Flux
Articles
Commentaires

Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden-boy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en serial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.
Portrait lucide et froid d’une Amérique autosatisfaite où l’argent, la corruption et la violence règnent en maîtres…

Première phrase : ABANDONNE TOUT ESPOIR TOI QUI PENETRES ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de Chemincal Bank, presque au coin de la Onzième avenue et de la Première avenue, en caractères assez grands pour être lisibles au fond du taxi qui se faufile dans la circulation pour sortir de Wall Street, et à l’instant où Thimoty Price remarque l’inscription un bus s’arrête et l’affiche des Misérables collée à son flanc lui bouche la vue mais cela ne semble pas contrarier Price, qui à ving-six ans et travaille chez Pierce & Pierce, car il promet cinq dollars au chauffeur s’il monte le son de la radio, qui passe Be My Baby sur WYNN, et le chauffeur, un Noir, un étranger, obtempère.

Edition : 10/18

Nombre de pages : 529

Mon avis : 

Premièrement c’est un livre violent, très violent. Tant moralement, psychologiquement que physiquement. J’ai lu quelques scènes en diagonales tant c’est parfois insoutenable, donc personnes sensibles, je ne vous le conseille pas vu que c’est principalement cette violence qui sert en tant qu’outil de dénonciation.

Cette dénonciation concerne la société de consommation américaine, l’extrême richesse qui ne s’intéresse qu’à des détails futiles et qui au final, a tellement tout qu’elle ne sait plus quoi faire de ses journées. Alors elle va au restaurant, dans des bars, se fait faire des manucures, va au centre sportif, boit, se drogue, et dans le cas de notre héros, en vient à tuer.

Cette critique est très intéressante mais la manière de faire est parfois un peu lourde. Nous avons le droit à une description détailllée (de la veste aux chaussettes) de ce que porte chaque personne rencontrée, même une secrétaire ou un collègue avec qui il échange à peine deux mots (et ne vous imaginez pas une petite description, on a la matière de chaque vêtement, ainsi que sa marque. Surtout sa marque. Dont je n’ai pour la plupart jamais entendu parler d’ailleurs). Mais se ne sont pas seulement les vêtements qui sont décrits de cette manière là, chaque objet, chaque action est détaillé de manière à bien nous faire comprendre que même l’objet le plus anodin est exceptionnel et demande une grande richesse de la part de Bateman : on ne croise pas tous les jours une bouilloire sifflant Tea for two quand l’eau bout… De ces descriptions s’ensuivent des rencontres toutes plus futiles les unes que les autres : les personnages sont incapables de se reconnaître, ils cherchent tout le temps à savoir qui est qui, en se trompant généralement ce qui montre bien l’interchangabilité de ces derniers, des soirées qui se ressemblent toutes entrecoupées de rails de coke et de cocktails J&B on the rocks. Le monde est séparé en deux : ceux qui savent s’habiller et ceux qui ne savent pas, ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas, et ça change tout.

Parlons un peu du personnage principal, que j’ai un peu de mal à appeler héros. Patrick Bateman est un jeune cadre flamboyant de Wall Street, auquel ses amis et autres connaissances demandent conseil pour savoir avec quoi peut se mettre un costume en laine et autres questions existentielles de ce genre. Toute trace d’humanité est difficile à trouver en lui, si ce n’est son humour glacial et cynique. On se retrouve plongé dans ses pensées, toujours très cadrées et structurées au début du récit, puis il tombe de plus en plus de la folie, ce qui accompagne la montée de la violence qu’on abordera plus tard. Donc par là déjà le récit est très violent, on est quand même dans la tête d’un psychopathe pendant 529 pages, ce qui n’est pas rien. Il ne supporte pas la pauvreté dans laquelle il ne voit que médiocrité et versatilité, ce qui se voit particulièrement lorsqu’il compte les clochards dans les rues. Aucune motivation sur ces gestes nous est donné, si ce n’est l’envie, le besoin. Tuer devient son addiction, car la drogue ne lui suffit plus pour sortir de son ennui.

Mais si ce héros par sa sociopathie n’éveille en nous aucun sentiment, les horreurs commises elles, oui. Et étonnemment, il y a de l’humour. Un humour totalement absurde qui se voit principalement dans les dialogues, tant superficiels qu’ils en deviennent drôles. Entre une conversation de plusieurs pages où des personnages dissertent des bienfaits de  l’eau minérale, une autre où Bateman cherche désespéremment le noms des rennes de Noël, ses blagues aux SDF, ou encore la scène où ils restent trois heures au téléphone à tergiverser sur quel restaurant ils iront dîner le soir même, vraiment l’humour est là, absurde, noir et trash mais il est là, après il faut apprécier ce genre d’humour.

