Théâtre : Le joueur d’échec de Stefan Zweig, adapté par Yves Kerboul

            Mercredi soir j’ai été voir l’adaptation théâtrale du Joueur d’échec de Zweig adapté par Yves Kerboul et joué par André Salzet au théâtre du Lucernaire. C’est un théâtre où j’avais toujours voulu aller sans trouver le temps pour le faire, mais maintenant que je ne travaille pas loin, je compte bien en profiter ! Leur programmation est toujours très intéressante et de plus le lieu est très agréable, en plus de plusieurs petites salles, il y a également un cinéma, un café, une librairie avec un peu de neuf et beaucoup d’occasion, un café-restaurant… Bref, un bel endroit plein de vie où l’on trouve toujours quelque chose à faire.

            J’étais assez curieuse de voir comment une pièce de Zweig pouvait être adaptée au théâtre car ce qui me touche le plus chez cet auteur c’est sa manière de décrire les sentiments, comment il construit ses personnages et les inscrit dans un contexte qui permet d’exacerber un sentiment et de l’analyser par ce prisme. J’ai donc pris ma place sans m’être renseignée sur la pièce auparavant.

            Pour un rapide speech de la nouvelle, le narrateur embarque sur un bateau où se trouvent le meilleur joueur d’échec au monde et un autre homme qui va se révéler très doué malgré le fait qu’il n’ait « pas touché un échiquier depuis plus de vingt ans ». Monsieur B., prisonnier des allemands pendant la guerre a appris à jouer aux échecs grâce à un manuel subtilisé, et cela deviendra une folle passion. Le joueur d’échec c’est donc l’histoire de cette captivité mais aussi d’un affrontement entre deux hommes…  Ou peut-être, plutôt, entre un homme et son passé.

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            Je m’attendais à une réelle adaptation, avec changement du texte romanesque pour un texte théâtral au sens propre, avec plusieurs comédiens, etc. Et je voyais difficilement comment de cette manière serait restituée la finesse d’analyse de Zweig. Et effectivement, cela aurait été vraiment compliqué. Il y a donc uniquement un comédien, qui a appris le texte en entier et qui va le faire vivre, et ça pendant plus d’une heure, sans aucune sortie de scène.

            Quatre personnages prennent la parole dans ce livre, le narrateur, Czentovic le champion d’échec, Monsieur B. et un écossais, qui n’a pas un rôle très important. Pour chaque personnage le comédien adopte une posture spécifique, une manière de se déplacer, un masque sur son visage. Il y a un vrai travail sur le corps qui est vraiment intéressant à observer et fascinant, rien que grâce à ça on voit que le personnage change de rôle alors qu’il n’a pas encore parlé. En plus de ça évidemment la voix est différente selon chaque personnage, certains ont des accents d’autres une prononciation particulière, etc. La diction est vraiment parfaite, les blancs calculés, le suspense qu’on ressent à la lecture est vraiment bien rendu. Au niveau du comédien même, j’ai eu du mal à fixer ses traits car il semble vraiment différent à chaque rôle, on oublie quand il change de rôle qu’il était un autre la seconde d’avant, et c’est assez incroyable à voir.

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            Les jeux de lumières sont également très importants, la pièce n’ayant aucun décor excepté une chaise, ceux-ci réussissent à recréer les différents lieux de la nouvelle : la chambre/cellule de Monsieur B. durant son emprisonnement représenté par un cercle de lumière fixe, le pont du bateau grâce à une lumière froide, le fumoir où est le jeu d’échec ayant une lumière plus chaude. Ce sont vraiment les détails qui font la puissance de cette représentation qui pourrait, à première vue, paraître simpliste.

            En conclusion, un vrai coup de cœur et une redécouverte de ce texte qui m’avait déjà beaucoup plu lorsque je l’avais lu il y a quelques années, et qui me pousse à aller au théâtre plus souvent !

