Quelques livres en vrac… (4)

Après quelques mois d’absence (révisions, orientation, bac (que j’ai eu), décontraction, vacances) me voilà de retour, et je l’espère plus régulièrement.

Tout d’abord, un petit récap. J’ai lu pas mal de livres ces derniers mois, surtout durant les vacances, pas autant que je l’espérais évidemment mais c’est souvent comme ça !

Je commence à la rentrée une licence de lettres modernes parcours édition (quelques cours spécialisés dans ce domaine et stage lors du dernier semestre de la licence). J’espère que j’aurai le temps de chroniquer quelques livres fréquemment, et peut-être même les livres étudiés en cours : Madame Lafayette et Marivaux me voilà ! En tous cas je suis vraiment ravie de faire ce parcours et j’ai hâte de voir comment ça va être.

 Passons maintenant aux livres que j’ai lu cet été :

Une chambre à soi - Woolf Une chambre à soi

Virginia Woolf

Première rencontre avec cette femme hors paire (et pas la dernière !), je commence donc par un essai. Et quel essai ! Virginia Woolf expose le besoin qu’a une femme d’avoir une pièce pour elle uniquement où elle pourrait écrire en toute tranquillité et ce qui permettrai une grande avancée dans la condition littéraire de la femme. Mais pas que ! Tout d’abord, l’essai est mis en scène : nous sommes à Oxbridge, où les bibliothèques sont interdites aux femmes si elles n’ont pas d’autorisation, idem pour la pelouse. Les règles sont posées, nous sommes dans un monde où les femmes ont besoin du conscentement masculin pour faire quoi que se soit. Virginia pose alors la question : comment une femme peut-elle réfléchir, écrire, penser, si elle ne peut être seule à aucun moment ? Elle pose alors deux postulats, pour que les femmes puissent se voir accorder une place importante dans la littérature il leur faut : une chambre où il est possible de s’enfermer à clé, et 500 livres de rente, au point de préférer cette dernière condition au droit de vote qui venait d’être accordé en Angleterre. L’essai est divisé en plusieurs chapitres qui traitent de choses différentes. Dans le premier, elle cherche des livres sur la condition féminine pour expliquer le fait qu’elle soit si différente de celle des hommes, et décide de chercher chez les « doctes », mais s’aperçoit bien vite qu’ils ne sont jamais d’accord, et surtout, qu’il n’y a que des hommes qui ont écrit des livres sur les femmes s’en faisant une spécialité. Un par exemple, est basé sur l’hypothèque que Shakespeare aurait eu une sœur aussi talentueuse que lui, mais qu’à cause de la pression des hommes elle n’aurai jamais réussi à s’élever et pire, serai morte déchue. Dans d’autres, elle compare la littérature écrite par des hommes à la littérature écrite par des femmes, en évoquant de grands auteurs et surtout, parlant en beaucoup de bien de Jane Austen. L’écriture est un fleuve, on navigue au gré de la pensée de Virginia qui nous est livré comme brute, bien qu’on sente qu’il y a derrière une grande réflexion et un important travail sur les mots.

Edition 10/18

Clarissa - ZweigClarissa

Stefan Zweig

Ce livre là me tentait depuis un bon moment mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’acheter, et puis la demoiselle de ce blog me l’a offert pour mon anniversaire, donc me voilà partie en voiture vers la mer avec.
C’est une petite nouvelle qui se lit vite et qui est très entraînante. L’histoire se déroule sur plusieurs années et on ne cesse de rencontrer des personnages qui viennent et repartent dans le livre. Parfois on les recroise, parfois pas, mais ils restent toujours présents à notre esprit tant ils sont marquants. Clarissa est une femme discrète et très attentive aux autres mais qui ne laisse rien voir d’elle-même. On la découvre petit à petit dans ses rapports aux autres, dans les choix qu’elle fera, dans ses doutes, ses convictions. C’est une femme engagée et fidèle a qui on s’attache énormément tout au long du roman. J’ai vraiment tout aimé dans ce livre : le père de Clarissa, un homme très peu démonstratif mais aimant pour qui la stratégie militaire est toute sa vie, son frère, son amant et la liberté de leur relation, l’époque décrite : l’entrée dans la première guerre mondiale… Zweig signe encore là un merveilleux portrait de femme qui prend vie dans la grande Histoire dans cette nouvelle qui est un véritable bijou à lire absolument !