Au fil de ma lecture, je trouvais que ça se répétait et pendant les quelques pages du milieu c’est le cas. Ce n’est qu’un étalement du rien, du vide qui en est tellement creux que ça devient lassant. Ensuite on assiste a une montée crescendo de la violence qu’on voit assez clairement par le fait qu’on ne peut plus y croire. Je m’explique, au début du roman, le premier meurtre effraie et horrifie, les derniers ne sont plus que dégoût et écoeurement devant tant d’horreur. C’est tellement trop qu’on n’y croit plus, ce n’est plus crédible.

Mais pour autant, je ne rejoins pas la thèse de ceux qui disent que tout ceci est le résultat d’un fantasme de Bateman qu’il invente pour se sortir de son ennui. En fait, à mon sens, le fait que se soit un fantasme ou pas n’est pas important, ce qui compte c’est de l’avoir écrit qu’on nous le raconte, qu’on visualise, car que se soit vrai ou pas, Bateman le vit et nous, nous subissons ces descriptions aussi précises dans la description des vêtements que dans les actes de tortures, de viols et de meurtres. Et la dénonciation est toujours là.

Pour le style de Ellis, j’ai vu que plusieurs personnes le trouvaient assez exceptionnel,alors certes ses descriptions très minutieuses sont impressionnantes et ils arrive à nous donner un aperçu complet de ce qui se passe en saisissant les moindres expressions des personnages. Mais je n’ai pas été convaincue plus que ça personnellement.Reste que malgré ces descriptions, les pages se tournent très vite.

En résumé, un livre qui marque par la dénonciation de cette société du toujours plus riche et par ses descriptions, mais qui malgré tout s’étalent un peu trop au milieu du roman. Un livre qui part ses premiers et derniers mots, ne laisse aucun espoir. (Et non, je ne vous dirais pas le dernier, il va falloir lire le livre !). Je lirai sûrement un autre livre de cet auteur, mais pas tout de suite. Si vous avez des conseils, n’hésitez pas !

Muze

Exceptionnellement, je ne vous parlerai pas de livres aujourd’hui bien que cela reste en rapport plus ou moins direct avec la littérature.

Depuis un an je suis abonnée au magazine trimestriel Muze. C’était tout d’abord un magazine mensuel, qui est devenu trimestriel en juin 2010 changeant totalement de format. C’est maintenant une magnifique revue qui se rapproche plus du beau livre que du magazine par son esthétique toujours très soignée et ses photos de superbe qualitée. La revue est toujours séparée en cinq grandes thématiques : Artistes, Monde, Société, Ego et l’Atelier d’écriture.

La première partie parle d’artistes, d’expositions, d’oeuvres sur un thème choisi ; la seconde est un grand dossier sur un pays et sur un thème particulier de ce pays parfois, mais un thème assez global qui permet d’avoir un bon aperçu général du pays (Yémen, Portugal, Japon, Argentine…  : on voyage d’un bout à l’autre du monde !). Ensuite, la troisième thématique se fonde sur un problème, une question, un phénomène social contemporain comme l’humanitaire, la femme dans le travail, l’adaptation livres/films… etc. L’avant dernière thématique est centré sur la personne. De la maternité à l’imagination en passant par l’amitié (dossier qui m’a d’ailleurs énormément intéressé !), différentes facettes de l’ego, du moi, sont présentée et toujours passionnantes ! Et enfin, on termine par l’Atelier d’écriture, où un thème est donné avec parfois possibilité d’envoyer ses écrits. Toujours agrémentées d’interviews de professionnels, cette rubrique aborde des genres différents d’écriture (poésie, scénarios, romans..) ce qui la rend toujours intéressante !

Toutes ces rubriques sont toujours accompagnées de photos magnifiques, d’interviews passionnantes, de nouvelles écrites par des auteurs comme Poe, ou des auteurs contemporains et même des lecteurs de Muze. La mise en page est très soignée, les dossiers sont fournis mais chaque article qui aborde une facette différente du thème, a trouvé sa bonne longueur pour qu’on le lise sans se dire qu’il manquerait quelques détails ou sans se demander quand arrive la fin. On retrouve aussi dans chaque dossier une bibliographie et vidéographie sur le sujet traité, de quoi trouver des idées lectures et dvd !