Lorenzaccio d’Alfred de Musset

LORENZO : Ma jeunesse a été pure comme l’or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s’est amoncelée dans ma poitrine ; et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout à coup, une certaine nuit que j’étais assis dans les ruines du Colisée antique, je ne sais pourquoi je me levai ; je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu’un des tyrans de ma patrie mourrait de ma main. J’étais un étudiant paisible, et je ne m’occupais alors que des arts et des sciences, et il m’est impossible de dire comment cet étrange serment s’est fait en moi. Peut-être est-ce là ce qu’on éprouve quand on devient amoureux.

Première phrase : LE DUC : Qu’elle se fasse attendre encore un quart d’heure, et je m’en vais.

Edition : Folio théâtre

Nombre de pages : 318

Mon avis :

Oui, je sais, j’avais dit que parler des livres que j’étudiais en cours n’était pas ce que je préférais. Mais il se trouve que j’ai eu l’idée folle (un jour d’inventer l’école…) d’essayer de m’en tenir à au moins un article par mois, or cela fait un peu (beaucoup) plus d’un mois que le précédent article (Anna Karénine donc si tout le monde suit) a été posté, et étant donné que depuis je n’ai pas lu beaucoup ou alors seulement papillonné entre quelques livres et que de plus, j’ai envie d’écrire autre chose que des dissertations sur Lorenzaccio, je me lance dans un avis sur cette pièce à la richesse incroyable. (Annonce subtile pour dire que le billet risque d’être long… Vous êtes prévenus).

Lorenzaccio est un drame romantique écrit en 1833 et publié en 1834 dans le cycle Spectacles dans un fauteuil, cycle regroupant des pièces n’ayant pas à vocation d’être jouées mais seulement d’être lues. Ce cycle a vu le jour suite à l’échec de Musset au théâtre avec la pièce Nuits vénitiennes qui a été très déclamés par les critiques de l’époque. On va déjà parler de l’histoire, ou plutôt de l’Histoire et des histoires.

De l’Histoire car la pièce s’inspire d’un de ses nombreux épisodes pour la trame principale du récit et les personnages en général, et des histoires car un nombre important d’intrigue se tissent dans cette pièce. C’est tout d’abord l’histoire de Florence, ville berceau de la Renaissance italienne, qui se retrouve sous le joug d’un Médicis, le Duc Alexandre, faisant passer ses intérêts personnels avant la gouvernance de cette ville si chère aux habitants.

La pièce se passe en 1536 et s’inspire d’éléments réels de cette époque, non dans le but forcément de les faire connaître, mais surtout car ses évènements ressemblent à ce qui se passe en France au moment où il écrit ce livre. L’envie d’éviter la censure, ajouté au souhait romantique de dépaysement et de voyage explique le lieu et la date où se déroule la pièce. En France, la Révolution a eu lieu depuis quelques années et s’est fait suivre de la Terreur, de l’empire napoléonien qui a été une débâcle  et de l’espoir avorté de la révolution de Juillet à laquelle s’est substituée une énième monarchie. Musset, enfant de cette génération atteinte du mal du siècle fera ressentir son idéal politique dans cette pièce à travers des personnages historiques, devenus sous sa plume, théâtraux. Pour cela Musset met plusieurs intrigues en place.

La principale trame concerne le personnage éponyme de ce roman qui porte un masque, masque qui se confond parfois avec son véritable visage. D’une part il est le Lorenzo corrompu par le vice qui accompagne le Duc de Florence, dans toutes ses visites nocturnes et nuits d’ivresse ; de l’autre un Lorenzo honnête qui n’approche le duc dans l’unique but de le tuer et rendre à Florence sa beauté et son éclat perdus. Républicain désenchanté, il effectuera son action sans croire qu’il pourra réellement faire changer quelque chose. Ce personnage, complexe et double, est difficile à cerner à cause du masque qu’il dit porter mais qui déteint de plus en plus sur son âme. A partir de là on se demande s’il agit vraiment dans un but républicain ou s’il a cédé à la tentation de la débauche. Il ne nous donne jamais réellement la clé, mais la vision des autres personnages sur lui sont un relais pour nous, pauvres lecteurs parfois un peu perdus ! Lorenzaccio par son caractère double est très intéressant, et les flash-back sur son enfance lors de ses discussions avec sa mère contribuent grandement à l’attachement qu’on lui porte car ils nous permettent un suivi du personnage, une vision de son évolution.