Edition Le Livre de Poche

Mrs Dalloway - WoolfMrs Dalloway

Virginia Woolf

Je poursuis ma découverte de cette grande dame, de ce génie, qui n’a pas eu besoin de plus des quelques pages de l’essai dont j’ai parlé précédemment pour me convaincre de son talent. Après l’essai, le roman.
On ne peut pas dire qu’il se passe grand chose dans ce livre, en effet Virginia Woolf veut nous décrire « la vie d’une femme concentrée en une seule journée ». Pas qu’il ne se passe rien dans la vie d’une femme, on a à travers cette journée tous les petits gestes habituels mais aussi des rencontres qui ravivent le passé et l’on passe d’une conscience à une autre qui nous fait vivre ce passé à travers des souvenirs. On suit donc Clarissa Dalloway mais aussi un homme revenu de la guerre qui ne ressent plus de sentiments et qui tombe dans la folie peu à peu, homme qu’on perçoit à travers ses yeux mais aussi ceux de sa femme, ceux du médecin, ceux de Mrs Dalloway qui le croise dans la rue… Le roman est ainsi fait de passages de relais entre deux consciences qui nous font voyager entre différents personnages plus ou moins liés. Le style de cette dame est toujours enchanteur et extrêmement raffiné, on pourrait noter chaque phrase en citation. Beaucoup d’allusions, certaines directes d’autres moins, sont faites à la mer, aux vagues, et à l’eau en général, ce qui est assez éclairant, surprenant ou stupéfiant quand on connaît la manière dont elle s’est suicidée… Je garde donc l’image d’un roman avec quelques longueurs mais qui se font oublier par le style magnifique et qui mérite une relecture car je pense qu’on n’en saisit pas toute la richesse à la première lecture. Pour l’instant j’ai préféré son essai.

Edition Folio Classique

L'ignorance - KunderaL’ignorance

 Milan Kundera

Je continue ma découverte de cette auteur à petit pas. Ce livre évoque le rapport que nous avons au temps, et plus particulièrement à notre passé. A travers Iréna et Joseph, immigrés de Prague pour Paris pour la première et pour le Danemark pour le second. Chacun retourne à Prague vingt ans après leur départ, et y éprouve un sentiment de rejet de la part des autres qui ne leur posent aucune question sur leur vie ailleurs. Eux se sentent incomplets sans leur vie à l’étranger qui fait partie d’eux, les autres leur refusent leur nouvelle identité, s’ils veulent revenir il leur faut oublier ces 20 ans. Tant Sylvie, l’amie française d’Iréna que les praguois, ne comprennent pas que ces immigrés n’éprouvent pas de nostalgie pour leur pays, et pour cause, ils ont maintenant la nostalgie de leur pays d’accueil. Evidemment, ces deux protagonistes vont se croiser, une nouvelle fois car ils s’étaient déjà aimé dans leur jeunesse, et une réflexion en naîtra. L’écriture est intéressante car elle mêle récit et paragraphes qui se rapproche de l’essai qui explicitent un peu l’histoire par une comparaison à Ulysse et à son retour à Ithaque après 20 ans d’absence. En résumé, une réflexion intéressante sur le besoin qu’on a de son passé pour vivre.

