf veut nous décrire « la vie d’une femme concentrée en une seule journée ». Pas qu’il ne se passe rien dans la vie d’une femme, on a à travers cette journée tous les petits gestes habituels mais aussi des rencontres qui ravivent le passé et l’on passe d’une conscience à une autre qui nous fait vivre ce passé à travers des souvenirs. On suit donc Clarissa Dalloway mais aussi un homme revenu de la guerre qui ne ressent plus de sentiments et qui tombe dans la folie peu à peu, homme qu’on perçoit à travers ses yeux mais aussi ceux de sa femme, ceux du médecin, ceux de Mrs Dalloway qui le croise dans la rue… Le roman est ainsi fait de passages de relais entre deux consciences qui nous font voyager entre différents personnages plus ou moins liés. Le style de cette dame est toujours enchanteur et extrêmement raffiné, on pourrait noter chaque phrase en citation. Beaucoup d’allusions, certaines directes d’autres moins, sont faites à la mer, aux vagues, et à l’eau en général, ce qui est assez éclairant, surprenant ou stupéfiant quand on connaît la manière dont elle s’est suicidée… Je garde donc l’image d’un roman avec quelques longueurs mais qui se font oublier par le style magnifique et qui mérite une relecture car je pense qu’on n’en saisit pas toute la richesse à la première lecture. Pour l’instant j’ai préféré son essai.

Edition Folio Classique

L'ignorance - KunderaL’ignorance

 Milan Kundera

Je continue ma découverte de cette auteur à petit pas. Ce livre évoque le rapport que nous avons au temps, et plus particulièrement à notre passé. A travers Iréna et Joseph, immigrés de Prague pour Paris pour la première et pour le Danemark pour le second. Chacun retourne à Prague vingt ans après leur départ, et y éprouve un sentiment de rejet de la part des autres qui ne leur posent aucune question sur leur vie ailleurs. Eux se sentent incomplets sans leur vie à l’étranger qui fait partie d’eux, les autres leur refusent leur nouvelle identité, s’ils veulent revenir il leur faut oublier ces 20 ans. Tant Sylvie, l’amie française d’Iréna que les praguois, ne comprennent pas que ces immigrés n’éprouvent pas de nostalgie pour leur pays, et pour cause, ils ont maintenant la nostalgie de leur pays d’accueil. Evidemment, ces deux protagonistes vont se croiser, une nouvelle fois car ils s’étaient déjà aimé dans leur jeunesse, et une réflexion en naîtra. L’écriture est intéressante car elle mêle récit et paragraphes qui se rapproche de l’essai qui explicitent un peu l’histoire par une comparaison à Ulysse et à son retour à Ithaque après 20 ans d’absence. En résumé, une réflexion intéressante sur le besoin qu’on a de son passé pour vivre.

Edition Gallimard nrf

Millenium 3 - StiegMillénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air

Stieg Larsson

Voilà, dernier tome de la sublissime (oui, au moins) saga Millenium achevé. Je dois dire que je suis en deuil à l’idée de ne plus revoir Mickaël et Lisbeth dans des aventures haletantes et complexes comme ce le fut pendant ces trois tomes (franchement Stieg, t’aurais pu rester en vie un peu plus longtemps…). En tous cas, on peut dire qu’il finit sur un tome magnifique ! Toujours mêlant le thriller, l’économie, la politique, la police, le journalisme d’investigation, le droit des femmes, dans des affaires qui s’élèvent à un niveau international. En effet, le grand méchant de l’histoire n’est rien d’autre qu’un ancien espion russe ayant trouvé terre d’asile en Suède contre des renseignements… Nous entrons dans la SAPO, la police secrète de Suède, où un grand complot s’est monté. Le talent de Stieg Larsson est de nous offrir de nombreux personnages au charisme fort et à la personnalité nuancée, tant ceux qui sont du « bon » côté que ceux qui sont du « mauvais », mais surtout des enquêtes ultra documentées qui ne font qu’enrichir en permanence la qualité non contestable du roman. L’écriture est rapide, efficace mais avec une véritable verve. Pour moi ce tome est le meilleur et rattrape merveilleusement bien le tome deux que j’avais trouvé par moment un peu lent. En bref : à lire ABSOLUMENT !!

