Le monde de Sophie de Jostein Gaarder

 » Qu’est-ce qu’il y a de plus important dans la vie ? Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d’amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c’est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. « 

Première phrase : Sophie Amundsen rentrait de l’école.

Edition : Seuil

Nombre de pages : 618

Mon avis :

Roman initiatique à lire pour toute personne s’interessant un tant soit peu à la philosophie. On découvre en même temps que Sophie, jeune fille de 15 ans, l’histoire de la philosophie de l’Antiquité à nos jours. Le tout, bien sur condensé et rendu abordable pour tous, est absolument passionnant ! Tous les courants philosophiques abordés sont expliqués plus en détails par l’histoire d’un philosophe, une anecdote glissée à propos de ce philosophe ou de l’idée ce qui favorise la mémorisation. Le professeur de philosophie de Sophie (j’en reparlerais plus tard) reste clair et ses cours, bien qu’écrit, ont une tournure assez orale, il pose des questions, interpelle le lecteur (en interpellant Sophie, mais on est tous un peu Sophie dans ce livre.) on ne peut donc pas décrocher car notre attention est toujours sollicitée par une phrase intrigante, une nouvelle idée, le professeur qui nous réveille…

Ce professeur donc, nous le découvrons au fil du récit, à chacune de ses interventions plus intrigantes et atypiques les unes que les autres, notre curiosité ne cesse de s’accroître et on se demande, qui peut-il bien être, pourquoi Sophie, elle et pas une autre, reçoit-elle ces merveilleux cours de philosophie, le fait-il dans un but purement éducatif ou est-ce-que ça lui apportera quelque chose ?

Je reviens sur les cours pour quelques mots, certains chapitres peuvent-être assez rébarbatifs je le reconnais (ça a été le cas pour moi pour celui sur le Moyen-Age qui ne m’a absolument pas intéressé), mais bon, on se force un peu et on avale tous ces concepts, pensée, idéologies, noms de philosophes et on passe au chapitre d’après avec plus de plaisir (et on revient un peu en arrière parce que les notions du chapitre précédent sont réutilisés…). Les cours et la partie romancée (la partie romancée est indissociable des cours, n’allez pas lire que l’histoire !) sont alternés de manière très pédagogue, dès la fin du cours on retrouve Sophie, ses interrogations et sa vie de tous les jours ce qui amène tout de suite du dynamisme et une certaine fraîcheur à l’étouffement et à la monotonie qu’on peut ressentir pendant certains cours.

La trame maintenant, elle est vraiment réfléchie et s’imbrique parfaitement, bien que parfois de façon complexe, avec les cours : c’est une véritable mise en application. La fin, surprenante et magistrale, achève dans un feu d’artifices de questions et d’interrogations ce magnifique roman qu’est Le monde de Sophie.

Livre que je conseille donc à tous, à lire et à relire, à feuilleter lorsqu’on a cinq minutes de libre, à offrir… C’est vraiment un livre que l’on peut relire à tout âge en y découvrant et en y apprenant des nouvelles choses à chaque fois. Pour la première lecture par contre, je conseillerai de le lire sans trop faire de pause car, comme je l’ai dit plus haut, les concepts peuvent être réutilisés, donc il veut mieux s’en souvenir et rester dans l’ambiance si spéciale de ce roman pour éviter de faire des allers-retours entre les pages. C’était pour ma part une seconde lecture, mais je ne me souvenais vraiment pas de la première (sûrement trop jeune), sauf la fin qui m’avait vraiment marquée (et encore, je n’avais pas tout les éléments finaux).

En conclusion, une relecture pleine de surprises, de découvertes, d’apprentissages passionnants et un coup de coeur que je projette de relire l’année prochaine pour le bac de philo’ (et parce que ça me plaît.).

Elle en vint àla conclusion que la philosophie n’était pas vraiment quelque chose que l’on peut apprendre, mais qu’on pouvait peut-être apprendre à penser de manière philosophique. » Page 57.

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