Edition Gallimard nrf

Millenium 3 - StiegMillénium 3 : La Reine dans le palais des courants d’air

Stieg Larsson

Voilà, dernier tome de la sublissime (oui, au moins) saga Millenium achevé. Je dois dire que je suis en deuil à l’idée de ne plus revoir Mickaël et Lisbeth dans des aventures haletantes et complexes comme ce le fut pendant ces trois tomes (franchement Stieg, t’aurais pu rester en vie un peu plus longtemps…). En tous cas, on peut dire qu’il finit sur un tome magnifique ! Toujours mêlant le thriller, l’économie, la politique, la police, le journalisme d’investigation, le droit des femmes, dans des affaires qui s’élèvent à un niveau international. En effet, le grand méchant de l’histoire n’est rien d’autre qu’un ancien espion russe ayant trouvé terre d’asile en Suède contre des renseignements… Nous entrons dans la SAPO, la police secrète de Suède, où un grand complot s’est monté. Le talent de Stieg Larsson est de nous offrir de nombreux personnages au charisme fort et à la personnalité nuancée, tant ceux qui sont du « bon » côté que ceux qui sont du « mauvais », mais surtout des enquêtes ultra documentées qui ne font qu’enrichir en permanence la qualité non contestable du roman. L’écriture est rapide, efficace mais avec une véritable verve. Pour moi ce tome est le meilleur et rattrape merveilleusement bien le tome deux que j’avais trouvé par moment un peu lent. En bref : à lire ABSOLUMENT !!

Edition Actes Sud


L'homme à la colombe - GaryL’homme à la colombe 

Romain Gary

Depuis que j’ai découvert cet auteur il y a trois ans, je découvre ces œuvres peu à peu, et celle ci me tentait tout particulièrement. Romain Gary a travaillé un moment à l’ONU à un haut poste, et s’est rendu compte très rapidement de la vacuité de cette organisation. Ce livre à la plume acerbe et sans appel dénonce de manière très directe les Nations Unis, après Albert Cohen et son roman Belle du Seigneur dans lequel est dénoncée la Société des Nations à travers ses employés qui font des cocottes en papier dont la taille varie selon l’importance ce l’employé (et ce n’est qu’un exemple parmi les moyens qu’emploie Cohen pour dénoncer cette institution…), nous avons Gary et l’ONU. C’est à l’occasion de ce roman qu’il utilisa un pseudonyme, car lors de la parution de ce livre, il travaillait encore à l’ONU. Autant, la manière d’écrire et les descriptions de l’ONU m’ont fait beaucoup rire, autant l’histoire que Gary met en place pour développer cette critique ne m’a pas convaincue du tout. D’ailleurs, je m’en souvient déjà presque plus… Je conseillerai donc de seulement lire les extraits qu’on peut trouver sur internet qui peuvent être un bon aperçu de la satyre qu’est ce livre.

Edition Gallimard, L’imaginaire

Voilà pour les livres ! Il y en a eu d’autres, mais je n’éprouve pas l’envie de les chroniquer, et un article suivra consacré entièrement à Lire Lolita à Téhéran de Azar Nafisi.

J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, que si vous y êtes encore vous en profitez bien, et que si vous n’en avez pas encore eu qu’elles seront reposantes ! Bonne fin d’été à tous ! 🙂

Quelques livres en vrac… (3)

Bonjour à tous !

Plus d’article depuis un moment sur ce pauvre petit blog, et la faute au bac (uniquement et seulement, pas du tout à cause d’une petite baisse de motivation !). Mais il y a néanmoins quelques livres que j’ai lu dont j’aimerai vous parler, donc je vais uniquement faire des petits avis rapides.

La vie rêvée d’Ernesto GLa vie rêvée d'Ernesto G - Guenassia
Jean-Michel Guenassia

Après Le club des incorrigibles optimistes (dernier livre de la liste) qui avait déjà été un coup de cœur  j’ai renoué avec l’écriture entraînante de cet auteur passionnant dès la sortie de son second livre. Et c’est de nouveau un coup de cœur ! A travers ce roman nous vivons une véritable fresque historique composée des événements historiques majeurs, de chassés-croisé de personnages, de différents pays , de nombreuses villes… Un aperçu fictionnel mais néanmoins réaliste de l’Europe du XXè siècle. Tout commence et s’achève à Prague mais nous passons entre temps à Paris, à Alger, à Chamonix… On croise un pléthore de personnages hauts en couleurs qui se révèlent peu à peu et au sujet desquels on ne sait parfois que penser. Les périodes qui m’ont le plus plu sont celle à Alger, qui m’a permis de découvrir cette ville et de voir la seconde guerre mondiale d’un point de vue plus extérieur, et celle à Prague, lorsqu’on suit Héléna, la fille de Joseph et son improbable histoire d’amour avec ce légendaire Ernesto G… La vision proposée par l’auteur de la Guerre Froide est passionnante et j’espère pouvoir visiter Prague un jour après y avoir imaginé une telle histoire. Un roman envoûtant et instructif qui nous plonge dans les méandres d’un siècle si riche.