Personnellement j’ai une préférence pour la rubrique Ego qui m’intéresse à chaque fois, ainsi que pour celle Monde, dès qu’elle aborde la manière de vivre des différentes populations. Ca doit être mon côté ethnologue et anthropologue qui ressort. (Plus sérieusement, des études dans ces domaines m’intéresseraient énormément, surtout dans ce dernier.)

Voilà donc un magazine culturel axé sur la culture féminine mais pour tous ! (Je me fais comprendre ? En gros c’est sur des femmes mais, il n’y a pas que les femmes qui peuvent lire sur les femmes, hum.) Je vais les citer ça sera plus simple : La revue culturelle au féminin. Voilà, tout de suite c’est plus clair.

Résumons : Muze est donc une revue culturelle trimestrielle au design soignée, aux articles agréables et intéressants, le tout sous un format broché avec de belles photos. Il réuni lecture, écriture, philosophie (un peu), refléxions sur le monde, actualités, histoire de l’art et encore plein d’autres sujets selon les thèmes abordés. Je ne sais même pas pourquoi vous êtes encore là, on se dépêche, on va s’abonner ou l’acheter ! Allez, quelques liens pour vous y aider.

Vous pouvez soit vous abonnez par ici (et donc recevoir 4 numéros par an, quelques jours avant sa sortie en kiosque, ahah, le privilège de l’abonné !), ou alors la revue se trouve dans toutes les bonnes librairies, les kiosques à journaux, les grandes surfaces culturelles, etc. Le blog de Muze pour en savoir un peu plus et avoir des articles en plus, c’est par. Et il y a aussi une application iPad pour les plus hi-tech d’entre nous mais alors là je ne pourrais pas vous aider !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture ! (N’est-il pas alléchant ce dernier numéro ?)

Vingt et un ans et l’agrégation de philosophie en 1929. La rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce sont les années décisives pour Simone de Beauvoir. Celles ou s’accomplit sa vocation d’écrivain, si longtemps rêvée. Dix ans passés à enseigner, à écrire, à voyager sac au dos, à nouer des amitiés, à se passionner pour des idées nouvelles. La force de l’âge est pleinement atteinte quand la guerre éclate, en 1939, mettant fin brutalement à dix années de vie merveilleusement libre.

Première phrase : Je me suis lancée dans une imprudente aventure quand j’ai commencé à parler de moi : on commence, on n’en finit pas.

Edition : Folio

Nombre de pages : 787

Mon avis : 

Voilà un peu plus d’un mois que j’étais sur cette auto-biographie et je commençais vraiment à n’en avoir marre bien que le livre soit passionnant ! Pourquoi ce délais alors ? Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, ou que cela ne m’intéressait pas mais commencer un pavé de presque 800 pages en période d’examens blanc n’est pas forcément une bonne idée. De plus que le beau temps est arrivé, et avec lui les sorties, plus le salon du livre, etc… Et donc peu de temps pour lire et pas forcément l’envie. Après cette digression, passons au livre !

Ce tome est la suite chronologique de Mémoire d’une jeune fille rangée que j’avais lu cet été, et ayant énormément aimé le personnage et me reconnaissant en Simone de Beauvoir par certains traits de caractères, je m’y étais beaucoup attachée. J’ai donc commandé tous les tomes de son autobiographie que j’ai eus à Noël.

On retrouve donc Simone de Beauvoir en septembre 1929 lors de son retour à Paris, mais le récit même est précédé d’un prologue dans lequel elle explique qu’elle n’a pas le même détachement sur sa vie d’adulte que d’enfant et que par conséquent, certains faits seront volontairement éludés. Bref, Simone de Beauvoir est maintenant enseignante et loge à Paris en savourant sa vie libre de toutes contraintes.

Le récit se situe entre son retour à la capitale et la libération de cette même ville en Août 1944 donc. Avant la guerre, Sartre et elle vivait dans une certaine insouciance, entre randonnée, voyages, sorties et leur travail respectif dans différentes régions de France. La période de guerre occupe une bonne partie du livre, on découvre l’Occupation, la “douce” montée du nazisme en France, la vie sur le Front à travers Sartre, les dictatures qui s’installent dans les pays voisins et l’organisation pendant cette période d’une manière plus directe et plaisante que dans les livres d’histoires. Historiquement et politiquement, le livre est donc très riche.