Edition Actes Sud


L'homme à la colombe - GaryL’homme à la colombe 

Romain Gary

Depuis que j’ai découvert cet auteur il y a trois ans, je découvre ces œuvres peu à peu, et celle ci me tentait tout particulièrement. Romain Gary a travaillé un moment à l’ONU à un haut poste, et s’est rendu compte très rapidement de la vacuité de cette organisation. Ce livre à la plume acerbe et sans appel dénonce de manière très directe les Nations Unis, après Albert Cohen et son roman Belle du Seigneur dans lequel est dénoncée la Société des Nations à travers ses employés qui font des cocottes en papier dont la taille varie selon l’importance ce l’employé (et ce n’est qu’un exemple parmi les moyens qu’emploie Cohen pour dénoncer cette institution…), nous avons Gary et l’ONU. C’est à l’occasion de ce roman qu’il utilisa un pseudonyme, car lors de la parution de ce livre, il travaillait encore à l’ONU. Autant, la manière d’écrire et les descriptions de l’ONU m’ont fait beaucoup rire, autant l’histoire que Gary met en place pour développer cette critique ne m’a pas convaincue du tout. D’ailleurs, je m’en souvient déjà presque plus… Je conseillerai donc de seulement lire les extraits qu’on peut trouver sur internet qui peuvent être un bon aperçu de la satyre qu’est ce livre.

Edition Gallimard, L’imaginaire

Voilà pour les livres ! Il y en a eu d’autres, mais je n’éprouve pas l’envie de les chroniquer, et un article suivra consacré entièrement à Lire Lolita à Téhéran de Azar Nafisi.

J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, que si vous y êtes encore vous en profitez bien, et que si vous n’en avez pas encore eu qu’elles seront reposantes ! Bonne fin d’été à tous ! 🙂

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Quelques livres en vrac … (2)

Me voilà revenue de vacances et ayant lu une bonne dizaine de livres pendant celles-ci, je vais reprendre le principe des avis rapides (premier volet ici) pour une bonne partie des livres lus, sauf pour quelques uns qui auront le droit à un article pour eux tout seul (les chanceux).

Commençons par les quelques uns que j’ai abandonné lâchement, par manque de motivation et par l’envie de lire un livre avec plaisir au soleil.

Lignes de Faille
Nancy Huston

Ce livre se divise en quatre parties, chacune consacrée à un membre de la famille, on remonte dans le temps à travers des périodes de vies des quatre narrateurs. Je me suis arrêtée à la fin de la première partie car elle ne m’avait vraiment pas été agréable à lire. On a le point de vue d’un enfant de six ans avec des capacités mentales hors du commun, et ce qu’il dit ammène une ambiance malsaine et montre l’enfant comme manipulateur. Ce n’est pas le genre de chose qui me gêne en littérature habituellement, donc ce n’était peut-être pas la bonne période pour lire ce roman, ou alors le fait que ce sentiment soit attribué à un enfant, le renforce et le rend encore plus pesant. Peut-être le reprendrais-je plus tard.

Editions Acte Sud
481 pages, 21.60 euros

Blue Jay Way
Fabrice Colin

Je n’ai vu que des avis positifs sur ce livre, et comme il est en plus sorti chez Sonatine c’était pour moi une valeur sûre. Eh bien que nenni, je vais faire dissonance mais je n’ai pas du tout apprécié ce roman, mais je pense que c’est tout à fait personnel. On est plongé dans la jeunesse hollywoodienne et ce que ça comporte : excès en tous genres : drogues, alcools, sexe. Donc déjà c’est pas mon truc cette ambiance, et en plus j’ai trouvé que ça faisait cliché. Le personnage central m’énervait ainsi que les autres. Je n’ai pas accroché à l’écriture : les dialogues font faux et surjoués, type mauvaise série policière, et la construction du récit ne m’a pas plue. Bref, aucun regret de l’avoir arrêté.