Editions Albin Michel
535 pages

La valse aux adieux - KunderaLa valse des Adieux 
Milan Kundera

Après avoir découvert Prague par le livre précédent et d’avoir eu la chance de discuter et d’échanger quelques mails avec son auteur qui m’a conseillé du Kundera je me suis plongée dedans sans trop attendre !  Au final je n’ai pas vu beaucoup Prague mais j’ai énormément aimé. Dans ce genre de roman, ce n’est pas vraiment l’histoire qui est utile, mais ce qu’elle sert à amener comme réflexion. Ici elle est plutôt simple, un homme qui trompe sa femme dont la maîtresse tombe enceinte. Toute une réflexion philosophique autour de la jalousie, du rapport à autrui, de la liberté… Avec un fond politique qu’on peut apercevoir en filigrane qui plane sur tous les habitants de cette agréable ville d’eau. Dernier point, le style de l’auteur qui est très brut et simple mais néanmoins d’une finesse rare. Je retenterai très prochainement une escapade dans l’univers si plaisant de Milan Kundera.

Editions Folio
328 pages

Platon et son ornithorynque entrent dans un bar, la philosophie expliquée par les blagues (sans blagues ?)Platon et son ornithorynque - Cathcart & Klein
Thomas Cathcart & Daniel Klein

Les titres font quand même généralement beaucoup dans notre choix de livres… Et celui-ci est quand même assez irrésistible. Le livre est divisé en plusieurs parties qui renvoient chacune à un thème de la philosophie (métaphysique, logique, épistémologie, existentialisme, philosophie politique et sociale…) chacun étant sous divisé en plusieurs catégories reflétant les différentes mouvances philosophiques. Et ainsi, chaque concept est expliqué tout d’abord par les auteurs dans des termes simples et de manière amusante puis illustrée par des exemples sous forme de blagues. Pour tout dire, leur explication de Descartes me l’a fait apprécier… ce qui n’était pas une mince affaire ! Certaines blagues sont très drôles, d’autres un peu moins mais on passe un très bon moment tout en s’instruisant car si c’est expliqué de manière accessible ce n’est pour autant pas vulgarisé. Alors à votre philo !

Editions Seuil
254 pages

Nos étoiles contraires - GreenNos étoiles contraires
John Green

Alors voilà, je ne lis quasiment plus de littérature jeunesse, mais là j’ai succombé à cause de facteurs divers. On suit Hazel et Augustus, tous les deux atteints d’un cancer. Il y a plus réjouissant je vous l’accorde. Et effectivement on pleure (beaucoup) mais on rit aussi, et il y a une force et une luminosité dans ce roman si sombre qui font qu’on en sort pas totalement déprimé (juste un peu). L’écriture est très fluide et une fois ouvert on ne le referme que la dernière page tournée et les yeux qui brillent d’émotion. Une belle histoire qui nous prend au cœur et qu’on n’oublie pas rapidement.

Editions Nathan
331 pages

Gatsby le Magnifique Gatsby le magnifique - Fitzgerald
Francis Scott Fitzgerald

Lu pour mon cours d’anglais, j’ai peu aimé ce roman à cause de ses personnages creux et superficiels qui m’agaçaient au plus haut point et qui rendent la lecture pénible, et l’analyse qu’on en a fait en cours a confirmé cela. Mais j’étais en désaccord avec l’analyse concernant Daisy principalement, or j’ai été voir le film (que j’ai beaucoup aimé, plus que le livre d’ailleurs, il le respecte bien en y ajoutant même certain éléments et en accentuant le thème des années folles) et il propose une adaptation avec laquelle je suis plus en accord, donc j’ai été un peu réconciliée avec ce livre mais pas au point de le relire ! Cependant je conseille le film, très beau et entraînant.

Editions Folio
202 pages

Les trois romans suivants ont été lus dans le cadre du prix Relay pour lequel j’ai été sélectionnée pour faire partir du jury, et les minis avis que voici sont à peu de mots près ceux que j’ai envoyé comme critique.