Il y a aussi une part accordé aux contemporains de l’auteur, on rencontre pas mal d’écrivains, de philosophes, de metteur en scène, de musiciens etc… Par forcément directement mais par les lectures, les pièces, les musiques que Simone de Beauvoir lit, voit et écoute. Il y a d’ailleurs un portrait particulièrement savoureux d’Albert Camus.

On suit le parcours personnel de Simone de Beauvoir dans son travail d’écrivain mais aussi dans son avancée personnelle, deux chemins liés et qui ont des incidences l’un sur l’autre. On peut regretter des longueurs car le récit est parfois trop centré sur les actions et pas sur l’interprétation de ces actions, ce qui ammène une énumération de fait un peu monotone mais beaucoup de passages passionnants effacent ces longueurs ! J’ai relevé une bonne vingtaine d’extraits (plus ou moins longs) qui part leur propos ou style sont très intéressants et à relire sans modération.

Ce livre m’a également permis d’apprendre beaucoup sur moi, sur les relations que l’on peut avoir avec les autres, ce que l’on peut attendre d’eux ou pas, et certainement plein d’autres choses inconsciemment.

Voilà donc un livre très intéressant tant par le côté historique, culturel et personnel qu’il peut apporter. Cependant, ne vous attendez pas à trouver le combat d’une féministe à l’image de Simone Weil en ouvrant ce livre, Simone de Beauvoir n’est pas encore une femme engagée à cette période de sa vie.

On peut tout d’abord saluer la très belle affiche de cette année qui souligne la liberté et l’évasion, j’espère qu’ils continueront sur cette voie les prochaines années (qui est quand même plus esthétique que les petits bonhommes/livres des autres années) !

Ce salon fut le fruit de rencontres, de dédicaces, d’errances dans les allées, de conférences, et de quelques achats mais très peu ! J’y ai passé une bonne partie de mon week-end, du vendredi au dimanche et en tout et pour tout environ dix heures. (Et je n’exagère pas du tout, c’est (presque) inquiétant). Par contre, pas de photos car je n’avais pas envie de me promener avec mon appareil photo sur moi pour traverser tout Paris, donc de la lecture seulement pour vous !

Alors, le Vendredi soir : j’y suis arrivée assez tard vu que j’avais cours avant. J’ai vu le début d’une conférence sur Les écrivains dans la cité à Moscou, rencontre organisée par Le Monde où je suis juste restée les premières minutes pour entendre le point de vue des écrivains sur l’actualité politique de leur pays en ce moment. C’était particulièrement intéressant vu que les trois écrivains avaient des points de vues différents, il y avait donc un très bon échange entre eux. Je suis ensuite partie pour voir une autre conférence.

J’ai donc poursuivi avec une petite conférence dont Delphine de Vigan était l’invité et pour parler de la différence entre écrire un livre et écrire un film car elle a en projet de réaliser un film dont le tournage commencerai à l’Automne si cela se fait. A suivre donc !

Premier achat  du Monde de Sophie de Jostein Gaarder au stand des éditions Points, où j’ai rencontré Erik Orsenna de manière totalement informelle et avec lequel j’ai échangé quelques mots, un des grands plaisirs que permet le salon !

Pour le Samedi après-midi, au programme : dédicace de Yasmina Khadra et un grand nombre de conférences, nous avons finalement assisté à une et demi (nous = moi et ma cousine qui était chez moi pour l’occasion, et une demi-conférence car nous avons tourné en rond avant de la trouver, nous en avons donc vu que la moitié).

Tout d’abord la dédicace de Yasmina Khadra : il y avait peu de monde, il prenait donc le temps de discuter un peu avec chacun et est très abordable, j’ai fait dédicacé L’attentat et un l’adaptation cinématographique doit sortir au mois de Mai, film qu’il avait vu la veille, qui est selon lui “un bon film mais pas [son] livre“. J’ai hâte de le voir (surtout que j’adore comparer les livres aux films donc je suis curieuse de voir ce que ça va donner) !

La “demi-conférence” était intéressante mais pas passionnante, elle portait sur la place des blogs dans la vie des lecteurs et des agents des livres en général, rien de très nouveau mais la salle où on se trouvait était très sympa, toute rouge avec des poissons rouges dans des bocaux un peu partout ! Et on a eu des dépliants avec quelques statistiques que je n’ai pas encore eu le temps de lire mais qui peuvent être intéressants.