Editions Sonatine
481 pages,  22.30 euros

Voilà pour les abandons, il y a aussi eu Petits suicides entre amis d’Arto Paasilino, mais je pense qu’il peut me plaire, c’était juste pas le bon moment, je le finirai bientôt je pense. Passons aux autres livres :

Les Hirondelles de Kaboul
Yasmina Khadra

Avec ce livre, je finissais le triptyque Orient/Occident que nous offre Yasmina Khadra. Après l’Irak et l’Israël, c’est maintenant l’Afghanistan que décrit l’auteur. Le livre commence fort, et nous décrit la place des femmes dans la sociétés et l’occupation du pays par les talibans à travers deux couples très différents. Nous suivons leur vie et les rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec leur pays. Cette partie est riche d’informations, mais la fin du roman devient totalement romanesque et semble invraisemblable, ce qui décrébilise le reste du livre. Un peu déçue par ce tome, et L’attentat reste donc celui que j’ai préféré.

Editions Pocket
149 pages, 5.70 euros

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates
Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Ce livre avait fait grand bruit à sa sortie en 2009 et il traînait dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps et la mère de ma meilleure amie m’a convaincu de l’en sortir, c’est donc chose faite. Et je ne regrette pas ! Il est sous forme épistolaire, genre que j’apprécie, et on suit Juliet, jeune femme anglaise, auteure à succès qui va découvrir peu à peu les habitants de Guernesey. Le ton est léger mais raconte toutefois des épisodes de l’histoire qui le sont moins, l’occupation de l’île, les restrictions alimentaires, les rapports avec les allemands et à travers Elizabeth, jeune femme qui est le fil rouge du récit sans qu’elle ne soit jamais présente, les camps et les traitements qu’on y infligeaient aux prisonniers. Mais le livre reste très frais et agréable à lire, les nombreuses anecdotes m’ont fait sourire et même si tout est assez prévisible, c’est un bien joli livre.

Editions 10/18
411 pages, 8.80 euros

Un soupçon légitime
Stefan Zweig

Je continue ma découverte de cet auteur à travers ses nouvelles. Celle ci n’est pas une des plus réussi que j’ai lu, il n’y a pas de chute époustouflante, c’est assez attendu, tout l’art de cette nouvelle réside dans la narration et la subjectivité de la narratrice dont les sentiments sont comme toujours, admirablement décrits.

Editions Grasset
81 pages, 10.20 euros

La Peur
Stefan Zweig

Encore une nouvelle de ce remarquable auteur, et mieux réussi à mon goût ! Celle-ci est plus longue ce qui permet de faire monter crescendo le sentiment dominant du récit, qui est, vous l’aurez deviné, la peur, mais aussi l’appréhension et la honte. Le personnage du mari m’a beaucoup plu, ainsi que les échanges qu’il a avec sa femme (très peu nombreux). La chute est vraiment très belle, tout en restant surprenante comme je les aime.

Editions Le Livre de Poche
54 pages pour la nouvelle, 22.30 euros l’intégrale

Les chaussures italiennes
Henning Mankell

Déjà, j’adore la Suède. Je rêve d’y aller, sans savoir vraiment pourquoi mais c’est assez magnétique, donc un livre suédois ne pouvait rester longtemps dans  ma PAL. Je n’ai pas été déçue, l’auteur arrive parfaitement à nous immerger dans cette île perdue de la Baltique où habite seul Fredrick Welen. Les personnages sont tous très marquants et tous marginaux, ils vivent presque tous coupés du monde ou du moins coupé de la civilisation telle qu’on la définit aujourd’hui. Les thèmes abordés comme la vieillesse, la mort, les promesses et le mensonge, sont excellemment bien traités, d’une manière crue mais à la foi très douce grâce au style de l’auteur. Celui-ci est très épuré et agréable et comme dit plus haut, rend parfaitement les impressions des lieux. Les sentiments sont également parfaitement rendus, et l’émotion est au rendez-vous. Il s’avale en très peu de temps, plongez-vous y sans hésiter !

