La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette

La Princesse de Clèves - La Fayette

La Princesse de Clèves met en scène, à la cour du roi Henri II, un trio tragique : le duc de Nemours est épris de la princesse de Clèves, qui l’aime en retour, mais est adorée de son époux… Par refus de s’abandonner à une passion coupable, la princesse commet l’irréparable : elle avoue tout au prince. Et cet aveu central dont dépend l’issue du drame a fait couler beaucoup d’encre, ainsi que le résume la romancière Marie Darrieussecq : « Les premiers lecteurs de Mme de La Fayette, au XVIIe siècle, le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIe siècle, cet aveu, on l’a trouvé charmant. Au XIXe, immoral. Au XXe, idiot : mais quelle l’épouse donc, son bellâtre de cour ! Et au début du XXIe, on dit qu’il ne faut plus lire ce livre, mais c’est encore une autre histoire. »

Première phrase : La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.

Edition : GF Flammarion

Nombre de pages : 362 pages

Mon avis :

La princesse de Clèves… Lorsque l’on en entend parler sa réputation de roman ennuyeux, plein de noms et d’intrigues de cour précède le roman en lui-même. Et à tort !

J’étais la première, ou en tous cas pas la dernière à le penser. Je l’avais lu en seconde et ça avait été assez laborieux, je crois même que j’avais sauté pas mal de pages dans la première partie. Et ma relecture fut une véritable découverte, j’ai donc très hâte de l’étudier à la fac pour en voir tous les mécanismes cachés.

Il est vrai que la première partie est remplie de 25 noms par pages, d’alliances entre diverses personnes, de maîtresses, de roi et de reines… Et il y a facilement de quoi se perdre. Mais finalement j’ai beaucoup aimé cette première partie où avec quelques retours en arrière pour se souvenir qui est telle personne ou telle autre, on arrive à avoir un aperçu de la cour assez global et cela permet de situer La princesse de Clèves par rapport à toutes ces personnes. De plus, on ne reste pas uniquement concentré sur la cour dans laquelle la Princesse évolue, il y a également des retours dans le passé sur certaines intrigues pour mieux comprendre les rivalités qui sont en place au moment où se passe l’histoire.

Mais il y a aussi la description de l’héroïne, Mademoiselle de Chartres, future Princesse de Clèves : une très jeune-femme n’ayant jamais vécu à la cour et donc très pure, vertueuse, mais également pleine d’éclat et d’une grande beauté. Beauté dont on comprend qu’elle l’expose particulièrement dans un lieu où elle est louée.

Dans tout le livre il y a vraiment un côté tragique, on sait que ça ne finira pas bien et la fin n’est pas l’intérêt du livre même, l’intérêt c’est cette sorte de destin funeste que les personnages eux-mêmes s’emploient à mettre en place au nom de convictions, de principes, de respect d’une personne.

La Princesse de Clèves est également connu comme le premier roman psychologique français, et cette fois à raison.  La Princesse de Clèves est torturée par ses sentiments, elle se découvre au fur et à mesure du roman, découvre ce qu’est l’amour, la jalousie, elle analyse son comportement et ce que ses actions ou celles d’autrui pourrait provoquer.

Ce thème principal de l’amour (interdit) rappelle les romans précieux par les personnages de la Princesse et du Duc de Nemours, son amant interdit, qui sont tous les deux supérieurs aux autres par leur beauté et leur éclat ; par les nombreuses réunions dans les salons où l’amour est le thème principal des conversations…

Mais j’ai surtout pensé au libertinage à la lecture de ce roman. Il se voit particulièrement à travers les conversations dans ses salons où il s’agit de séduire mais sans se faire remarquer des autres, donc en utilisant un langage propre, des moyens détournés pour se faire comprendre de la personne désirée. On voit également le libertinage dans le personnage du Vidame de Chartres qui est loin d’être fidèle, mais également dans le comportement de Madame de Thémines, une soi-disant veuve éplorée…

Sinon, mis-à-part la première partie du roman, et encore, je trouve ce livre plein de rebondissement et d’actions (oui, oui, d’actions). La passion qui ressort de ces pages donne un véritable élan au roman, une étincelle qui fait qu’on suit les personnages dans leur amour.

Je pense également que le fait de l’avoir déjà lu m’a apporté un regard différent que lors de ma première lecture, je savais sur quoi il fallait que je m’attarde, j’ai fait attention à des détails que je n’aurai pas forcément vu en le lisant pour la première fois… Un livre à lire et à relire donc !

Evidemment le style est délicieusement suranné, les constructions ne sont pas les mêmes au XVIe siècle qu’au XXIe forcément mais on se régale. Il y a une grande délicatesse, une certaine pudeur, un style assez naturel et pas prétentieux du tout.

Pour conclure, la redécouverte d’un magnifique classique de la littérature française qui montre les ravages que la passion peut faire dans le cœur d’une jeune-femme vertueuse, méritante et honnête,  et les tourments qu’elle peut apporter.

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12 réflexions sur “La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette

  1. J’ai découvert ce livre au lycée et je l’avais moyennement apprécié. Maintenant, en y repensant, je me souviens de beaucoup de détails. Il faudrait que je le relise aussi. ^^

  2. J’ai lu « La princesse de Clèves » il y a plusieurs années. J’en garde un souvenir plutôt imprécis, mais celui d’avoir adoré cette lecture! J’ai bien l’intention de relire ce texte un jour…

  3. Ton avis ne pouvait pas me faire plus plaisir Eli !! Je suis ravie que tu ai aimé à ce point ce grand classique. Et au passage, tu me donnerais presque envie de le relire… 😉 Il faudra peut-être que je le remette dans ma PàL !

  4. Tu me donnes envie de commencer ce livre !
    C’est vrai qu’à première vue on pourrait croire que c’est ennuyeux, mais comme souvent avec les classiques, on a aussi régulièrement de très bonnes surprises, quand on va un peu au-delà de ces a priori.

    • Ah je suis contente alors ! Je me suis un peu fixée comme but avec cet article de faire lire ce classique ou au moins de changer un peu l’opinion que l’on peut avoir dessus 😉

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