La conférence suivante avait pour but de présenter une collection de la maison d’édition Rue de l’échiquier : Philo Ado qui propose une approche de la philosophie au adolescent à travers des situations de tous les jours et des exemples tirés du cinéma et de la littérature. Marie-France Hazebroucq, la directrice de collection, a tout très bien expliqué et c’était passionnant ! Direction leur stand après la conférence où nous avons acheté quatres livres. Se venger et Tomber amoureux pour ma cousine, Rêver et Mentir pour moi. Dédicacé par Marie-France Hazebroucq qui est l’auteur de deux des ouvrages de la collection en plus d’en être la directrice. Après un verre de jus de pomme offert par la maison et une discussion avec l’auteur nous revoilà parties vers le tram, de retour chez moi !

J’y suis retournée le Dimanche après-midi, pleine de courage après un samedi soir festif pas vraiment reposant ! Arrivée à 15h45 alors que la fin de la dédicace de R.J. Ellory, dont j’ai acheté un livre après avoir lu Nelfe en parler élogieusement, finissait à 15h30… Je vais voir au stand du Livre de Poche où il avait été et où il était encore ! J’ai donc pu avoir une jolie dédicace et une petite discussion en anglais.

J’ai vu une bonne moitié d’une conférence dans laquelle Erik Orsenna, Daniel Picouly, Antoine Compagnon et Emmanuelle Laborit parlait de leurs souvenirs d’enfance avec les livres. Des internevants passionnants et un sujet anecdotique très plaisant !
J’ai continué et fini par une conférence qui demandait si les livres pouvaient encore changer le monde avec Lilian Thuram, Véra Michalski, Jean-Claude Boulogne et François Coupry. Beaucoup de choses justes ont été dites et les différents sujets abordés intéressants, mais rien de très nouveau encore pour cette conférence.

Départ donc vers 19 heures après un dernier flânage en règle et une pose au détours d’un stand avec des canapés !

Les achats, marques-page, revues et badges glannés un peu partout donc :

      

Un salon sympatique avec toujours autant de monde (quoi que, le vendredi soir il n’y avait personne !), avec des expositions et conférences intéressantes, et surtout de belles rencontres !

Et puis pour l’année prochaine, on attend les prochains grands thèmes mis à l’honneur !

Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.

Première ligne : C’était maintenant devenu un élément annuel.

Editions : Acte Sud

Nombre de pages : 575

Mon avis : 

Lorsque le livre est sorti je ne m’y étais pas particulièrement intéressée, idem lors de sa sortie en film en 2009 mais après avoir vu une bande annonce pour le remake Américain qui m’a beaucoup plu j’ai décidé de me lancer dans cette série. Me voilà donc à louer le livre afin de pouvoir ensuite voir le film (je préfère dans ce sens généralement). 

Le livre m’a beaucoup plu et j’apprécie de plus en plus les thrillers (un peu trop d’ailleurs, j’ai des titres post-ité (oui, le verbe post-iter existe, parfaitement) partout dans ma chambre). Les vingt premières pages peuvent paraître rebutantes (enfin celles après le prologue, si on veut être précis), en effet ces premières pages sont sur l’économie Suédoise, comme accroche il y a mieux ! Personnellement ça ne m’a pas beaucoup dérangé, et au pire on peut les lire en diagonale.

On suit en parallèle pendant une bonne moitié du livre, Mickael Blomkvist et Lisbeth Sallander jusqu’à ce que leur enquête en tandem démarre. Ces deux personnages, totalement différents, présentent des caractères creusés et fascinants, surtout Lisbeth et son atypisme. Ces caractères se dévoilent au fur et à mesure et sont mis en exergue lorsqu’ils sont confrontés. Lisbeth, sous son apparence psychologique (car physiquement elle a l’allure frêle d’une adolescente, presque anorexique et gothique) dure et insensible, exprime certains paradoxes qui la rendent attachante et on ne peut que l’aimer. Mickael est un journaliste économique d’investigation qui vient de se faire condamner pour une affaire où ses preuves n’étaient pas assurées. Il est indépendant et obstiné et va au fond de ses enquêtes qu’il exécute avec minutie. Même si au début de ce roman il se retrouve dans le rôle de l’accusateur accusé.