Editions 10/18
373 pages, 7.60 euros

Le club des incorrigibles optimistes
Jean-Michel Guenassia

Et me voilà replongée dans l’Europe de l’après guerre, c’est un peu obsessionnel cette période pour moi en ce moment, mais tant que je ne tombe que sur des bons livres ce n’est pas près de cesser ! Nous suivons Michel, un jeune garçon dans les années 60, qui va se lier d’amitié avec les membres d’un club d’échecs qui sont tous des pays de l’Est (URSS, Tchécoslovaquie, Pologne).  L’histoire de Michel n’est pas seulement celle d’une adolescence à Paris, mais une chronique de la vie parisienne en plein Gaullisme, dans une famille qui parle de la guerre d’Algérie, d’engagement, de déchirements mais aussi d’amitiés précieuses. Ces chapitres sont entrecoupé d’autres sur l’histoire des principaux membres du club et ce qui les a fait arriver en France, l’abandon de leur famille pour vivre dans une grande instabilité, avec leur attachement nostalgique au socialisme en arrière plan. Les retours en arrière sont très bien fait et comme j’aime beaucoup apprendre sur l’URSS, ça m’a forcément plu. Des histoires de croisent, des secrets résistent jusqu’à la fin du livre et les personnages sont tous extrêmement attachants et le mot optimiste n’est pas pour rien dans le titre, on lit le sourire aux lèvres ! Je conseille très fortement ce coup de coeur dont on dévore les 700 pages !

(Et on file voir la chronique de Diabazo qui est superbe et totalement en adéquation avec ce que je pense du livre ! )

Editions Le Livre de Poche
730 pages, 8.50 euros

Voilà un tour d’horizon sur une partie de mes lectures de l’été, on revient normalement à Simone de Beauvoir ou Sartre pour le prochain article ! (Obsessionnel vous dis-je, obsessionnel.)  

Millénium livre/films

Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.

Première ligne : C’était maintenant devenu un élément annuel.

Editions : Acte Sud

Nombre de pages : 575

Mon avis : 

Lorsque le livre est sorti je ne m’y étais pas particulièrement intéressée, idem lors de sa sortie en film en 2009 mais après avoir vu une bande annonce pour le remake Américain qui m’a beaucoup plu j’ai décidé de me lancer dans cette série. Me voilà donc à louer le livre afin de pouvoir ensuite voir le film (je préfère dans ce sens généralement). 

Le livre m’a beaucoup plu et j’apprécie de plus en plus les thrillers (un peu trop d’ailleurs, j’ai des titres post-ité (oui, le verbe post-iter existe, parfaitement) partout dans ma chambre). Les vingt premières pages peuvent paraître rebutantes (enfin celles après le prologue, si on veut être précis), en effet ces premières pages sont sur l’économie Suédoise, comme accroche il y a mieux ! Personnellement ça ne m’a pas beaucoup dérangé, et au pire on peut les lire en diagonale.

On suit en parallèle pendant une bonne moitié du livre, Mickael Blomkvist et Lisbeth Sallander jusqu’à ce que leur enquête en tandem démarre. Ces deux personnages, totalement différents, présentent des caractères creusés et fascinants, surtout Lisbeth et son atypisme. Ces caractères se dévoilent au fur et à mesure et sont mis en exergue lorsqu’ils sont confrontés. Lisbeth, sous son apparence psychologique (car physiquement elle a l’allure frêle d’une adolescente, presque anorexique et gothique) dure et insensible, exprime certains paradoxes qui la rendent attachante et on ne peut que l’aimer. Mickael est un journaliste économique d’investigation qui vient de se faire condamner pour une affaire où ses preuves n’étaient pas assurées. Il est indépendant et obstiné et va au fond de ses enquêtes qu’il exécute avec minutie. Même si au début de ce roman il se retrouve dans le rôle de l’accusateur accusé.

Outre ces deux protagonistes, l’auteur nous offre une galerie bien fournie et dense de personnages. Entre tous les membres de la famille Vanger, avec lesquels on se perd un peu au début (comme Mickael lorsqu’il débarque pour enquêter sur cette immense famille), les personnes qui interviendront dans l’enquête de Lisbeth et Mickael, ou encore les membres du journal, Millenium, dont Mickael était rédacteur, on ne s’ennuie pas et on les découvre tous avec plaisir.

L’intrigue est assez complexe car elle mêle le thriller même mais aussi la sauvegarde du journal Millénium, qui après l’affaire dont Mickael a été victime menace de faire faillite, une intrigue s’installe dans celle initiale et Lisbeth ainsi que Mickael ont chacun d’autres soucis en dehors de Harriet. A partir du moment où Lisbeth et Mickael se rencontrent, on a du mal à décrocher du livre et les pages défilent toutes seules.