Yellow birds - PowersYellow Birds 
Kevin Powers

Me voilà  embarquée en Irak malgré le fait que ce roman ne se rapproche pas du tout de ce que je lis habituellement. Les périodes de combats alternent avec les chapitres d’avant et d’après guerre et j’ai été plus conquise par le style d’écriture de la première, plus rapide, vif et brutal qui reflète la violence, que par celui plus posé et lent, plus descriptif qui montre le désarroi et le mal, voir l’incapacité que le soldat a à revivre une vie normale après les horreurs des conflits. Psychologiquement la seconde partie m’intéressait plus, mais son style a fait que j’ai eu du mal à me concentrer dessus. Le roman s’accélère à la toute fin, et cette accélération aurait été la bienvenue un peu plus tôt dans le roman.
Finalement, un roman nécessaire qui informe sur la guerre et ses conséquences sur la vie d’un homme mais qui ne m’a pas convaincu plus que ça…

Editions Stock 
264 pages

Luke et Jon9782841115105
Robert Williams

Un roman agréable, qui se lit très vite et facilement avec comme thème une relation amicale entre deux adolescents, l’un ayant perdu sa mère et dont la pensée du deuil est le fil rouge du roman, l’autre un garçon un peu excentrique qui se fait violenter au collège. Deux thèmes difficiles à évoquer, et encore plus du point de vue adolescent. Et pourtant l’auteur réussit avec brio à les transcrire avec un style simple mais élégant et beaucoup d’humour malgré les situations parfois graves qui y sont présentées. Les personnages sont attachants et la narration intéressante, on alterne souvenirs et présent sous forme de très courts chapitres, ce qui rend la lecture très fluide. Il m’a malgré tout manqué un petit quelque chose, le petit plus qui fait que j’aurai accroché totalement.
Au final, une histoire vite lue avec plaisir et sourires mais à laquelle il manque un petit peu de pep’s.

Editions Nil
222 pages

Crime d'honneur - ShafakCrime d’honneur
Elif Shakaf 

Un livre dont on ne ressort pas indemne ! Une multitude de personnages avec des liens de parentés plus ou moins proche dans lesquels on se perd souvent au début mais qu’on finit par comprendre au fil des pages par la découverte des caractères bien propres à chaque personnage. On voyage entre la Turquie et l’Angleterre avec cette famille Kurde qui va se séparer pour prendre des chemins différents. Amour et religion, respects des valeurs traditionnelles et volonté de s’adapter dans un pays occidental, sont autant de thèmes qui s’entrechoquent et se croisent tout au long de ce magnifique roman plein de vie et de personnages passionnants. Le roman s’étale à travers plusieurs générations, on suit donc plusieurs personnages et l’évolution de leur vie ce qui donne un très bon rythme au roman qu’on ne lâche que difficilement.
Pour conclure, un livre à lire, qui montre un choc des cultures de manière grandiose à travers un fabuleux roman qui ne laisse pas indifférent.

Editions Phébus
416 pages 

Voilà quelques avis rapides qui permettent de faire revivre un peu le blog d’une manière qui ne me prend pas trop de temps ! Effectivement le bac avance à grands pas et je suis en train de me mettre à jour dans mes fiches (plus que deux chapitres de philo !) et de réviser les chapitres déjà appris, donc je ne pense pas avoir le temps de revenir d’ici la fin des épreuves qui est le 21 juin.

Sinon, j’ai fêté mes 18 ans et j’ai eu deux livres à cette occasion qui me tentent énormément et que je pense lire pendant les vacances, et je me suis fait un petit cadeau également, ont donc rejoint ma bibliothèque : Belle du Seigneur d’Albert Cohen, Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi et Mon journal, morceaux choisis de Marie Bashkirtseff, une artiste au haut tempérament de le fin du XIXè siècle que je suis en train de lire.

Sur ce, je nous souhaite que le soleil revienne afin qu’on puisse de nouveau sortir un peu lire sur l’herbe !  Et en attendant, bonne lecture au chaud sous la couette…

Le monde de Sophie de Jostein Gaarder

 » Qu’est-ce qu’il y a de plus important dans la vie ? Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d’amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c’est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. « 

Première phrase : Sophie Amundsen rentrait de l’école.