Outre ces deux protagonistes, l’auteur nous offre une galerie bien fournie et dense de personnages. Entre tous les membres de la famille Vanger, avec lesquels on se perd un peu au début (comme Mickael lorsqu’il débarque pour enquêter sur cette immense famille), les personnes qui interviendront dans l’enquête de Lisbeth et Mickael, ou encore les membres du journal, Millenium, dont Mickael était rédacteur, on ne s’ennuie pas et on les découvre tous avec plaisir.

L’intrigue est assez complexe car elle mêle le thriller même mais aussi la sauvegarde du journal Millénium, qui après l’affaire dont Mickael a été victime menace de faire faillite, une intrigue s’installe dans celle initiale et Lisbeth ainsi que Mickael ont chacun d’autres soucis en dehors de Harriet. A partir du moment où Lisbeth et Mickael se rencontrent, on a du mal à décrocher du livre et les pages défilent toutes seules.

A travers ce roman l’auteur dénonce ainsi les grandes entreprises fortunées qui n’agissent pas toujours de manière très légale. Mickael a un point de vue très tranché sur le journalisme, à savoir que les journalistes économiques devaient “enquêter et démasquer les requins de la finance” et les dévoiler au lectorat dans des enquêtes abouties et concluantes. L’auteur dénonce ce comportement en abordant des sujets qui sont très bien documentés et on sent une vraie connaissance, et pour cause, Stieg Larsson était lui-même journaliste. Décédé en 2004, avant la parution de ces livres, il n’aura eu le temps que d’écrire les trois premiers et un début de quatrième tome mais semble-t-il égaré. Je continuerai ma découverte de la trilogie avec grand plaisir et très rapidement mais avant ces deux prochains tomes, parlons un peu des films.

     

Réalisé par : Niels Arden Oplev                 Réalisé par : David Fincher

Sorti en : 2009                                           Sorti en : 2011

Avec : Michael Nyqvist, Noomi Rapace,      Avec : Daniel Craig, Rooney Mara,
Lena Endre…                                             Christopher Plummer…

Nationalité : Suédoise                               Nationalité : USA

Fiche allociné                                            Fiche allociné

Mon avis : 

J’ai tout d’abord vu la version Américaine réalisée par le célèbre David Fincher, qui n’est cependant qu’un remake de l’adaptation suédoise que j’ai visionné après. Tout d’abord, juste un petit mot sur le générique qui est absolument sensationnel, rien que pour ça il faut voir le film ! (Oui, oui je n’exagère absolument pas.) La version de Fincher se base uniquement sur le côté thriller et laisse totalement de côté les autres aspects du livre. Ce qui nous donne un film très rapide avec un suspense omniprésent, pas le temps de s’ennuyer ! Si la version de Fincher se centre sur le thriller, la version Suédoise réalisée par Niels Arden Oplev en 2009 aborde les autres thèmes du livre mais de manière assez superficielle malgré tout, mais le film durant déjà 2h32, rajouter des éléments aurait entraîné des longueurs. Cependant, par l’évocation de ces thèmes, la partie thriller est moins bien respectée et Oplev prend plus de liberté par rapport au déroulement du roman. Le côté thriller est moins mis en avant dans la version suédoise, et s’efface un peu pour laisser une part importante aux relations entre les personnages qui sont plus développées.

Les personnages, notamment Lisbeth qui est très paradoxale, sont très convaincants dans les deux versions avec une nuance pour Lisbeth qui interprétée de manière différente dans les deux versions. Rooney Mara offre une Lisbeth déterminée qui parait invulnérable et qui peu à peu se dévoile. Noomi Rapace est quant à elle, plus vulnérable et sensible, plus accessible. Mais ayant vu la version américaine en premier, j’ai eu du mal à me détacher du jeu de Rooney Mara que j’avais trouvé magnifique. Mais dès que Lisbeth et Mickael commencent à enquêter ensemble, Noomi Rapace devient plus crédible et sa personnalité prend tout son sens. Les libertés prises par Opvel au niveau du scénario lui offrent un rôle plus important qui donne une nouvelle interprétation au personnage de Lisbeth. Le Mickael Suédois correspondait plus à l’image que je me faisais de lui en lisant le livre, mais Daniel Craig m’a également beaucoup plu.

Si lors des trois premiers quarts d’heure, les deux films se ressemblent énormément (normal, c’est un remake), ils prennent ensuite des directions différentes et nous offrent finalement deux visions du roman, la vision Suédoise s’éloignant plus de la trame du roman. 
Si vous voulez un film où la tension est toujours présente prenez plutôt le version de Fincher, qui est très belle esthétiquement d’ailleurs, et si vous préférez un film plus creusé et développé, la version Suédoise vous ira tout à fait !