A travers ce roman l’auteur dénonce ainsi les grandes entreprises fortunées qui n’agissent pas toujours de manière très légale. Mickael a un point de vue très tranché sur le journalisme, à savoir que les journalistes économiques devaient « enquêter et démasquer les requins de la finance » et les dévoiler au lectorat dans des enquêtes abouties et concluantes. L’auteur dénonce ce comportement en abordant des sujets qui sont très bien documentés et on sent une vraie connaissance, et pour cause, Stieg Larsson était lui-même journaliste. Décédé en 2004, avant la parution de ces livres, il n’aura eu le temps que d’écrire les trois premiers et un début de quatrième tome mais semble-t-il égaré. Je continuerai ma découverte de la trilogie avec grand plaisir et très rapidement mais avant ces deux prochains tomes, parlons un peu des films.

     

Réalisé par : Niels Arden Oplev                 Réalisé par : David Fincher

Sorti en : 2009                                           Sorti en : 2011

Avec : Michael Nyqvist, Noomi Rapace,      Avec : Daniel Craig, Rooney Mara,
Lena Endre…                                             Christopher Plummer…

Nationalité : Suédoise                               Nationalité : USA

Fiche allociné                                            Fiche allociné

Mon avis : 

J’ai tout d’abord vu la version Américaine réalisée par le célèbre David Fincher, qui n’est cependant qu’un remake de l’adaptation suédoise que j’ai visionné après. Tout d’abord, juste un petit mot sur le générique qui est absolument sensationnel, rien que pour ça il faut voir le film ! (Oui, oui je n’exagère absolument pas.) La version de Fincher se base uniquement sur le côté thriller et laisse totalement de côté les autres aspects du livre. Ce qui nous donne un film très rapide avec un suspense omniprésent, pas le temps de s’ennuyer ! Si la version de Fincher se centre sur le thriller, la version Suédoise réalisée par Niels Arden Oplev en 2009 aborde les autres thèmes du livre mais de manière assez superficielle malgré tout, mais le film durant déjà 2h32, rajouter des éléments aurait entraîné des longueurs. Cependant, par l’évocation de ces thèmes, la partie thriller est moins bien respectée et Oplev prend plus de liberté par rapport au déroulement du roman. Le côté thriller est moins mis en avant dans la version suédoise, et s’efface un peu pour laisser une part importante aux relations entre les personnages qui sont plus développées.

Les personnages, notamment Lisbeth qui est très paradoxale, sont très convaincants dans les deux versions avec une nuance pour Lisbeth qui interprétée de manière différente dans les deux versions. Rooney Mara offre une Lisbeth déterminée qui parait invulnérable et qui peu à peu se dévoile. Noomi Rapace est quant à elle, plus vulnérable et sensible, plus accessible. Mais ayant vu la version américaine en premier, j’ai eu du mal à me détacher du jeu de Rooney Mara que j’avais trouvé magnifique. Mais dès que Lisbeth et Mickael commencent à enquêter ensemble, Noomi Rapace devient plus crédible et sa personnalité prend tout son sens. Les libertés prises par Opvel au niveau du scénario lui offrent un rôle plus important qui donne une nouvelle interprétation au personnage de Lisbeth. Le Mickael Suédois correspondait plus à l’image que je me faisais de lui en lisant le livre, mais Daniel Craig m’a également beaucoup plu.

Si lors des trois premiers quarts d’heure, les deux films se ressemblent énormément (normal, c’est un remake), ils prennent ensuite des directions différentes et nous offrent finalement deux visions du roman, la vision Suédoise s’éloignant plus de la trame du roman. 
Si vous voulez un film où la tension est toujours présente prenez plutôt le version de Fincher, qui est très belle esthétiquement d’ailleurs, et si vous préférez un film plus creusé et développé, la version Suédoise vous ira tout à fait !

J’ai beaucoup aimé les deux films qui se complètent vraiment à mon sens. Mais rien ne vaut le roman qui est beaucoup plus complexe, autant niveau intrigue que psychologie des personnages. Je me dis que j’aurai peut-être dû voir les films et ensuite lire le livre pour en apprécier encore plus les subtilités, mais il est plus facile de voir un film en connaissant l’intrigue que de lire un livre dans les mêmes conditions… donc aucun regret !