Deuxième intrigue, celle du clan Strozzi, avec à sa tête Philippe Strozzi que l’on peut voir comme un père pour Lorenzo. Famille importante et républicaine de Florence, elle s’oppose également au régime instauré à Florence.  Philippe dans son rôle d’idéaliste républicain fait figure du père attaché à ses enfants, d’un homme droit et juste en qui on peut avoir confiance. C’est un des personnages que j’avais le plus plaisir à lire, ces paroles toujours empruntes d’une sagesse due à l’âge sont souvent un régal tant dans la forme que dans le fond. Son côté pacifique s’oppose à celui de son fils Pierre qui est d’un naturel assez violent et impulsif qui contraste avec la pondérance de son père.  Dernier membre clé de la famille, Louise, la pupille, l’honneur de la famille. C’est d’un incident avec cette dernière que découlera l’intrigue Strozzi.

Dernière intrigue, celle de la Marquise de Cibo, une des quatre femmes de la pièce et la plus mise en avant. Totalement indépendante des autres intrigues, son attachement à Florence la pousse à se sacrifier en trompant son mari avec le duc, espérant que grâce à ces charmes elle arrivera à lui faire changer de politique. Autre personnage important de l’intrigue, le Cardinal, confesseur mais également beau-frère de la Marquise, qui va essayer de la faire chanter en la menaçant de dévoiler au Marquis sa liaison si elle ne l’aide pas dans ses rêves ambitieux d’avoir le pouvoir. Le plan de la marquise échouera, mais malgré ça elle apparaît comme une femme rusée et qui ne cède pas aux pressions exercées sur elle, elle va au bout de ses convictions et ne se laisse pas faire, ces traits de caractère la hisse au même niveau que Philippe Strozzi dans le palmarès de mes personnages préférés de la pièce.

Vous aurez compris qu’avec tant d’intrigues, il y a forcément nombre de personnages importants, je vous ai esquissé un portraits des principaux mais pas moins d’une trentaine construisent la pièce et introduisent diverses réflexions.

La ville de Florence a un rôle important dans cette pièce, plus qu’un lieu elle peut s’apparenter à un personnage par la proximité qu’ont les personnages avec elle. Tantôt mère, tantôt bâtarde, son omniprésence dans la pièce la rend incontournable et importante. Sa vision change selon les personnages qui en parlent mais il y a néanmoins un attachement viscérale pour beaucoup des personnages à cette « forêt pleine de bandits ».

Que dire d’autres ? Le genre de la pièce, allons-y. Lorenzaccio est une des pièces majeures du drame romantique qui a été théorisé par des auteurs comme Stendhal, Hugo ou de Vigny dans différents textes. Son appartenance au genre se confirme par le non respect de l’unité de lieu et de temps, par le lieu et la date où se place l’action, par la multiplicité de ses personnages et décors; par le symbole politique qu’il présente et par la mélancolie qui s’en dégage. Tant d’éléments qui sont en rupture totale avec le théâtre classique et présentent le drame romantique en un exemple bien concret.

Et qu’en est-il de sa représentation ? Malgré le côté non-représentable dont Musset a doté sa pièce, elle a été mise en scène de nombreuses fois mais toujours de manière « tronquée » : disparitions de scènes, de dialogues, d’acte même entier ! Je dirai donc que Musset a réussi son pari car Lorenzaccio porté au théâtre mérite plus le nom d’adaptation que celui de représentation.

Pour conclure, c’est une pièce extrêmement dense et qui rompt totalement avec le théâtre classique, ce qui la rend passionnante à lire et à étudier. Mieux vaut connaître le contexte avant de se lancer dedans sinon le début de la pièce peut paraître un peu compliqué à comprendre même si tout s’éclaire généralement après. Je conseille quand même une édition avec quelques notes pour rentrer totalement dans la pièce (par exemple l’édition Folio Plus Classique qui est en plus orné de l’affiche que Mucha avait fait pour la pièce, que demander de plus !).  Sur ce je retourne étudier un passage du livre !