J’ai beaucoup aimé les deux films qui se complètent vraiment à mon sens. Mais rien ne vaut le roman qui est beaucoup plus complexe, autant niveau intrigue que psychologie des personnages. Je me dis que j’aurai peut-être dû voir les films et ensuite lire le livre pour en apprécier encore plus les subtilités, mais il est plus facile de voir un film en connaissant l’intrigue que de lire un livre dans les mêmes conditions… donc aucun regret !

Oh et dernier point, le livre comme les films contiennent des scènes particulièrement violentes (les films sont d’ailleurs déconseillés au moins de 12 ans), donc âmes sensibles abstenez-vous ! J’ai dû poser mon livre après une scène qui m’avait particulièrement ébranlée et je ne l’ai repris que quelques jours plus tard.

 

 

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Première phrase : Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre), avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haineuses et injurieuses.

Edition : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 127

Mon avis : 

Aux premières pages de ce court récit, on pourrait se croire dans un Agatha Christie, en effet toutes les conditions sont rassemblées : une pension de famille “comme il faut”, des couples étrangers en vacances, une petite dame Anglaise, un narrateur qui nous fait part de ses réflexions sur toutes ces personnes et un scandale. Une femme de bonne condition s’est enfuie avec un français en abandonnant mari et enfants, il n’en faut pas plus pour troubler tous nos protagonistes. Le narrateur va s’intéresser à cette femme qu’il défendra - bien au-delà de [sa] conviction intime ! - et attirera ainsi l’attention de notre petite dame anglaise.

Ce récit n’est donc pas celui de cette femme fine, délicate et très discrète, mais celui de Mme C. notre dame anglaise. Récit qui nous plongera dans les tréfonds de l’âme humaine. Nous sommes entraînés dans cette histoire, comme si nous étions avec Mme C. durant les vingt-quatre heures qu’elle nous narre, derrière son épaule, au casino à épier les mains des gens, elles qui dévoilent tant de leur personne, sur ses pas dans la rue, dans un taxi… En plus d’être plongé dans ses actions, nous naviguons dans ses pensées, interrogations, hésitations et autres tumultes qu’implique la passion dont elle va être victime. Victime, car on sait que cela ne peut pas bien se terminer. On attend donc, en tournant fébrilement les pages, la fin de cette histoire dans laquelle Zweig inscrit un suspense crescendo.

Et même s’il y a un suspense sous-jacent tout au long du roman, la description des sentiments est très présente. Stefan Zweig possède l’art de les dépeindre magnifiquement, que ce soit par la subtilité des comportements de ses personnages ou par les mots qu’il arrive à placer sur leurs émotions, on ressent la tornade de sentiments qui agitent les acteurs du récit. Car Zweig brosse un tableau de sensations violentes, incontrôlables, involontaires. Comme des vagues qui se déversent subitement dans le cœur et les gestes des personnages sans qu’ils puissent y échapper. Ainsi Zweig nous montre aussi bien la passion amoureuse foudroyante, la passion du jeu que le désespoir après l’abandon de l’être aimé ou les conséquences de cette passion dévastatrice qui nous fait agir d’une manière dont on ne se serait jamais cru capable.

Les personnages, peu nombreux au final, sont intéressants et on s’attache très facilement à eux. Mme C. est fascinante par son histoire et la façon qu’elle a de la raconter, à la manière d’un lourd secret qu’elle a besoin de confier.

Le roman est court, mais terriblement dense ce qui contribue à l’intensité des sentiments décrits. Il est intéressant de voir qu’en peu de pages, nous pouvons en avoir autant que dans un roman fleuve, voire plus. L’écriture de Zweig est fluide et agréable, sans fioritures mais tout en étant très poétique et légère, comme un souffle agréable qui nous effleure sans déranger.

Au final, un coup de cœur que je conseille à tous, très vite lu mais imprimé dans les mémoires pour longtemps.


10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s’en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l’homme s’organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d’Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu’à un dénouement captivant. 

Première phrase : Les flammes dévoraient le corps voracement, elles le flétrissaient, ravageaient à toute vitesse la chair et les muscles.