Oh et dernier point, le livre comme les films contiennent des scènes particulièrement violentes (les films sont d’ailleurs déconseillés au moins de 12 ans), donc âmes sensibles abstenez-vous ! J’ai dû poser mon livre après une scène qui m’avait particulièrement ébranlée et je ne l’ai repris que quelques jours plus tard.

 

 

Quelques livres en vrac…

Vous aurez remarqué que ce blog est (un peu) en mal d’articles en ce moment. La faute au manque de temps, de motivation et aussi de lectures… Je vais donc faire un billet avec les livres que j’ai lu cette année qui ont été des coups de coeur mais que je n’ai pas chroniqués parce que j’étais en vacances ou autres :). Je rajoute également mes derniers livres lus, juste un petit avis express dessus !

La grammaire est une chanson douce
Erik Orsenna 

C’est un livre très court qui nous transporte dans un monde où les mots sont bien vivants, habitent dans des villages différents selon leur nature grammaticale (j’ai l’impression de revenir en primaire.), sont susceptibles mais précieux pour tous. Ces cent cinquante pages sont un hymne à la langue française et à toutes ses complexités qu’on en vient à apprécier au fil des pages. A faire lire à tous ! (Je l’ai d’ailleurs conseillé à mon frère de 12 ans qui a beaucoup aimé.)

Edition Le livre de Poche
150 pages, 5.00 euros

  La Porte des Enfers 
  Laurent Gaudé

Avec ce roman nous sommes plongés dans un univers noir, dérangeant qui a pour cadre la ville de Naples. Un couple     doit faire face à la mort de leur enfant, deuil qu’ils vont faire en essayant de se venger. Laurent Gaudé mêle avec brio le     fantastique, le mythologique, le drame, le récit épique et encore d’autres genres sans jamais égarer son lecteur, au contraire ce mélange rend la lecture encore plus attractive et prenante. Fortement conseillé !

Edition Acte Sud
266 pages, 19.50 euros

Mémoires d’une jeune fille rangée
Simone de Beauvoir

Cette première partie de la vie de Simone Beauvoir qui va jusqu’à sa vingt-et-unième année est tout simplement passionnante ! Je voulais lire des biographies et plus particulièrement de autobiographies, je me suis donc plongée dans celle-ci pendant les vacances d’été. Je n’ai pas été déçue du tout, au contraire j’ai été passionnée par la vie de cette femme. Je me suis retrouvée dans ses pensées et principes pendant une bonne partie du livre, ses réflexions sur la religion, le mysticisme sont très intéressantes. On découvre avec joie le Paris des années cinquante et la vie mondaine de Simone qui ne reste pas dans la cage imposée à son âge et à son sexe mais qui au contraire brave les interdits et nous entraîne dans les bars et les dancings, lie des amitiés masculines, lis des lectures interdites… N’hésitez pas à vous plongez dedans.

Edition Folio
473 pages,  8.10 euros


L’attentat

Yasmina Khadra

Attention livre choc ! On en ressort retourné, claqué, éprouvé, ébranlé… Vous avez compris l’idée. Nous suivons le docteur Amine, chirurgien à Tel Aviv en Palestine. En soignant les victimes d’un attentat il va découvrir que sa femme en est la responsable. A partir de là commence la descente aux enfers de cet homme : refus, incompréhension, désespoir et quête pour comprendre le geste de la femme qui partageait sa vie. Nous sommes donc plongés dans le conflit israëlo-palestinien et ce roman permet de mieux le comprendre, de l’aborder de l’intérieur, d’en avoir un autre point de vue. Les personnages sont parfaitement réalistes et c’est cela qui effraie le plus. Les différents points de vue permettent à l’auteur de parfaitement rendre compte de la complexité de la situation, tout en restant objectif et impartial. La plume est exquise, tout en poésie et métaphores. Une lecture indispensable.