Edition : Seuil

Nombre de pages : 618

Mon avis :

Roman initiatique à lire pour toute personne s’interessant un tant soit peu à la philosophie. On découvre en même temps que Sophie, jeune fille de 15 ans, l’histoire de la philosophie de l’Antiquité à nos jours. Le tout, bien sur condensé et rendu abordable pour tous, est absolument passionnant ! Tous les courants philosophiques abordés sont expliqués plus en détails par l’histoire d’un philosophe, une anecdote glissée à propos de ce philosophe ou de l’idée ce qui favorise la mémorisation. Le professeur de philosophie de Sophie (j’en reparlerais plus tard) reste clair et ses cours, bien qu’écrit, ont une tournure assez orale, il pose des questions, interpelle le lecteur (en interpellant Sophie, mais on est tous un peu Sophie dans ce livre.) on ne peut donc pas décrocher car notre attention est toujours sollicitée par une phrase intrigante, une nouvelle idée, le professeur qui nous réveille…

Ce professeur donc, nous le découvrons au fil du récit, à chacune de ses interventions plus intrigantes et atypiques les unes que les autres, notre curiosité ne cesse de s’accroître et on se demande, qui peut-il bien être, pourquoi Sophie, elle et pas une autre, reçoit-elle ces merveilleux cours de philosophie, le fait-il dans un but purement éducatif ou est-ce-que ça lui apportera quelque chose ?

Je reviens sur les cours pour quelques mots, certains chapitres peuvent-être assez rébarbatifs je le reconnais (ça a été le cas pour moi pour celui sur le Moyen-Age qui ne m’a absolument pas intéressé), mais bon, on se force un peu et on avale tous ces concepts, pensée, idéologies, noms de philosophes et on passe au chapitre d’après avec plus de plaisir (et on revient un peu en arrière parce que les notions du chapitre précédent sont réutilisés…). Les cours et la partie romancée (la partie romancée est indissociable des cours, n’allez pas lire que l’histoire !) sont alternés de manière très pédagogue, dès la fin du cours on retrouve Sophie, ses interrogations et sa vie de tous les jours ce qui amène tout de suite du dynamisme et une certaine fraîcheur à l’étouffement et à la monotonie qu’on peut ressentir pendant certains cours.

La trame maintenant, elle est vraiment réfléchie et s’imbrique parfaitement, bien que parfois de façon complexe, avec les cours : c’est une véritable mise en application. La fin, surprenante et magistrale, achève dans un feu d’artifices de questions et d’interrogations ce magnifique roman qu’est Le monde de Sophie.

Livre que je conseille donc à tous, à lire et à relire, à feuilleter lorsqu’on a cinq minutes de libre, à offrir… C’est vraiment un livre que l’on peut relire à tout âge en y découvrant et en y apprenant des nouvelles choses à chaque fois. Pour la première lecture par contre, je conseillerai de le lire sans trop faire de pause car, comme je l’ai dit plus haut, les concepts peuvent être réutilisés, donc il veut mieux s’en souvenir et rester dans l’ambiance si spéciale de ce roman pour éviter de faire des allers-retours entre les pages. C’était pour ma part une seconde lecture, mais je ne me souvenais vraiment pas de la première (sûrement trop jeune), sauf la fin qui m’avait vraiment marquée (et encore, je n’avais pas tout les éléments finaux).

En conclusion, une relecture pleine de surprises, de découvertes, d’apprentissages passionnants et un coup de coeur que je projette de relire l’année prochaine pour le bac de philo’ (et parce que ça me plaît.).

Elle en vint àla conclusion que la philosophie n’était pas vraiment quelque chose que l’on peut apprendre, mais qu’on pouvait peut-être apprendre à penser de manière philosophique. » Page 57.

Et Nietzsche a pleuré d’Irvin Yalom

Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou et à l’échec de leur ménage à trois avec Paul Rée.
Friedrich Nietzsche ou le désespoir d’un philosophe. Le Dr Breuer, l’un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. 
Tout est là pour une magistrale partie d’échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l’élève ? Qui soigne qui ? 
Et c’est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique, que nous convie Irvin Yalom.