Edition : Pocket

Nombre de pages : 889

Mon avis :

Premièrement, le livre porte bien son titre, ou du moins sa traduction vu qu’en Anglais c’est By reason of insanity, qui fait référence à une notion de droit, mais j’en reparlerai plus tard. Donc oui, son titre français est bien adapté, je n’ai jamais lu un livre aussi noir, et encore noir c’est faible, c’est vraiment un noir charbon, un noir opaque. Tous les personnages ont droit à une description psychologique et caractérielle qui met en avant leurs défauts plus que leurs qualités : les femmes sont vénales et manipulatrices, les politiciens véreux et les médias se servent de sujets chocs dans le but unique de vendre toujours plus. Et ce qui relie tout ce monde, c’est Thomas Bishop, notre tueur fou, un être qui au vu de ses crimes semble totalement inhumain. Et cependant, on s’y attache, on ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion, de l’empathie, pour cet homme qui a tant souffert.
Shane Stevens nous offre ici des personnages totalement manichéens, du tueur aux victimes.

Ce qu’il faut également souligner, c’est le fait que le point de départ de l’histoire s’appuie sur des faits réels. Ce qui, à mon sens, rend la lecture plus forte et percutante. Caryl Chessman, accusé de vols, d’enlèvements et de viols, a été condamné à mort en 1948 et a vécu dans le couloir de la mort jusqu’en 1960. Or, notre héros est persuadé d’être le fils de cet homme. Thomas Bishop grandit élevé par une mère folle et traumatisée par les hommes. Entre coups et conditionnement dans la haine des hommes on ne peut pas dire que Thomas Bishop ait eu une enfance heureuse. A 10 ans, il tuera sa mère et sera interné en hôpital psychiatrique où il grandira jusqu’à sa fuite, quinze ans plus tard. Durant ces quinze années, notre héros (ou plutôt notre anti-héros) sera devenu un être froid, capable de manipuler qui il veut sans mal en adaptant ses comportements et réactions à ce que la société considère comme “normal”. Le livre commence donc par l’histoire des parents de notre serial-killer, continue avec son internement et seulement après, débute son périple meurtrier à travers les Etats-Unis, périple ô combien sanglant et grandiose. (Âmes sensibles s’abstenir d’ailleurs.)

Nous sommes donc plongés dans l’intimité d’un serial-killer – intimité légèrement dérangeante vous en conviendrez –  mais pas que, ce livre est un véritable puzzle dont chaque personnage est une pièce qui nous permet de voir l’ensemble. Nous suivons d’un côté, Adam Kenton, journaliste d’investigation qui doit démasquer le tueur qui fait trembler les Etats-Unis, ainsi que d’autres journalistes ; d’un autre côté, des policiers : l’un très scientifique, l’autre plus psychologique ; un académicien passionné par les tueurs en série ; et enfin un politicien qui compte bien profiter de l’évasion de ce “malade mental, ce fou assoiffé de sang, capable d’infliger des souffrances barbares et de semer la mort dans son sillage” pour servir son ambition personnelle en remettant en question la peine de mort.

Car ce livre aborde des réflexions très intéressantes. Il traite avec brio le sujet épineux qu’est la peine de mort en s’emparant d’une affaire qui avait fait des vagues à l’époque. Le titre anglais By the reason of insanity se rapporte au fait qu’un procès peut-être annulé car l’accusé est déclaré irresponsable de ses actes à cause de problèmes de santé mentaux. Peut-on juger quelqu’un qui ne comprend pas ce qu’il a fait de mal ?
A travers les journalistes on aborde le pouvoir des médias qui ne renoncent à rien, ou presque, dans le but de faire vendre leurs reportages, mais est aussi abordé le lien ténu qui relie ces mêmes journaux à la politique. Le thème de la psychiatrie est également abordé, ne nous fondons pas trop sur cette science dans certains cas ? Telle est la question que l’auteur nous pose.

De plus, le roman faisant 900 pages, fait inhabituel pour un thriller, l’auteur prend bien le temps de poser la psychologie de tous les personnages, de nous offrir toutes leurs réflexions et pensées, donnant un rythme assez lent mais réfléchi et creusé au livre.

L’épisode final est horrifiant, mais ce qui m’a le plus marqué ce sont vraiment les dernières pages qui sont tout simplement monumentales. La fin est extrêmement rapide, ce qui fait qu’on se prend vraiment tout en pleine tête sans avoir le temps de se préparer ou de réfléchir à ce qui s’est passé juste avant.

Vous l’aurez compris, ce livre fût un véritable coup de cœur, car ce n’est pas uniquement un thriller, c’est un livre d’action, de politique et même d’histoire. A lire !

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 68 followers