(Et bravo à ceux qui ont tout lu, chapeau bas, moi faire ce billet m’aura permis de réviser tout ce que j’ai déjà vu sur ce livre en vu d’un devoir très bientôt !)

Quelques livres en vrac…

Vous aurez remarqué que ce blog est (un peu) en mal d’articles en ce moment. La faute au manque de temps, de motivation et aussi de lectures… Je vais donc faire un billet avec les livres que j’ai lu cette année qui ont été des coups de coeur mais que je n’ai pas chroniqués parce que j’étais en vacances ou autres :). Je rajoute également mes derniers livres lus, juste un petit avis express dessus !

La grammaire est une chanson douce
Erik Orsenna 

C’est un livre très court qui nous transporte dans un monde où les mots sont bien vivants, habitent dans des villages différents selon leur nature grammaticale (j’ai l’impression de revenir en primaire.), sont susceptibles mais précieux pour tous. Ces cent cinquante pages sont un hymne à la langue française et à toutes ses complexités qu’on en vient à apprécier au fil des pages. A faire lire à tous ! (Je l’ai d’ailleurs conseillé à mon frère de 12 ans qui a beaucoup aimé.)

Edition Le livre de Poche
150 pages, 5.00 euros

  La Porte des Enfers 
  Laurent Gaudé

Avec ce roman nous sommes plongés dans un univers noir, dérangeant qui a pour cadre la ville de Naples. Un couple     doit faire face à la mort de leur enfant, deuil qu’ils vont faire en essayant de se venger. Laurent Gaudé mêle avec brio le     fantastique, le mythologique, le drame, le récit épique et encore d’autres genres sans jamais égarer son lecteur, au contraire ce mélange rend la lecture encore plus attractive et prenante. Fortement conseillé !

Edition Acte Sud
266 pages, 19.50 euros

Mémoires d’une jeune fille rangée
Simone de Beauvoir

Cette première partie de la vie de Simone Beauvoir qui va jusqu’à sa vingt-et-unième année est tout simplement passionnante ! Je voulais lire des biographies et plus particulièrement de autobiographies, je me suis donc plongée dans celle-ci pendant les vacances d’été. Je n’ai pas été déçue du tout, au contraire j’ai été passionnée par la vie de cette femme. Je me suis retrouvée dans ses pensées et principes pendant une bonne partie du livre, ses réflexions sur la religion, le mysticisme sont très intéressantes. On découvre avec joie le Paris des années cinquante et la vie mondaine de Simone qui ne reste pas dans la cage imposée à son âge et à son sexe mais qui au contraire brave les interdits et nous entraîne dans les bars et les dancings, lie des amitiés masculines, lis des lectures interdites… N’hésitez pas à vous plongez dedans.

Edition Folio
473 pages,  8.10 euros


L’attentat

Yasmina Khadra

Attention livre choc ! On en ressort retourné, claqué, éprouvé, ébranlé… Vous avez compris l’idée. Nous suivons le docteur Amine, chirurgien à Tel Aviv en Palestine. En soignant les victimes d’un attentat il va découvrir que sa femme en est la responsable. A partir de là commence la descente aux enfers de cet homme : refus, incompréhension, désespoir et quête pour comprendre le geste de la femme qui partageait sa vie. Nous sommes donc plongés dans le conflit israëlo-palestinien et ce roman permet de mieux le comprendre, de l’aborder de l’intérieur, d’en avoir un autre point de vue. Les personnages sont parfaitement réalistes et c’est cela qui effraie le plus. Les différents points de vue permettent à l’auteur de parfaitement rendre compte de la complexité de la situation, tout en restant objectif et impartial. La plume est exquise, tout en poésie et métaphores. Une lecture indispensable.

Edition Pocket
246 pages, 7.20 euros

Le Portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde 

Premier roman que je lis de cet auteur (et le dernier, vu que c’est le seul qu’il ait écrit) et je suis sous le charme de cette plume incisive, ironique, et cruelle pour la société et les rapports humains. L’histoire – un homme qui souhaite conserver sa jeunesse éternellement et qui pour ça enferme son âme et sa vieillesse dans un tableau – est superbe mais ce qui m’a surtout touchée et séduite fût la façon dont l’auteur nous emporte dans le Londres du XIXème siècle grâce aux mots. Oscar Wilde nous livre ici des personnages haut en couleur, Lord Henry remporte de loin la palme du meilleur personnage pour moi ! Sa répartie et sa finesse sont à déguster sans modération. Un chef d’oeuvre !