Edition Pocket
246 pages, 7.20 euros

Le Portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde 

Premier roman que je lis de cet auteur (et le dernier, vu que c’est le seul qu’il ait écrit) et je suis sous le charme de cette plume incisive, ironique, et cruelle pour la société et les rapports humains. L’histoire – un homme qui souhaite conserver sa jeunesse éternellement et qui pour ça enferme son âme et sa vieillesse dans un tableau – est superbe mais ce qui m’a surtout touchée et séduite fût la façon dont l’auteur nous emporte dans le Londres du XIXème siècle grâce aux mots. Oscar Wilde nous livre ici des personnages haut en couleur, Lord Henry remporte de loin la palme du meilleur personnage pour moi ! Sa répartie et sa finesse sont à déguster sans modération. Un chef d’oeuvre !

Edition Le Livre de Poche
285 pages, 3.50 euros

Les Grandes Espérances
Charles Dickens

Une plume délicieuse, des rebondissements, une société anglaise dépeinte avec la plume incisive de Dickesn, des personnages creusés que l’on prend plaisir à suivre dans l’Angleterre du XIXème siècle qui s’industrialise. Une bonne découverte, un peu long, les 700 pages peuvent faire peur mais l’écriture est très contemporaine, on a du mal à croire que ça a été écrit en 1861 ! Miss Havisham et son caractère détestable mais tellement attachant m’ont beaucoup plus, ainsi que Mr Jaggers et ses manières. Je vais sûrement continuer ma découverte de cet auteur avec ses contes de Noël.

Edition Le Livre de Poche
700 pages, 7.50 euros

Nietzsche
Stefen Zweig 

Un livre captivant pour toute personne s’intéressant à Nietzsche. Un résumé passionnant de sa vie, sa pensée, ses principes, qui est servi par une plume exquise, toute en poésie et en douceur avec quelques touches d’ironie. A lire sans modération pour en comprendre toute la portée.

Edition Stock
152 pages, 8.05 euros

Le Libraire de Kaboul
Asne Seistreid

Un témoignage d’une journaliste Suédoise qui a vécu dans une famille afghane après la chute du régime taliban, mais avec de nombreux retour en arrière qui nous dévoilent une partie de la vie de plusieurs membres de la famille. Nous découvrons la condition de la femme , différentes visions de la religion, l’autorité paternelle indiscutable… Très intéressant et instructif. On constate une opposition intéressante entre les idées de Sultan, le père de famille, qui accepte la nouveauté, ses idées sont relativement novatrices, et la cage de traditionnalité dans laquelle il enferme sa famille. L’écriture est journalistique et essaie de garder un certaine objectivité même si l’on sent parfois la révolte de l’auteur face à certaines conditions. J’ai relu certaines phrases plusieurs fois pour les comprendre, mais c’est peut-être dû à la traduction. Une lecture très intéressante.

Edition Le Livre de Poche
346 pages, 6.00 euros

Les Sirènes de Bagdad
Yasmina Khadra

Dans la continuité de L’attentat, ce livre nous fait découvrir la vie dans Bagdad à travers un personnage que l’on voit s’enfoncer dans un destin de plus en plus sombre. Une vision intérieure très intéressante de la guerre Irakienne et de l’intervention des Américains dans celle-ci. Ce livre est tout intéressant que L’attentat mais il m’a moins marqué, sûrement parce que je n’ai pas pu le lire d’un coup contrairement au précédent, mais l’histoire est tout aussi dure.

Edition Pocket
318 pages, 6.60 euros

Juste la fin du monde
Jean-Luc Lagarce

Cette pièce de théâtre présente une écriture surprenante, hachée ma qui arrive à rester très musicale. Cette pièce montre bien que le théâtre doit être joué et non lu, aucune didascalie n’est présente. Il faut arriver à se représenter et les personnages pour bien comprendre le texte, le visualiser. C’est une très belle pièce sur les rapports familiaux, particulièrement fraternels, sur les non-dits dans les familles, les rancunes passées qui resurgissent et sur l’absence d’un proche. L’auteur nous plonge dans une famille, la sienne en l’occurrence, dans son intimité, mais c’est une intimité universelle, qu’on retrouve en chacun. Grâce à cela la pièce acquiert une portée universelle. A lire à voix haute !

Edition Les Solitaires Intempestifs
40 pages, 10 euros

Voilà, un petit aperçu et une mise à jour de mes lectures pour bien commencer l’année !

J’espère que vous avez passés un beau Noël, j’essaierai d’être un peu plus présente en 2012 mais je ne garantis rien. 🙂

Bon passage en 2012 😉