Première phrase : Les cloches de San Salvatore arrachèrent Joseph Breuer à sa rêverie.

Edition : Le livre de poche

Nombre de pages : 495

Mon avis :

Coup de coeur pour cet ouvrage magnifique ! 

Justifions un peu… 

Déjà l’histoire qui pour moi est vraiment secondaire, c’est « juste » ce qui permet les échanges entre Nietzsche et le Docteur Breuer (principalement), est très bien amenée et aurait pu se dérouler, elle a même failli se produire d’ailleurs, car Irvin Yalom s’appuie sur des faits réels, des correspondances existantes (entre Nietzsche et sa soeur par exemple) ce qui rend l’histoire tout à fait crédible.

Les échanges entre les personnages sont vivants et entraînants, il y a très peu de descriptions tout est concentré sur les paroles des protagonistes. Le point central du roman est le docteur Breuer qui jouera tour à tour les médecins, patients ou encore professeurs. Les principales conversations sont entre Nietzsche et Breuer mais les quelques conversations que ce dernier a avec Freud, avec son beau frère ou avec Lou Salomée sont tout aussi agréables et plaisantes à lire.

J’ai séparé ce livre en deux parties : une première où le docteur Breuer ne soigne pas encore Nietzsche, il cherche un moyen pour que celui-ci accepte et une deuxième partie durant laquelle Nietzsche se fait soigner. Ou dans laquelle le docteur Breuer se fait soigner ? Une inversion patient/médecin a lieu et on se demande si le docteur Breuer ne s’est pas fait avoir. J’ai préféré la première partie, je ne saurai pas dire pourquoi, peut être car je découvrais, et qu’au bout de quelques pages le charme était moindre ? Toujours est-il que ces deux parties sont aussi captivante l’une que l’autre.

Après avoir lu ce livre, j’ai été me renseigner un peu sur chacun de ces grands personnages, leurs histoires, leurs projets; et j’ai été très surprises de certains faits que je pensais faux et inventés pour le besoin du roman, mais que nenni ! Une bonne partie de évènements sont vrais et très bien intégrés, on assimile sans s’en rendre compte pas mal de connaissances : des faits importants aux anecdotes … Que du bonus question culture générale donc. 😀 

On s’attache aux personnages qui sous la plume de Yalom prennent vie et ont leur propre personnalité (oui parce que les sites de biographies ou autres c’est bien mais c’est un peu prosaïque ^^) . 

Passons à la chose la plus importante et qui m’a le plus marqué dans ce livre : le style d’Irvin Yalom qui est tout simplement enchanteur. A travers son écriture et les personnages choisis il parle des thèmes que je trouve très intéressants (le temps qui passe, le fait de se sentir vivant…) et les approche de manière tout à fait abordable. Le mieux c’est de vous mettre quelques citations que j’ai relevées. (pas toutes, ça serai plus long que mon avis :P)

« Ah le dur labeur sans fin de l’intellectuel… Faire entrer toutes ces connaissances dans le cerveau à travers une ouverture de l’iris qui mesure trois millimètres (…) J’adorerai pouvoir manger avec mes yeux, mais je suis trop fatigué pour entreprendre une lecture sérieuse. »    Freud, page 69/70

« Je suis tout ouïe… Parfois je vois mieux les yeux fermés. »    Nietzsche, page 267 

« J’ai toujours pensé que la vie était une étincelle entre deux néants identiques, les ténèbres qui précèdent la naissance et celles qui précèdent la mort. »   Breuer, page 380

« La solitude n’existe que par la solitude. Une fois partagée elle s’évapore aussitôt. »    Breuer, page 482

Sans oublier que ce livre m’aura permis de savoir écrire Nietzsche ce qui est un point non négligeable. 😀

Pour conclure : une lecture plus qu’agréable, un coup de coeur, un livre que je recommande à tous ! (J’enchaîne les coups de coeur en ce moment, c’est agréable ^^) 

Oh et un grand merci à Sita de m’avoir conseillé ce livre !