Edition Le Livre de Poche
285 pages, 3.50 euros

Les Grandes Espérances
Charles Dickens

Une plume délicieuse, des rebondissements, une société anglaise dépeinte avec la plume incisive de Dickesn, des personnages creusés que l’on prend plaisir à suivre dans l’Angleterre du XIXème siècle qui s’industrialise. Une bonne découverte, un peu long, les 700 pages peuvent faire peur mais l’écriture est très contemporaine, on a du mal à croire que ça a été écrit en 1861 ! Miss Havisham et son caractère détestable mais tellement attachant m’ont beaucoup plus, ainsi que Mr Jaggers et ses manières. Je vais sûrement continuer ma découverte de cet auteur avec ses contes de Noël.

Edition Le Livre de Poche
700 pages, 7.50 euros

Nietzsche
Stefen Zweig 

Un livre captivant pour toute personne s’intéressant à Nietzsche. Un résumé passionnant de sa vie, sa pensée, ses principes, qui est servi par une plume exquise, toute en poésie et en douceur avec quelques touches d’ironie. A lire sans modération pour en comprendre toute la portée.

Edition Stock
152 pages, 8.05 euros

Le Libraire de Kaboul
Asne Seistreid

Un témoignage d’une journaliste Suédoise qui a vécu dans une famille afghane après la chute du régime taliban, mais avec de nombreux retour en arrière qui nous dévoilent une partie de la vie de plusieurs membres de la famille. Nous découvrons la condition de la femme , différentes visions de la religion, l’autorité paternelle indiscutable… Très intéressant et instructif. On constate une opposition intéressante entre les idées de Sultan, le père de famille, qui accepte la nouveauté, ses idées sont relativement novatrices, et la cage de traditionnalité dans laquelle il enferme sa famille. L’écriture est journalistique et essaie de garder un certaine objectivité même si l’on sent parfois la révolte de l’auteur face à certaines conditions. J’ai relu certaines phrases plusieurs fois pour les comprendre, mais c’est peut-être dû à la traduction. Une lecture très intéressante.

Edition Le Livre de Poche
346 pages, 6.00 euros

Les Sirènes de Bagdad
Yasmina Khadra

Dans la continuité de L’attentat, ce livre nous fait découvrir la vie dans Bagdad à travers un personnage que l’on voit s’enfoncer dans un destin de plus en plus sombre. Une vision intérieure très intéressante de la guerre Irakienne et de l’intervention des Américains dans celle-ci. Ce livre est tout intéressant que L’attentat mais il m’a moins marqué, sûrement parce que je n’ai pas pu le lire d’un coup contrairement au précédent, mais l’histoire est tout aussi dure.

Edition Pocket
318 pages, 6.60 euros

Juste la fin du monde
Jean-Luc Lagarce

Cette pièce de théâtre présente une écriture surprenante, hachée ma qui arrive à rester très musicale. Cette pièce montre bien que le théâtre doit être joué et non lu, aucune didascalie n’est présente. Il faut arriver à se représenter et les personnages pour bien comprendre le texte, le visualiser. C’est une très belle pièce sur les rapports familiaux, particulièrement fraternels, sur les non-dits dans les familles, les rancunes passées qui resurgissent et sur l’absence d’un proche. L’auteur nous plonge dans une famille, la sienne en l’occurrence, dans son intimité, mais c’est une intimité universelle, qu’on retrouve en chacun. Grâce à cela la pièce acquiert une portée universelle. A lire à voix haute !

Edition Les Solitaires Intempestifs
40 pages, 10 euros

Voilà, un petit aperçu et une mise à jour de mes lectures pour bien commencer l’année !

J’espère que vous avez passés un beau Noël, j’essaierai d’être un peu plus présente en 2012 mais je ne garantis rien. 🙂

Bon passage en 2012 😉